Dans une campagne de second tour encore mouvante, l'électorat de La France insoumise est resté vendredi très disputé, avec un appel direct de...
Présidentielle: Le Pen courtise les « insoumis », pas de consigne de vote de Mélenchon
Dans une campagne de second tour encore mouvante, l'électorat de La France insoumise est resté vendredi très disputé, avec un appel direct de...
Par Véronique MARTINACHE et Anne-Pascale REBOUL
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Dans une campagne de second tour encore mouvante, l'électorat de La France insoumise est resté vendredi très disputé, avec un appel direct de Marine Le Pen à la soutenir tandis que Jean-Luc Mélenchon refuse toujours de donner une consigne de vote.
Dans une vidéo surprise postée sur Twitter en début d'après-midi, la candidate FN a lancé un appel aux 7 millions d'électeurs mélenchonistes à mettre "les querelles et les divergences de côté" et à "faire barrage à Emmanuel Macron" au second tour le 7 mai.
"C'est l'essentiel qui est aujourd'hui en jeu" alors que "toute l'oligarchie" veut "vous mettre au garde-à-vous derrière le banquier Macron", a lancé Mme Le Pen, qui courtise depuis plusieurs jours les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, arrivé quatrième au premier tour.
Une capture d'écran de la video de la France insoumise postée sur YouTube par l'équipe de Jean-Luc Mélenchon, le 28 avril 28
France Insoumise/AFP
Sur YouTube, le leader de La France insoumise, qui ne s'était pas exprimé depuis dimanche soir, a répliqué peu après: "Tout le monde sait" qu'il ne votera "pas Front national" mais pas question de dire ce qu'il va faire en se rendant aux urnes le 7 mai: vote Macron, vote blanc ou vote nul.
"Je ne le dis pas pour que vous puissiez rester regroupés", a argué à l'adresse de ses militants celui qui veut "diriger" la campagne des élections législatives de son mouvement.
A défaut de rallier M. Mélenchon, qui a obtenu 19,6% des voix au premier tour, Mme Le Pen a obtenu le soutien du candidat de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan (4,7% des voix).
Nicolas Dupont-Aignan, le 28 avril 2017 à Paris
AFP
"Je soutiendrai Marine Le Pen, je ferai campagne même avec elle sur un projet de gouvernement élargi" a affirmé le député-maire de Yerres (Essonne) sur France 2, affirmant que la candidate FN "n'est pas d'extrême droite", tandis que selon lui "Macron est un François Hollande puissance dix, fabriqué par des intérêts financiers, médiatiques..."Cette annonce a provoqué des remous au sein de Debout la France, dont le vice-président Dominique Jamet a décidé de démissionner, et l'indignation de François Bayrou, soutien d'Emmanuel Macron: "qu'on ose se dire gaulliste en faisant un tel choix, immense honte!", a tweeté le maire de Pau.
Le secrétaire général du FN Nicolas Bay a jugé "probable" que M. Dupont-Aignan intègre le cas échéant le gouvernement de Marine Le Pen.
- "Le risque de répéter l'Histoire" -
De son côté, Emmanuel Macron, qui a raillé les "cabotinages" de M. Mélenchon, selon lui pas dignes de ses électeurs, avait choisi de placer sa journée sous le signe de l'Histoire.
Emmanuel Macron et Robert Hebras (G), un survivant du massacre d'Oradour-sur-Glane, village martyr de la Deuxième Guerre mondiale, le 28 avril 2017
AFP
Il s'est rendu à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) pour rendre hommage aux 642 villageois massacrés le 10 juin 1944 par une unité de la Waffen SS, avant une réunion publique à Châtellerault, dans une salle pleine à craquer et en présence de l'ancienne Première ministre PS Edith Cresson.
"Décider de ne pas se souvenir, c'est prendre le risque de répéter l'Histoire", a déclaré le candidat d'En Marche! Il a vu à Oradour "une page des plus noires", mais aussi "une France renaissante".
La chancelière allemande Angela Merkel prononce un discours sur l'Europe à Berlin, le 27 avril 2017
AFP
L'ancien ministre de François Hollande a également rencontré dans la Vienne l'ancien Premier ministre RPR Jean-Pierre Raffarin, qui lui a souhaité de "passer deux bons dimanches de suite", ajoutant : "Ce que nous voulons dans ce pays, c'est chasser les idées noires pour retrouver la confiance. Merci de ce que vous ferez pour le pays".
Montage de portraits de Jean-François Jalkh et Steeve Briois réalisé le 28 avril 2017
AFP
Dans le même temps, la chancelière allemande Angela Merkel, qui n'avait jamais auparavant soutenu explicitement un candidat à la présidentielle en France, a estimé qu'Emmanuel Macron serait un "président fort".
Comme en écho au déplacement de M. Macron, le Front national a tenté d'éteindre dans la matinée une énième polémique en lien avec la Seconde guerre mondiale. Jean-François Jalkh, accusé de propos négationnistes - qu'il a démentis - a été évincé de la présidence par intérim du parti.
Cette clarification à la tête du FN est intervenue alors que ses adversaires multiplient les références historiques et les mises en garde contre "l'idéologie d'extrême droite".
L'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë en a ainsi appelé à la "responsabilité" de ceux qui ne voteraient pas Emmanuel Macron le 7 mai pour faire barrage au Front national. "Dans les années 30 en Allemagne, l'extrême gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel", a rappelé Bertrand Delanoë.
Filant la métaphore à l'occasion d'un déplacement en Bretagne, François Hollande, qui a déjà appelé à voter Macron, a invité à "chasser les mauvais vents" du "nationalisme" et du "repli", évoquant sans le citer le Front national.
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