Présidentielle: Macron à deux semaines du pari gagnant
Un peu plus d'un an seulement après avoir lancé son parti, Emmanuel Macron est proche de réussir un audacieux pari, à condition...

Présidentielle: Macron à deux semaines du pari gagnant

Un peu plus d'un an seulement après avoir lancé son parti, Emmanuel Macron est proche de réussir un audacieux pari, à condition...
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Un peu plus d'un an seulement après avoir lancé son parti, Emmanuel Macron est proche de réussir un audacieux pari, à condition de ne pas manquer l'ultime manoeuvre de rassemblement face à Marine Le Pen pour s'ouvrir les portes de l'Elysée.

Il y est presque: qualifié pour le second tour de la présidentielle dans le costume du favori après être arrivé en tête du premier tour dimanche, Emmanuel Macron, âgé de 39 ans, est virtuellement à deux semaines de succéder à François Hollande.

Le président-fondateur d'En Marche! - son mouvement lancé le 6 avril 2016 - va désormais oeuvrer au "rassemblement", selon son entourage, avec dans le viseur la barre des 50% des voix dimanche prochain.

Dans cette perspective, l'ancien ministre de l'Economie va dédier les 48 prochaines heures "à des échanges politiques", dixit son entourage.

Pas de meeting donc mais des négociations avec une partie de la droite et la gauche pour s'assurer les conditions de ralliement et soutien et préparer sans doute un gouvernement d'ouverture.

La majorité, "ça se construit le jour d'après", avait d'ailleurs prévenu M. Macron il y a trois semaines, en assurant qu'il "ne reproduirai(t) pas (...) le travail inachevé en 2002, qui a consisté à ne pas vouloir reconnaître que face au Front national, il fallait construire une union plus large".

Dans les messages que M. Macron délivrera ces deux prochaines semaines, deux stratégies possibles, selon un de ses conseillers.

Face à Marine Le Pen, "soit on martèle qu'il faut faire barrage au FN comme en 2002. Soit on se tourne plus vers une stratégie projet contre projet en parlant de l'Europe par exemple, ce qui me semble préférable", poursuit ce même conseiller.

"L'idée c'est de ne pas stigmatiser un potentiel de 40% des électeurs sinon la réconciliation sera difficile après le second tour", relève-t-il.

- Législatives en tête -

Si un meeting "symbolique" à Amiens, ville natale du candidat, devrait se glisser au programme, selon son entourage, aucune autre réunion publique n'était encore calée dimanche soir, dans l'attente de connaître l'identité de l'adversaire au deuxième tour. Seulement une "courte sortie" liée à la commémoration du génocide arménien lundi était envisagée.

Mais la semaine devrait surtout être marquée par une "vague d'investitures" aux législatives, selon un haut cadre du parti. Pour l'heure, seulement 14 candidats ont été intronisés, mais En Marche! "va dérouler maintenant", ajoute cette même source.

La commission d'investiture présidée par Jean-Paul Delevoye va d'ailleurs intensifier ses séances de travail dans les prochains jours, a-t-on appris de sources concordantes.

Cela devrait donc permettre de préciser davantage les contours de ce qui pourrait être la majorité présidentielle dans un peu moins de deux mois, à l'issue des législatives. Un scrutin crucial pour sa survie car conditionnant aux résultats le montant de subventions publiques.

Dévoiler de nouveaux profils de députés donnera aussi des gages supplémentaires de solidité d'En Marche!, dont la croissance exponentielle en très peu de temps l'apparente à une start-up florissante, avec 80 salariés et environ 150 bénévoles qui défilent dans ses vastes bureaux du XVe arrondissement de Paris.

Une belle réussite entrepreneuriale, pourrait se vanter l'ancien banquier d'affaires, qui, pour parvenir au seuil de l'Elysée, a bénéficié d'un cocktail détonant: des intuitions gagnantes, comme l'admettent supporters et détracteurs, mais aussi une drôle de conjonction des astres. D'une part, un président sortant contraint de jeter l'éponge, de l'autre des primaires à droite et à gauche lui dégageant un boulevard au centre et enfin, une affaire Fillon qui a tout dynamité.

"Dans la nuit du 5 au 6 avril (2016), avant de lancer En Marche!, on discutait avec Emmanuel", se souvient Richard Ferrand, secrétaire général du parti et soutien de la première heure.

"Je lui ai dit: +où ça nous mènera tout ça?+ Il m'a répondu: +on verra, si ça répond à un besoin...+", poursuit-il. Plus d'un an plus tard, après avoir "pris (s)on risque" comme il aime à le souligner, la réponse est là.

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