Présidentielle: les noms des « parrains » dévoilés pour la 1ère fois
Le Conseil constitutionnel dévoile mercredi la liste des premiers élus à avoir parrainé un candidat à la présidentielle, un maillon du nouveau...

Présidentielle: les noms des « parrains » dévoilés pour la 1ère fois

Le Conseil constitutionnel dévoile mercredi la liste des premiers élus à avoir parrainé un candidat à la présidentielle, un maillon du nouveau...
Public Sénat

Par Sylvie GROULT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le Conseil constitutionnel dévoile mercredi la liste des premiers élus à avoir parrainé un candidat à la présidentielle, un maillon du nouveau dispositif visant à rendre plus transparente la vie publique, sur fond de campagne minée par les affaires.

Depuis le 24 février et jusqu'au 17 mars, les prétendants à l'Elysée sont officiellement lancés dans la course aux parrainages. Objectif: recueillir les 500 précieuses signatures indispensables pour valider leur candidature.

Pour les uns, les principales têtes d'affiche qui peuvent compter sur de puissants réseaux de soutien, l'exercice est presque de pure forme. Pour d'autres, parfois inconnus du grand public, contraints d'aller frapper à la porte de petits élus ruraux pour les convaincre d'ajouter leur nom à la liste, l'opération est beaucoup plus hasardeuse.

Pour la première fois cette année, en vertu d'une loi d'avril 2016, les noms de tous ces "parrains" seront connus: après cette première liste, ils seront publiés en continu sur le site du Conseil, les mardi et vendredi, durant trois semaines.

- 'Un acte important' -

"L'idée qui a inspiré cette loi est que parrainer un candidat est un acte important, qui doit faire l'objet de transparence", expliquait le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, dans une interview mercredi au Parisien.

Des employés du Conseil Constitutionnel enregistrent des parrainages d'élus pour les candidats à l'élection présidentielle, le 13 mars 2007 à Paris
Des employés du Conseil Constitutionnel enregistrent des parrainages d'élus pour les candidats à l'élection présidentielle, le 13 mars 2007 à Paris
AFP

Jusqu'à présent, les noms de ces élus - maires, députés, sénateurs, conseillers départementaux ou régionaux... - étaient tenus secrets, à l'exception de 500 d'entre eux qui étaient tirés au sort après l'établissement de la liste définitive des candidats.

En 2012, 15.047 signatures étaient parvenues au Conseil constitutionnel, soit environ 36% du nombre d'élus habilités à parrainer.

La même loi prévoit qu'il est désormais interdit de déposer physiquement un parrainage au Conseil constitutionnel, les élus devant envoyer leur formulaire par voie postale uniquement.

Certains "petits candidats" en difficulté s'estiment pénalisés par la transparence imposée sur les signatures, notamment le fait que le nom des élus soit publié.

Six d'entre eux ont ainsi dénoncé ce qu'ils appellent le "verrou anti-démocratique des grands partis", craignant en particulier "la pression" exercée sur les maires, qui, disent-ils, hésitent à se dévoiler de peur de retombées négatives.

"La plupart des candidats qu'on voit à la télévision ont déjà mille, deux mille signatures. Est-ce qu'il est normal qu'ils continuent à engranger des signatures et à faire pression sur les élus pour qu'ils ne donnent pas leurs signatures à des nouvelles têtes et des nouveaux projets?", a fustigé le candidat Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne).

- Des élus 'distants' -

"En 28 ans de mandat, je n'ai jamais vu des réticences de cette ampleur" ni autant de "désapprobation de la vie politique" venant des élus ruraux, confie Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France et maire de Gargilesse-Dampierre (Indre).

"Aux précédentes élections, on pouvait dire que les maires ruraux étaient plutôt fiers de participer à cette construction démocratique. Maintenant, c'est l'inverse: ils se recroquevillent et prennent de la distance par rapport à ce jeu", regrette-t-il.

Dans cette campagne parasitée par les affaires visant le candidat de la droite François Fillon et la présidente du Front national Marine Le Pen, tous les prétendants à l'Elysée devront en outre publier leur déclaration de patrimoine.

Celle-ci sera affichée sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique au plus tard le 9 avril, soit 15 jours avant le premier tour. Auparavant, seule la déclaration du vainqueur était publiée à l'issue de l'élection.

Depuis lundi, la Haute Autorité a ainsi mis en ligne des formulaires, accompagnés d'un guide pratique expliquant aux candidats comment déclarer biens immobiliers, mobiliers, véhicules à moteur, fonds de commerce, biens à l'étranger et autres assurances vie...

Deux prétendants à l'Elysée ont toutefois devancé ce calendrier en rendant public leur patrimoine: le socialiste Benoît Hamon ainsi que François Fillon, affaibli par le scandale d'emplois présumés fictifs attribués à sa famille, pour tenter de plaider sa cause.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le