Présidentielle : le « Pécressethon » peut-il faire mieux que le « Sarkothon » ?
Neuf ans après les « Sarkothon », Valérie Pécresse a lancé un appel aux dons le « Pécressethon », au lendemain d’une défaite historique au premier tour de la présidentielle. Si l’objectif est le même : récolter de l’argent auprès des militants et des sympathisants après une défaite électorale. Le contexte, lui, n’a rien à voir.

Présidentielle : le « Pécressethon » peut-il faire mieux que le « Sarkothon » ?

Neuf ans après les « Sarkothon », Valérie Pécresse a lancé un appel aux dons le « Pécressethon », au lendemain d’une défaite historique au premier tour de la présidentielle. Si l’objectif est le même : récolter de l’argent auprès des militants et des sympathisants après une défaite électorale. Le contexte, lui, n’a rien à voir.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Quel succès. Nous sommes en septembre 2013. Jean-François Copé, le président de l’UMP a de quoi avoir le sourire. En huit semaines, son parti « a réalisé la plus importante collecte jamais réalisée par un parti politique de la Ve République », annonce-t-il devant l’assemblée du campus des Jeunes Populaires, réunis au Touquet (Pas-de-Calais). Ce qu’on a appelé le « Sarkothon » a fonctionné à plein et a recueilli auprès de ses partisans et militants la somme rondelette de 11 millions d’euros.

Un trou de 7 millions dans la caisse LR

Neuf ans plus tard, deux élections présidentielles sont passées, deux nouvelles défaites pour la droite républicaine. Mais la situation financière du parti de la rue de Vaugirard est bien plus préoccupante. Avec 4,8 % des voix finalement engrangés, Valérie Pécresse ne peut pas se faire rembourser par l’Etat une partie de ses dépenses de campagne. « Nous n’avons pas atteint les 5 % qui nous permettraient d’obtenir les 7 millions d’euros de remboursements de l’Etat que nous escomptions », a alerté la candidate très émue ce matin, révélant au passage qu’elle s’était endettée personnellement à hauteur de 5 millions d’euros.

Quelles sont les règles de remboursement des frais de campagne ?

Rappelons ici brièvement les règles de remboursement des frais de campagne. Les candidats présents au premier tour ne peuvent dépasser la somme de 16,851 millions d’euros pour bénéficier d’un remboursement de l’Etat. Pour ceux qui atteignent la barre des 5 %, le remboursement est fixé à 47.5 % du montant du plafond, soit environ 8 millions d’euros maximum. Et pour les autres, le remboursement est fixé à 4,75 % du plafond, soit 800 000 euros.

>> Lire notre article? Appel aux dons de Jadot et Pécresse : situation financière critique pour les candidats en dessous de 5 % 

Pour les candidats qui atteignent le second tour, le plafond de dépenses autorisées est fixé à 22,509 millions d’euros. Le taux de remboursement de leurs frais de campagne s’élève là aussi à 47,5 %, soit environ 10,7 millions d’euros. A noter que pour être remboursés, les comptes de campagne doivent d’abord être validés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), une autorité administrative indépendante.

>> Lire notre article. Chez LR, pas de voix pour Marine Le Pen mais pas de consigne de vote non plus

Voilà qui nous ramène en juillet 2013, Nicolas Sarkozy a subi un an plus tôt une défaite honorable en récoltant 48,36 % face à François Hollande au second tour. Mais surprise. Ses comptes de campagne ont été rejetés par la CNCCFP en décembre 2012. Une décision confirmée par le Conseil Constitutionnel qui a relevé un dépassement du plafond autorisé de 466 000 euros. Conséquence. L’UMP doit rembourser à l’Etat les 10,7 millions de remboursement. Or, à cette époque, le parti est dans une situation délicate financièrement. L’UMP a reçu moins d’argent public après sa défaite aux élections législatives un an plus tôt et a dû emprunter quelque 55 millions d’euros aux banques.

4 euros par électeur

C’est dans ce contexte que l’UMP a l’idée de lancer une grande souscription, « le sarkothon ». « Pas sûr que (le Pécressethon) ait le même succès… », a tempéré le sénateur LR, Roger Karoutchi, ce lundi.

A l’époque, à grand renfort de SMS et de mails, le parti était parvenu à récolter la somme en un temps record. Mais le président sortant avait rassemblé sur son nom 16 millions d’électeurs. Il suffisait qu’un peu plus de la moitié d’entre eux donne un euro et l’affaire était réglée. Un million d’euros avait d’ailleurs été récolté en 24 heures.

Valérie Pécresse a réuni au premier tour 1,79 million d’électeurs. Il faudrait que chacun d’entre eux mette au pot quatre euros et dix-sept centimes pour combler les 7 millions de remboursement qu’elle espérait.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le