Le candidat socialiste à l'élection présidentielle Benoît Hamon ne s'"attendait pas" à "autant de trahisons", a-t-il déclaré vendredi sur Europe 1, interrogé sur le ralliement du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à Emmanuel Macron.
"Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de trahisons. Parce que ce sont des trahisons, des trahisons pas de moi, je ne demande rien, mais d'une histoire, de valeurs que nous représentons, de la place qui doit être celle de la gauche", a déclaré M. Hamon.
"Moi je n’ai pas l’habitude d'être impressionné par l’air du temps, c’est le destin des feuilles mortes, l’air du temps. Je suis un combattant", a-t-il assuré. "Même quand j’observe que les vents sont mauvais, je combats, je ne combats pas pour moi, j’ai parfaitement conscience de la difficulté de la tâche, mais je ne la redoute pas".
"Il y a deux gauches aujourd’hui en France vis-à-vis desquelles je veux prendre mes distances", a-t-il affirmé, visant tour à tour ses adversaires Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
"Celle qui pour gouverner renonce à être de gauche et qui demain pour gouverner pourrait, comme je l’entends (chez)certains, baisser l’ISF, augmenter la pression sur les chômeurs, baisser le nombre de fonctionnaires, faciliter le licenciement, ça, ça n’est pas la gauche, et si pour garder le pouvoir ou exercer le pouvoir il faut faire cela, (...) moi je ne le ferai pas", a-t-il développé.
"Et puis il y a une autre gauche qui renonce au pouvoir pour être de gauche et qui dit +dégagez tous+", a-t-il ajouté.
"Moi je me situe dans une gauche nouvelle qui dit +je veux exercer le pouvoir, nous voulons collectivement exercer le pouvoir pour changer les choses+", a-t-il souligné. "Je ne renonce pas à ce que la gauche gouverne et transforme".
Le candidat issu de la primaire organisée par le PS avait auparavant regretté "qu’aujourd’hui beaucoup oublient les principes les plus élémentaires". "Dans une élection on respecte le verdict d’une élection, on respecte la parole donnée", a-t-il dit.
Jean-Yves Le Drian et Emmanuel Macron le 14 juillet 2015 à Paris
AFP/Archives
A la question de savoir s'il en voulait à M. Le Drian, M. Hamon a lancé: "je ne lui en veux pas parce que je n’attendais rien de lui".
Commentant l'argumentaire du ministre qui affirme qu'il "reste socialiste", M. Hamon a jugé que "c’est un socialisme si nuancé qu'il nous éloigne beaucoup, beaucoup, beaucoup de ce que sont les grands principes et les grandes valeurs qui ont fait la richesse et la force des conquêtes qu’a permises le PS dans l’histoire de ce pays".
"Parlons de calcul politique, mais ne parlons pas de socialisme", a-t-il ajouté.
Interrogé sur le courant social-démocrate que représenterait M. Macron, le candidat socialiste s'est emporté : "vous savez ce que c'est la sociale démocratie? c’est une promesse démocratique et une promesse sociale. Vous savez que c’est un courant historique. Vous ne pouvez pas aujourd’hui me parler d’un candidat social-démocrate quand il réunit dans la journée d’hier Dominique Perben, Philippe Douste-Blazy et Jean-Yves Le Drian".
La ville de Bourg-en-Bresse est sous le feu des projecteurs, car il y a dans la préfecture de l’Ain une liste qui se réclame de l’union des droites. A sa tête un candidat zemmouriste, soutenu par des élus locaux LR. Avec un objectif, faire tomber le maire socialiste de la ville.
Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
Le Premier ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les principales forces politiques sur le budget. Il a présenté ce vendredi 16 janvier les mesures clefs d’une nouvelle version du projet de loi de finances, issues de ses échanges avec les forces du bloc central et une partie des oppositions.
Après la signature prévue samedi au Paraguay entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne, les députés européens se prononceront mercredi sur l’opportunité de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne contre cet accord controversé. Si la Commission européenne s’est engagée à suspendre l’application provisoire du traité en cas de vote de la résolution, rien pourtant ne l’y oblige.