Présidentielle: Hamon joue la transparence sur son patrimoine
Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a joué la transparence jeudi en dévoilant spontanément sa...

Présidentielle: Hamon joue la transparence sur son patrimoine

Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a joué la transparence jeudi en dévoilant spontanément sa...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a joué la transparence jeudi en dévoilant spontanément sa déclaration de situation patrimoniale et en présentant, par l'entremise de son trésorier de campagne, 10 mesures pour moraliser la vie politique en pleine affaire Fillon.

Anticipant l'obligation légale de publier sa déclaration pour tout candidat ayant réuni les 500 parrainages nécessaires, au plus tard avant le 9 avril, M. Hamon a livré les grands traits de sa situation financière personnelle, sous le patronage de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

N'y figurent pas les revenus ou le patrimoine propre de sa compagne, cadre du groupe de luxe LVMH, avec qui il a conclu un Pacs, pour lequel le régime de la séparation des biens s'applique.

On y apprend que M. Hamon possède en son nom un appartement acheté en 2006 pour 112.000 euros, dont la localisation n'est pas indiquée, et pour lequel il a emprunté 100.000 euros.

Le député des Yvelines a également acquis un appartement de 108 m² en 2016, dont il possède 46,14%. Son prix est de 700.000 euros et il a souscrit un prêt de 580.348 euros pour le financer "à parité avec (s)a conjointe".

En 2016, M. Hamon a perçu 93.600 euros d'indemnités d'élu, son seul revenu. Le reste de son patrimoine est constitué d'une Opel Corsa achetée en 2006 et de 61.067 euros versés sur un fonds de retraite volontaire à Bruxelles, lié à ses fonctions de député européen (2004-2009).

Cette opération vérité permet de prendre le contre-pied des "affaires d'enrichissement personnel, de fraudes, d'optimisation fiscale qui ont contribué à fragiliser la confiance des Français envers leurs représentants", a affirmé le député de la Loire Régis Juanico, trésorier de la campagne de M. Hamon, qui veut "aller plus loin dans la transparence".

Lors d'une conférence de presse au QG de campagne de M. Hamon à Paris, M. vc a présenté 10 mesures, au premier rang desquelles la publication de "l'identité des personnes dont les dons ou le total des dons est supérieur à 2.500 euros, avec leur accord préalable".

- identifier les donateurs -

"Nous avons ajouté une case à cocher (sur le formulaire de dons) autorisant la publication de leur identité", a précisé M. Juanico, en indiquant que 203.511 euros avaient été recueillis durant la primaire, pour 2.436 dons.

En novembre 2016, M. Hamon avait interpellé Emmanuel Macron à ce sujet, en lui demandant de publier la liste de ses donateurs. Le candidat d'En Marche! avait refusé, en se retranchant derrière le secret fiscal.

M. Hamon veut également rendre "obligatoire le dépôt d'une déclaration de situation patrimoniale et d'intérêts pour tous les candidats à l'élection présidentielle dès les premières publications de parrainages", a indiqué M. Juanico.

Deux mesures font directement écho à l'affaire touchant François Fillon : l'interdiction pour un parlementaire de recruter un membre de sa famille en tant que collaborateur parlementaire, et l'interdiction de cumuler un mandat de parlementaire avec une activité de conseil.

Par ailleurs, M. Hamon s'engage "à publier les noms des lobbystes rencontrés" durant sa campagne, et compte porter "à six ans, pour toutes les élections, la durée d'inéligibilité que peut prononcer le juge en cas d'infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales", selon M. Juanico.

"En l'état actuel du droit (...) les candidats peuvent encourir une inéligibilité d'une durée maximale de trois ans", a-t-il indiqué.

Enfin, M. Hamon souhaite renforcer "les moyens humains, budgétaires et matériels de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

Présidentielle: Hamon joue la transparence sur son patrimoine
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

Présidentielle: Hamon joue la transparence sur son patrimoine
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le