Présidentielle : Yannick Jadot détaille les 120 propositions de son programme
Yannick Jadot avait présenté quelques mesures phares de son programme lors d’un meeting à Lyon le 29 janvier. Ce mercredi, le candidat à la présidentielle a dévoilé son projet : Changer la France pour mieux vivre. 120 propositions pour bâtir une France « écologique, sociale et républicaine. »

Présidentielle : Yannick Jadot détaille les 120 propositions de son programme

Yannick Jadot avait présenté quelques mesures phares de son programme lors d’un meeting à Lyon le 29 janvier. Ce mercredi, le candidat à la présidentielle a dévoilé son projet : Changer la France pour mieux vivre. 120 propositions pour bâtir une France « écologique, sociale et républicaine. »
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Par Louis Dubar

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Yannick Jadot l’assure : « les écologistes sont prêts et ont des propositions crédibles ». Leur programme, changer la France pour mieux vivre porté par leur candidat est le plus à même pour faire du prochain quinquennat, un mandat d’action en faveur « du climat, du vivant et de justice sociale ». Ces 120 propositions sont les « seules qui nous permettront d’affronter le changement climatique », souligne Yannick Jadot. Le climat, c’est la priorité des priorités, le dénominateur commun des propositions du candidat à 70 jours du premier tour, « ça fait trente ans qu’on est du côté de l’alerte », désormais il est temps pour les écologistes « d’apporter des solutions concrètes » à travers un projet collectif qui se veut réaliste, ambitieux et réalisable. »

« Investir contre le grand réchauffement »

Le candidat souhaite entreprendre une transition climatique de l’économie française. « Nous investirons dans la reconstruction d’une économie bas carbone et compétitive ». Le projet actuel prévoit un changement profond du modèle énergétique français à travers une renationalisation d’EDF, une fermeture progressive des centrales nucléaires selon leur obsolescence et une extension du parc électrique renouvelable, une politique énergétique jugée irréaliste par le candidat communiste Fabien Roussel. Chaque politique publique menée par un gouvernement écologiste « sera évaluée en fonction de son impact sur le climat. » L’application de cette règle d’or climatique permettrait de mettre fin à 18 milliards d’euros de dépenses « néfastes » pour le climat. Ces économies budgétaires permettraient de financer en partie la transition écologique notamment les futurs investissements dans l’industrie, « dans des secteurs favorables à l’environnement ». Le crédit d’impôt recherche favorisera des « projets visant à décarboner et à relocaliser notre économie. » Pour éviter le « chaos climatique », le candidat souhaite « investir contre le grand réchauffement. »

Une fiscalité verte sous forme ‘de bonus-malus’

L’eurodéputé souhaite également accorder écologie et justice sociale. Le programme prévoit la mise en place d’un système bonus-malus appliqué à l’ensemble de la fiscalité. L’impôt général sur la consommation est directement concerné. « La TVA sera plus importante pour les produits issus des circuits longs ou concernés par l’obsolescence programmée. Ce qui est bon pour la planète, ce sera moins cher », explique le candidat. Le programme écologiste prévoit une réduction à 5,5 % la TVA pour les transports collectifs et une augmentation à 20 % de la taxe pour les transports polluants. Favorable au rétablissement d’un impôt sur la fortune, le candidat écologiste prévoit la création d’un impôt climatique sur la fortune pour les patrimoines supérieurs à deux millions d’euros.

Le projet écologiste souhait booster le pouvoir d’achat des Français, notamment des ménages les plus modestes. Une augmentation du SMIC de 10 % aura lieu en cours de mandat pour « garantir un revenu digne du travail» Des renégociations des grilles de salaires auront lieu dans les branches d’activité ou le minima conventionnel est inférieur au salaire minimum. La fonction publique sera élégamment concernée par cette augmentation du pouvoir d’achat avec une revalorisation du point d’indice. Enseignants, professionnels du secteur médico-légal et du travail social sont les principaux concernés.

Partisan d’une allocation universelle, l’ancien soutien de Benoît Hamon en 2017 présente un projet de revenu citoyen destiné à « lutter contre la pauvreté et favoriser l’émancipation de notre jeunesse. » Une somme d’environ 740 euros sera automatiquement versée dès 18 ans pour garantir un revenu supérieur au seuil de pauvreté. Une mesure similaire a également été présentée par le candidat du PCF.

Une restructuration des services publics

« L’hôpital public sera au cœur de nos préoccupations », souligne Yannick Jadot avec le lancement d’un Plan d’urgence pour l’hôpital public à travers l’embauche de 100 000 infirmiers et en sortant l’hôpital « de la rentabilité en fondant son financement sur les besoins réels de la population. » Le projet souhaite reconstruire un service public dans les zones rurales désertées des praticiens et des professionnels du secteur médical. « Nous accompagnerons les jeunes médecins. Ils ne pourront plus s’installer dans des zones surdotées. La dernière année d’internat et les deux premières années d’exercice devront être exercées dans des zones dépourvues de services médicaux », explique-t-il.

A l’heure ou la fondation abbé Pierre analyse la politique du gouvernement en matière de logement dans son rapport annuel. Le candidat écologiste souhaite faire cd la lutte contre le mal-logement une priorité de son futur quinquennat. « Dans mon gouvernement, le ministère du logement s’appellera le ministère du droit au logement. » Le candidat souhaite construire 700 000 nouveaux logements sociaux « dont la moitié ‘très sociaux.’ » Yannick Jadot demande l’élargissement de l’encadrement des loyers dans les zones tendues en s’inspirant des expériences des mairies écologistes de Lyon et Bordeaux. Cet effort de reconstruction du service public s’étend à l’Education Nationale. Yannick Jadot promet de mettre les moyens en refondant l’école avec les recrutements de 65 000 enseignants, 2 000 médecins scolaires, 1 000 assistants sociaux et 3 000 infirmières et promet des « programmes scolaires construits par des autorités indépendantes », éloignés des polémiques du débat politique.

Une diplomatie en faveur du climat

Sur la scène internationale, la France doit être à l’avant-garde de cette lutte contre le réchauffement climatique. Yannick Jadot souhaite l’instauration d’un nouvel Accord de Paris regroupant « les pays à prendre des engagements climatiques contraignants dans leur droit national. » Le candidat promet d’œuvrer à un projet européen en faveur de l’action climatique et construire une Europe sociale et humaniste.

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