Présidentielle: Valls cherche sa voie, entre Hamon et Macron
L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture de plus en plus complète avec la candidature de Benoît Hamon, réunit à nouveau mardi ses...

Présidentielle: Valls cherche sa voie, entre Hamon et Macron

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture de plus en plus complète avec la candidature de Benoît Hamon, réunit à nouveau mardi ses...
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Par Marc PRÉEL

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L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture de plus en plus complète avec la candidature de Benoît Hamon, réunit à nouveau mardi ses fidèles, toujours partagé quant à l'hypothèse d'un soutien à Emmanuel Macron avant le premier tour.

En guerre quasi ouverte avec un candidat socialiste qui l'accuse de lui planter "des couteaux dans le dos", le finaliste défait de la primaire cherche la meilleure voie pour assurer l'avenir politique de son nouveau courant au PS, ostensiblement boudé par le candidat d'En Marche!.

L'objectif apparaît désormais clairement: constituer un pôle de députés dans la future Assemblée nationale qui puisse avoir le plus de poids politique possible dans la majorité de recomposition qu'ambitionne Emmanuel Macron.

"On pense qu'il peut y avoir trois pôles: les macronistes +pur sucre+, un truc autour du MoDem de Bayrou et les sociaux-démocrates autour de Valls", explique un vallsiste du premier cercle.

Environ 60 à 70 parlementaires sont espérés lors de la réunion, programmée à la questure de l'Assemblée nationale à 17H00.

La question, qui agite Manuel Valls et ses proches depuis plusieurs semaines, est toujours la même: l'ex-Premier ministre doit-il annoncer qu'il votera Macron avant le premier tour, et si oui, quand?

Le candidat PS à l'Elysée, Benoît Hamon, propose de supprimer l'immunité parlementaire, le 25 mars 2017 à  Mont-de-Marsan
Le candidat PS à l'Elysée, Benoît Hamon, propose de supprimer l'immunité parlementaire, le 25 mars 2017 à Mont-de-Marsan
AFP

Benoît Hamon l'a remise lui-même sur le devant de la scène, dimanche soir sur France 2, en annonçant pour cette semaine sa "mise à mort avec le ralliement de Manuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron".

Certains vallsistes, comme le député Malek Boutih, le maire d'Evry Francis Chouat et, de façon moins tranchée, le chef de file des sénateurs PS Didier Guillaume, penchent en coulisses pour un soutien avant le premier tour.

Un soutien qui "vaudrait plus cher" que celui, quasi automatique, qu'il pourrait faire en cas de second tour Macron-Le Pen ou Macron-Fillon, résume un vallsiste.

Mais d'autres, comme ses anciens porte-parole de la primaire Olivier Dussopt et Mathieu Klein, jugent que Manuel Valls en a fait assez et que rien ne sert de s'exprimer avant le 1er tour.

Emmanuel Macron le 28 mars 2017 à Paris
Emmanuel Macron le 28 mars 2017 à Paris
AFP

D'autant que les bras ne semblent guère ouverts du côté d'Emmanuel Macron.

Le candidat d'En Marche! avait affiché une perfide fin de non-recevoir à un éventuel ralliement vallsiste, en disant ne pas avoir ouvert "une maison d'hôtes". L'ancien ministre de l'Economie n'a actuellement "aucun contact" avec son ancien Premier ministre, a assuré à l'AFP une source proche.

- Valls met du "poison" -

Esquisse d'un rapprochement, Manuel Valls a toutefois déjeuné avec François Bayrou, nouvel allié de premier rang du candidat d'En Marche!, le 15 mars.

Et pour les législatives, le renvoi de nombreuses investitures du mouvement d'Emmanuel Macron à l'après présidentielle laisse la porte ouverte à d'autres accords d'appareils qu'avec le MoDem, même si le candidat s'en défend.

L'annonce d'un vote de Manuel Valls en faveur de son cadet, ça ne sera pas pour ce mardi, "ça c'est certain" jure un lieutenant de l'ancien Premier ministre.

Mais celui-ci n'exclut pas que son patron fasse "un pas de plus", comme il l'a d'ailleurs fait lors des deux réunions précédentes le 28 février et le 14 mars.

Benoît Hamon (d) et Manuel Valls, le 29 janvier 2017 à Paris
Benoît Hamon (d) et Manuel Valls, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP

L'ancien Premier ministre a déjà clairement acté son divorce, en annonçant qu'il ne parrainait pas M. Hamon et en signant dans le JDD une tribune assassine où il a éreinté le programme du candidat PS.

Le blâme de la Haute autorité de la primaire sur son manque de "loyauté" a achevé de crisper les camps. Didier Guillaume s'est fendu d'une lettre indignée à son président, Thomas Clay.

Le conflit, qui augure la future bataille du congrès à l'automne, laisse des traces au PS. "Il y a pas mal d'incompréhension y compris pour des gens comme moi qui ont fait sa campagne", déplore un cadre de la rue de Solférino.

Pour l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot, qui entretient une vieille inimitié avec l'ancien locataire de Matignon, "ce qui l'intéresse c'est qu'on pourrisse la campagne de Benoît (Hamon) en parlant de ses états d'âme, de ses petites réunions en cachette", a-t-elle dénoncé, pointant que les parlementaires pro-Hamon doivent aussi se réunir ce mardi.

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