Présidentielle: une campagne aux multiples rebondissements
Second tour à couteaux tirés entre un jeune centriste jamais élu et une extrême droite très offensive, premier tour à suspense marqué par l...

Présidentielle: une campagne aux multiples rebondissements

Second tour à couteaux tirés entre un jeune centriste jamais élu et une extrême droite très offensive, premier tour à suspense marqué par l...
Public Sénat

Par Thibauld MALTERRE et Lina TRABELSI

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5 min

Publié le

Second tour à couteaux tirés entre un jeune centriste jamais élu et une extrême droite très offensive, premier tour à suspense marqué par l'élimination des grands partis traditionnels, ténors politiques battus aux primaires... jamais une campagne présidentielle n'avait connu autant de rebondissements.

- Duel final offensif -

Depuis leur qualification pour le second tour, le centriste Emmanuel Macron et la candidate d'extrême droite Marine Le Pen se sont rendus coup pour coup, avec des invectives mercredi dernier pendant le débat télévisé de l'entre-deux-tours, des attaques lors des meetings, des déplacements surprises.

Emmanuel Macron, 39 ans, 24,01% des voix au premier tour, s'est lancé dans l'arène mi-novembre, sans expérience électorale, avec un mouvement créé quelques mois plus tôt. Ex-ministre de l'Economie de François Hollande et ancien banquier d'affaires, le benjamin des candidats a suscité d'abord les railleries avant de faire mentir tous ceux qui prédisaient l'éclatement rapide d'une "bulle médiatique".

Marine Le Pen, 48 ans, au plus haut des enquêtes d'opinion depuis des mois, a recueilli 21,3% des voix au premier tour, portant ainsi pour la deuxième fois l'extrême droite au second tour d'une présidentielle, après son père Jean-Marie Le Pen en 2002.

Tous les sondages donnent Emmanuel Macron largement favori pour le second tour dimanche (avec plus de 60% des voix), avec une participation de l'ordre de 75%, mais le vote surprise en faveur du Brexit et la victoire inattendue de Donald Trump aux Etats-Unis incitent à la prudence vis-à-vis des enquêtes d'opinion qui peinent en France à mesurer l'effet possible du "vote blanc" et de l'abstention.

- 'Macronleaks' -

Ultime soubresaut avant le scrutin, plusieurs dizaines de milliers de documents internes de l'équipe d'Emmanuel Macron ont été diffusés sur internet vendredi soir, une heure avant la fin de la campagne officielle qui impose le silence médiatique à partir de 22h00 GMT.

Piratage contre Macron : l'ultime rebondissement de la campagne
Emmanuel Macron le 24 avril 2017 à Paris
AFP

L'équipe du candidat centriste a aussitôt dénoncé une "action de piratage massive et coordonnée", y voyant une "opération de déstabilisation" avant le second tour.

Pour éviter la propagation de rumeurs de nature à influencer le scrutin, la Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle a demandé samedi aux médias et aux "citoyens", "à la veille de l'échéance électorale la plus importante pour nos institutions", de ne pas relayer le contenu de ces documents, "obtenus frauduleusement" et auxquels ont pu être "mêlées de fausses informations".

- Les partis traditionnels disqualifiés -

Première dans l'histoire politique de l'après-guerre en France, aucun des deux grands partis traditionnels, à gauche le Parti socialiste (PS) et à droite Les Républicains (LR), n'est présent au second tour.

Arrivé troisième au premier tour (20,01%), le conservateur LR François Fillon a vu sa campagne plombée par un scandale autour d'emplois fictifs présumés dont auraient bénéficié ses proches, révélés fin janvier par l'hebdomadaire Le Canard enchaîné.

La sanction a été encore plus rude pour le PS. Son candidat, Benoît Hamon, n'a récolté que 6,36% des voix, largement devancé par le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui a réussi à se hisser en quatrième position du scrutin (19,58%).

Le premier tour a laissé apparaître une fracture entre "perdants" et "gagnants" de la mondialisation, une France écartelée entre quatre camps politiques, représentés par le quatuor de candidats arrivé en tête (centre, extrême droite, droite, gauche radicale). La répétition de ce résultat aux législatives sonnerait le glas du bipartisme et rendrait difficile la constitution d'une majorité à l'Assemblée.

- Le vote anti-Europe -

La thématique européenne a agité la campagne et suscité les passions lors des débats télévisés des candidats.

Le 23 avril 2017, près de la moitié des électeurs se sont prononcés pour des candidats eurosceptiques voire hostiles à l'Union européenne. L'extrême droite et la gauche radicale ont fait largement campagne sur ce thème. Le président socialiste François Hollande a affirmé que le second tour serait un choix "européen".

- Primaires: élimination des favoris -

Avant l'élimination des partis traditionnels de la course présidentielle, les primaires organisées par ces mêmes partis ont vu l'emporter des candidats inattendus, disqualifiant les grands ténors comme l'ancien président Nicolas Sarkozy et l'ex-Premier ministre Alain Juppé à droite, ou à gauche l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls.

- Renoncement d'un président impopulaire -

Le 1er décembre 2016, François Hollande a renoncé à briguer un second mandat. Très impopulaire, le chef d'Etat a expliqué vouloir éviter une déroute de la gauche face à la droite et à l'extrême droite. C'est la première fois depuis le début de la Ve république en 1958 que le président sortant ne brigue pas un second mandat.

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