La lutte contre le terrorisme a envenimé le dernier jour de la campagne présidentielle, qui s'achève officiellement ce vendredi à minuit, le...
Présidentielle: le terrorisme envenime le dernier jour de campagne
La lutte contre le terrorisme a envenimé le dernier jour de la campagne présidentielle, qui s'achève officiellement ce vendredi à minuit, le...
Par Lucile MALANDAIN, Véronique MARTINACHE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
La lutte contre le terrorisme a envenimé le dernier jour de la campagne présidentielle, qui s'achève officiellement ce vendredi à minuit, le Premier ministre accusant Marine Le Pen et François Fillon d'avoir fait "le choix de l'outrance et de la division".
Plusieurs candidats -Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron- ont annulé leurs derniers déplacements après l'attentat qui a coûté la vie à un policier jeudi soir à Paris, mais ont saisi l'occasion pour défendre leur projet en matière de sécurité. L'occasion d'ultimes attaques pour la candidate du Front national et celui de la droite.
Marine Le Pen fait une déclaration sur le terrorisme à son QG de campagne le 21 avril 2017
AFP
La présidente du FN a ouvert les hostilités dans une déclaration depuis son QG de campagne parisien. "Depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous perdions" la "guerre qui nous est menée", a-t-elle dénoncé.
François Fillon s'est dit prêt à combattre le terrorisme "d’une main de fer". "Certains n'ont semble-t-il pas encore totalement pris la mesure du mal qui nous agresse", a-t-il critiqué.
Marine Le Pen "cherche comme après chaque drame à en profiter pour instrumentaliser et diviser", a répliqué Bernard Cazeneuve depuis le perron de Matignon. Quant aux 10.000 créations de postes de policiers promises par François Fillon, "comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu'il était Premier ministre en avait supprimé 13.000 dans les forces de sécurité ?", a-t-il fustigé.
Emmanuel Macron s'est dit dans une courte allocution "prêt" à assumer "le rôle premier" du président de la République qui est de "protéger les Français", promettant d'être "implacable dans le combat" pour la sécurité.
François Fillon fait une déclaration sur la lutte contre le terrorisme à son QG de campagne le 21 avril 2017
AFP
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a appelé dans une allocution ses concurrents à la présidentielle à respecter leur "devoir de sang-froid" et à "éviter les polémiques grossières et vulgaires".
Le candidat de La France insoumise, qui a souhaité "ne pas interrompre le processus de notre démocratie", a participé vendredi soir à Paris à un "apéro insoumis" en compagnie de l'Espagnol Pablo Iglesias, le leader de Podemos, au cours duquel il a célébré une "Europe des rebelles".
De son côté, Benoît Hamon a annulé un déplacement en matinée mais maintenu un discours à Carmaux (Tarn) en fin d'après-midi. "Nous ne céderons rien" face aux "terroristes" islamistes, ni aux "intégristes antirépublicains entourant" Marine Le Pen, a lancé le candidat PS sur les terres de Jean Jaurès.
- fin des sondages -
Des policiers patrouillent sur les Champs Elysées le 21 avril 2017 au lendemain de l'attentat
AFP
François Hollande, qui a annulé un déplacement en Bretagne, a présidé tôt un Conseil de défense, avant de se rendre avec Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl au chevet du policier grièvement blessé dans l'attentat des Champs-Elysées, à l'Hôpital européen Georges-Pompidou, puis à la Préfecture de police de Paris.
"Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays", a déclaré le Premier ministre à l'issue du Conseil de défense.
Tous les bureaux de vote de la capitale qui auront besoin d'un renfort d'agents de sécurité en seront pourvus, a assuré de son côté la mairie de Paris.
Des policiers sur les Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017
AFP
La campagne officielle s'achève ce vendredi à minuit, les médias n'ayant plus le droit de publier ou de diffuser sondages ni déclarations des candidats jusqu'à dimanche 20H00, lorsque les premiers résultats seront annoncés.
Les derniers sondages publiés vendredi, mais réalisés en partie avant l'attentat, donnent toujours une légère avance à Emmanuel Macron (23 à 24,5%) devant Marine Le Pen (22 à 23%), François Fillon (19 à 21%) et Jean-Luc Mélenchon (18 à 19,5%). Mais les écarts sont suffisamment faibles pour que tous les scénarios restent possibles pour la qualification au second tour, d'autant plus qu'environ trois Français sur dix se disent encore indécis.
Benoît Hamon restait sous les 10% d'intentions de vote, et les six autres candidats (Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, François Asselineau et Jacques Cheminade) sous les 5%.
Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.
Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.
Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.
Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?