Présidentielle: Hollande distille conseils et avertissements
Hors compétition pour la présidentielle, François Hollande n'entend pas pour autant se cantonner au rôle de spectateur, délivrant jeudi lors d...

Présidentielle: Hollande distille conseils et avertissements

Hors compétition pour la présidentielle, François Hollande n'entend pas pour autant se cantonner au rôle de spectateur, délivrant jeudi lors d...
Public Sénat

Par Sabine WIBAUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Hors compétition pour la présidentielle, François Hollande n'entend pas pour autant se cantonner au rôle de spectateur, délivrant jeudi lors d'un déplacement dans l'Allier quelques conseils et avertissements à la gauche, à deux mois et demi d'un scrutin plus incertain que jamais.

Alors que les candidats à l’Élysée ferraillent dans l'ambiance délétère de l'affaire Fillon à droite et les risques de fragmentation à gauche, le président de la République sillonne la France loin des projecteurs.

A Saint-Victor, première étape de sa visite, un rang clairsemé de journalistes, parmi lesquels de rares représentants de la presse nationale, attendaient l'hôte de l’Élysée devant Viétamis, petite entreprise spécialisée dans l’équipement de véhicules industriels.

Le président, qui a dû renoncer à se représenter, plombé par l'impopularité et les trahisons dans son propre camp, prend son temps, serre les mains, discute avec les salariés de l'usine, s'attarde devant les ateliers.

Ambiance chaleureuse, teintée de regrets. Le quinquennat Hollande? "Il a été correct, il ne pouvait pas tout faire. Ceux qui se présentent à l'heure actuelle, c'est une catastrophe", confie à l'AFP Nathalie Rodriguez. Il "aurait dû retenter, il avait peut-être une chance", ajoute-t-elle, accordant peu de crédit au candidat PS, Benoît Hamon.

"Il n'a pas été le meilleur mais ça n'a pas été le pire. Il a fait ce qu'il a pu", juge Joseph Berthon, 40 ans de maison, très pessimiste pour l'issue en mai : "Je vois des personnes pas bien qui risquent de passer", s'inquiète-t-il en évoquant la candidate du FN, Marine Le Pen, qui caracole en tête des sondages.

D'autres employés ne s'aventurent pas à faire l'inventaire, mais reconnaissent au moins à François Hollande le mérite d'être le seul président à être venu les voir, "un honneur pour l'entreprise et pour nous".

- "Se rassembler, pas se diviser" -

Mais c'est à Domérat, chez Safran, fleuron français de l'électronique et de la Défense, que l'hôte de l’Élysée délivre son message politique.

"Une entreprise, c'est comme un pays, il faut qu'il y ait une équipe. Bien sûr qu'il y a des sensibilités différentes. Bien sûr qu'il y a des contradictions. Tout le monde n'a pas nécessairement les mêmes intérêts mais en même temps, il y a une volonté commune qui est de réussir", a-t-il lancé devant les salariés et le directeur général du groupe, Philippe Petitcolin.

François Hollande à Domérat, chez Safran, fleuron français  de l'électronique et de la Défense, le 9 février 2017
François Hollande à Domérat, chez Safran, fleuron français  de l'électronique et de la Défense, le 9 février 2017
AFP

"Ce qui vaut pour une entreprise vaut également pour une Nation (...) Il faut être conscients que ce qui se joue, c'est bien plus que des intérêts personnels ou des intérêts partisans, c'est l'intérêt national", a poursuivi le président qui a également défendu ses réformes comme le Pacte de responsabilité ou le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE).

"Après un choix, une élection, il faut être capable de se rassembler, pas de se diviser. Et c'est finalement la leçon que je tire de ma visite ici", a conclu François Hollande qui a reçu il y a une semaine Benoît Hamon à l’Élysée sans toutefois adouber l'ex-frondeur, promoteur d'un programme à gauche toute.

Dans l'entourage du président, on souligne que "l'élection est gagnable pour la gauche car la droite est faible". "Le Président pense que la gauche peut potentiellement gagner", indique un conseiller, soulignant également sa préoccupation face à la progression du FN.

Selon un sondage Elabe publié jeudi, l'image de François Fillon, empêtré dans l'affaire d'emplois présumés fictifs de sa femme et de deux de ses enfants, se dégrade nettement dans l'opinion (-13 points en un mois, à 22%), tandis que celle de Benoît Hamon progresse de 10 points, à 37%.

Le chef de l’État poursuivra son déplacement en province vendredi dans la Drôme, près de Valence.

Partager cet article

Dans la même thématique

Présidentielle: Hollande distille conseils et avertissements
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le