Présidentielle: l’ambassadeur à Washington met en garde contre les extrêmes
Le très médiatique ambassadeur français aux États-Unis Gérard Araud juge que "l'avenir de la démocratie libérale" se joue dans l...

Présidentielle: l’ambassadeur à Washington met en garde contre les extrêmes

Le très médiatique ambassadeur français aux États-Unis Gérard Araud juge que "l'avenir de la démocratie libérale" se joue dans l...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le très médiatique ambassadeur français aux États-Unis Gérard Araud juge que "l'avenir de la démocratie libérale" se joue dans l'élection présidentielle française, et met en garde contre l'extrême droite et la gauche radicale "qui nient les valeurs de la démocratie".

Réputé pour son franc-parler, M. Araud, qui part à la retraite à l'été, a accordé un long entretien au quotidien de gauche Libération jeudi, où il s'exonère largement du devoir de réserve des diplomates.

"Nous sommes à un moment où nous devons écouter notre conscience. J'ai ma conscience, et elle me dit que cette élection n'est pas une élection comme une autre. Que le Front national n'est pas un parti comme un autre", juge-t-il.

M. Araud avait déjà apporté son soutien en mars à son collègue au Japon Thierry Dana qui avait publiquement annoncé qu'il refuserait de "servir" la dirigeante du Front National d'extrême droite Marine le Pen si elle était élue.

"Il y a quand même un ADN du FN, une généalogie du FN. Le père de Marine Le Pen considérait il n'y a pas si longtemps que les chambres à gaz étaient un +détail de l'histoire+ et que l'occupation allemande avait été une partie de plaisir (...) C'est un choix de société, pas un parti politique comme un autre", estime M. Araud.

"On ne normalise pas l'extrême droite. On ne normalise pas l'extrême gauche. On ne normalise pas des partis qui, en réalité, sont des partis qui nient les valeurs de la démocratie", ajoute-t-il, en comparant Mme Le Pen à Donald Trump et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon à Bernie Sanders, rival d'Hillary Clinton pour l'investiture démocrate l'an dernier.

"On est dans la même logique de renverser la table", analyse-t-il.

"L'avenir de la démocratie libérale" est en jeu dans la présidentielle, estime l'ambassadeur, qui met en garde contre le projet de sortie de l'UE porté par le FN et, dans une moindre mesure, par Jean-Luc Mélenchon.

"Revenir sur l'UE, c'est revenir à l'Europe des nations libres, c'est à dire l'Europe de 1939", avertit-il.

"Ses déclarations n'engagent que l’intéressé", a réagi le Quai d'Orsay, précisant qu'aucune autorisation n'avait été demandée pour cette interview.

A trois jours du premier tour, Marine Le Pen et son concurrent centriste Emmanuel Macron sont donnés en tête des intentions de vote, suivis de près par le conservateur François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Le sprint final s'annonce d'autant plus serré que les pronostics se situent dans la marge d'erreur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Présidentielle: l’ambassadeur à Washington met en garde contre les extrêmes
4min

Politique

Sida : 45 ans après la découverte du virus retour sur l’Histoire d’une pandémie aux 44 millions de morts 

Aujourd’hui c’est une maladie « presque » comme les autres, et pourtant les années Sida ont, au début des années 1980, été une déflagration sanitaire et sociétale. Maladie sexuelle transmissible, sans traitement connu, elle touche d’abord les milieux homosexuels avant de se propager à toute la société et devient vite un sujet de santé publique mondial préoccupant. C’est cette histoire du SIDA, de ses origines à la découverte des antirétroviraux, que nous raconte Marion Aballéa dans son Histoire mondiale du SIDA (éditions du CNRS), un travail de recherche récompensé par le prix du Sénat du livre d’histoire 2026.

Le

Current affairs question session with the government – Politics
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : le Parti socialiste lance ses troupes dans la bataille pour conserver sa place de second groupe au Sénat

À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.

Le