Présidentielle : « Plus Laurent Wauquiez pourra m’embêter, plus il le fera », constate Bruno Retailleau

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement, le patron de LR Bruno Retailleau a répondu à Laurent Wauquiez qui a qualifié « de jeu de dupes », le vote soumis aux adhérents ce week-end sur le mode de désignation du candidat à l’élection présidentielle.
Rédaction Public Sénat

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Conformément aux nouveaux statuts du parti, les adhérents du parti Les Républicains vont voter ce week-end sur le mode désignation de leur candidat à l’élection présidentielle. Primaire fermée ? Ouverte ? Ou désignation directe de leur président, Bruno Retailleau ? Voilà les trois choix retenus par le groupe de travail piloté par le président du Sénat, Gérard Larcher, que les adhérents vont devoir trancher.

Des options qui ne font pas l’unanimité chez les cadres. David Lisnard avait déjà dénoncé « un vote truqué », il y a trois semaines, et avait claqué la porte du parti. Ce mercredi, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez a indiqué lui, sur France Inter, qu’il votera blanc « car c’est un choix de dupes qui est proposé », a-t-il considéré.

« Les chiens aboient et la caravane passe »

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement, le patron de LR Bruno Retailleau lui a répondu. « Personne n’est dupe avec son comportement. Chacun a bien compris que plus il pourra m’embêter, m’enquiquiner, plus il le fera. Peu importe, les chiens aboient et la caravane passe », a-t-il philosophé au sujet de son ancien rival à la présidence du parti. Lors de cette campagne, Laurent Wauquiez s’était montré opposé à une primaire. Depuis sa défaite, Le patron des députés LR est désormais en faveur d’une primaire, mais allant du ministre macroniste de la Justice Gérald Darmanin à Sarah Knafo, l’ancienne candidate de Reconquête à la mairie de Paris.

« Mettre fin aux petits arrangements entre chapeaux à plumes »

Bruno Retailleau a lui rappelé son « engagement de mettre fin à des vieilles pratiques, des petits arrangements entre chapeaux à plumes » […] « L’engagement que j’ai pris auprès de nos adhérents, c’est de leur dire : vous qui êtes notre force vive, rien ne se passera sans qu’on vous consulte. C’est le jeu de la démocratie. Evidemment, c’est plus de risques. Je ne sais pas ce qu’ils vont répondre dimanche soir ». Quel que soit le résultat, il indique qu’il s’exprimera lundi pour donner « sa feuille de route ».

Au sujet de la proposition, plébiscitée par Gérard Larcher, d’une primaire ouverte pour départager l’ensemble des candidats du socle commun, Bruno Retailleau ne ferme pas encore la porte mais constate que personne n’est d’accord sur le périmètre. « Moi, je veux présenter mon projet […] je pense que chaque famille politique, déjà, doit désigner son champion. Il devrait y avoir une primaire, d’ailleurs, entre les macronistes, dans ce qu’on appelle le bloc central », propose-t-il.

Lors des questions d’actualité au gouvernement, le sénateur de Vendée a été directement visé par Sébastien Lecornu. « On me reproche beaucoup de travailler avec la gauche républicaine […] vous avez deux solutions possibles quand vous êtes quelqu’un de la droite républicaine. Soit vous regardez la gauche républicaine et vous essayez d’avoir des compromis, soit vous essayez de bâtir un compromis avec le RN. Moi, j’ai choisi et je l’assume », a lancé le Premier ministre avant d’ajouter : « Monsieur le Président Retailleau, Monsieur le ministre d’Etat, Monsieur le Président Darnaud, si vous étiez à ma place, c’est avec le Rassemblement national que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ? »

« Nous ne sommes jamais compromis avec le Rassemblement national »

« Je ne me suis absolument pas senti visé », a répondu Bruno Retailleau. « Nous ne sommes jamais compromis avec le Rassemblement national. Est-ce que j’ai quitté LR lorsqu’Éric Ciotti nous a quittés ? Est-ce que je l’ai suivi ? Non. Est-ce que ma main a tremblé lorsqu’il n’y a eu que quelques cas, quelques adhérents LR sur des listes RN (aux municipales). Ma main n’a pas tremblé et ils ont été exclus dans l’heure. Où sont les preuves ? Marine Le Pen dit elle-même qu’elle n’est pas de droite. Et moi, je porte un projet de droite » a-t-il insisté rappelant qu’il soutenait l’eurodéputé PPE, Péter Magyar pour les élections législatives en Hongrie. Elle, elle soutenait M. Orban, allié de la Russie. Ben voilà, ces deux lignes sont différentes », a-t-il conclu.

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