Alors qu'approche la présidentielle, ceux qu'on appelle les primo-votants veulent peser dans le scrutin : encore indécis, ils sont taraudés entre les choix radicaux comme le FN ou la France Insoumise, ou veulent parier sur les "nouvelles" forces politiques.
"Je ne dirais pas que le FN est extrême. On est différents, comme les macronistes peuvent l'être". Eric, un boulanger de 20 ans dit s'être "intéressé à beaucoup de partis, notamment à l'extrême gauche. En termes purement idéologiques ça me plaisait, mais pas dans la forme. Finalement je me suis reconnu dans le Front".
En mars, un sondage Ifop qui ciblait les 18-25 ans estimait qu'ils allaient d'abord voter pour Marine Le Pen (29%) ou Emmanuel Macron (28%). Jean-Luc Mélenchon recueillant 14,5% de leurs intentions de vote.
Près d'un sur deux (48%) avait alors l'intention de s'abstenir.
Des partisans de Jean-Luc Mélenchon sur la Cannebière, en route pour un meeting de leur candidat sur le vieux port de Marseille, le 9 avril 2017
AFP
Vendredi, un sondage Ifop-Fiducial sur la population française cette fois, plaçait, pour la seule catégorie des 18-24 ans, le candidat de la France Insoumise en tête avec 30% des intentions de vote, devant Marine Le Pen (22%) et Emmanuel Macron (20%).
Mais, selon ce même sondage,à les interroger sur leur préférence dans l'isoloir, les jeunes ne sont que 55% à être sûrs de leur choix, soit la catégorie la plus indécise.
Le vote FN chez les jeunes est bien ancré, souligne la sociologue Anne Muxel. "On oublie qu'en 2002, 18% des 18-24 ans ont voté pour Marine Le Pen au premier tour".
"Il y a chez eux une très forte défiance à l'égard de la politique, une crise des partis politiques de gouvernement et donc une volonté de se reporter sur des forces politiques soit hors système, soit nouvelles", poursuit la chercheuse du Cevipof.
Emmanuel Macron entouré par des supporters, lors d'un meeting à Saint-Priest-Taurion, le 25 février 2017
AFP/Archives
Une analyse partagée par Gaëtan Dussaussaye, responsable des Jeunes avec Marine, qui estime qu'ils sont "en recherche d'une véritable alternative politique". "Les jeunes ne croient absolument plus dans le clivage gauche-droite, certains votent Mélenchon, certains votent FN, certains votent Macron", poursuit le jeune homme de 23 ans.
Si le parti réfute toute "stratégie", le FN a présenté des candidats jeunes aux élections, aux premiers rangs desquels Marion Maréchal-Le Pen, benjamine de l'Assemblée nationale à 27 ans.
- youtubeurs -
"L'idée qu'il y a +un manque d'intérêt pour la politique+, c'est une analyse complètement fausse. Les jeunes sont bien renseignés, notamment par certains youtubeurs. Quand ils prennent la décision de s'abstenir, ils savent exactement pourquoi", selon le jeune frontiste.
Osons Causer, Minute papillon, Usul, Hugo Décrypte... les youtubeurs, dont certains font plusieurs centaines de milliers de vues, sont souvent plus convaincants auprès de cette frange de la population.
Un phénomène bien compris par Jean-Luc Mélenchon, qui, avec sa chaîne Youtube et son offensive sur les réseaux sociaux, comptabilise plus de 280.000 abonnés.
Un an après la mobilisation contre la loi travail, "une génération s'était retrouvée dans la rue, et une forme de politisation de la jeunesse s'était fait jour", rappelle Thomas Kekenbosh, du Mouvement des Jeunes socialistes.
Mais les partis historiques n'ont pas su capitaliser sur cette "politisation".
Le mouvement des jeunes avec Macron, qui à 39 ans est le plus jeune des onze candidats, tente d'en tirer parti en insistant sur le positionnement de son candidat en dehors de l'échiquier classique et son "inexpérience" électorale.
"Nous, on assume qu'on a un candidat neuf, jamais élu, alors qu'ils sont en demande de grande moralisation de la vie publique. On incarne la nouveauté", estime Sacha Soulié, co-fondateur du mouvement.
Quant au vote blanc, les jeunes ont parfois du mal à s'y résoudre, frustrés de "renoncer" dès leur baptême des urnes.
"Ca me ferait chier de voter blanc alors que c'est ma première élection", concède Antoine, 19 ans.
« Je pars en amitié, sans amertume », assure le sénateur de la Loire, Pierre-Jean Rochette, qui ne voulait pas paraître affilié à Edouard Philippe, à l’approche de la présidentielle, en restant dans un groupe à majorité Horizons. Il siège maintenant chez les non-inscrits, aux côtés du seul sénateur LFI.
Comme en 2024 et en 2025, il est peu probable que le parcours des textes budgétaires s’achève par un vote positif de l’Assemblée nationale en décembre. À quelques jours du passage de témoin aux sénateurs, Public Sénat fait le point sur le calendrier et les différentes possibilités ouvertes à ce jour.
Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale demandant la suppression de CNews de « l’audiovisuel français » a dépassé, mardi, les 700 000 signatures. Le texte, qui décrit CNews comme « une machine de propagande » de l’extrême droite, demande à l’Arcom de retirer la convention TNT de la chaîne de la galaxie Bolloré. En septembre, un recours en ce sens a été déposé devant le Conseil d’État par 71 professeurs d’université.
Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».