Interrogé hier sur France Info au sujet de l’accusation de « pression » sur Radio France portée à l’encontre de François Bayrou, Édouard Philippe a rappelé à l’ordre son ministre de la Justice : « Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen. » Un recadrage qui a visiblement déplu au leader du Modem, lequel lui a rétorqué que « quand on a quelque chose à dire, on le dit ».
« Un feuilleton de 24h » selon Jean-Baptiste Lemoyne, qui reconnaît que le Garde des Sceaux a été « effectivement maladroit » : « Aujourd’hui on ne peut plus dissocier la fonction de l’homme : tout ce que nous faisons est vu à travers le prisme de la fonction qu’on occupe. Donc il faut être exemplaire. » Il assure toutefois que « Bayrou veut la réussite du quinquennat ». « On a chacun notre trajectoire mais on regarde tous dans la même direction, on veut redresser le pays », certifie le sénateur de l’Yonne, qui préfère évoquer la loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » que le ministre de la Justice présentera ce mercredi matin en Conseil des ministres : « On ne verra plus un certain nombre d’affaires qui ont altéré le lien entre les citoyens et leurs dirigeants politique. »
« Bayrou est en mesure de défendre sa loi »
Des affaires dont certaines concernent pourtant François Bayrou lui-même. Cette semaine, le Canard enchaîné révèle que celle qui fut sa secrétaire particulière ainsi que l’assistante parlementaire de Marielle de Sarnez, sera bientôt entendue dans l’enquête préliminaire sur un système présumé d’emplois fictifs. Pas de quoi porter atteinte à la crédibilité du leader du Modem : « Il a donné un ordre formel au parquet de ne pas transmettre les informations aux directions de son ministère et à son cabinet. Il est donc en mesure de défendre sa loi. »
Lemoyne : « Bayrou est en mesure de défendre sa loi »
Jean-Baptiste Lemoyne a également écarté tout « problème avec la presse » de l’exécutif, dont la communication est particulièrement verrouillée. Une vingtaine de sociétés de journalistes se sont alarmées dans une tribune publiée hier sur plusieurs sites de « signaux extrêmement préoccupants envoyés par le gouvernement en matière d’ « indépendance des médias « et de « protection des sources ». Le sénateur considère qu’il s’agit simplement d’une « envie de ne pas être dans l’anecdotique comme Hollande l’a été ». « Le fonctionnement politico-médiatique est tel qu’il faut essayer de préserver les messages essentiels. On a moins entendu parler de conférence de presse sur le terrorisme entre May et Macron que de Philippe-Bayrou », regrette-il.
Lemoyne : « Le fonctionnement politico-médiatique est tel qu’il faut essayer de préserver les messages essentiels. »
Enfin, il a refusé de prendre position pour l’un des deux candidats qui se présentent dans la 18ème circonscription de Paris. Tous deux revendiquent le soutien de l’exécutif. Pierre-Yves Bournazel (LR) se targue d’avoir reçu celui d’Édouard Philippe, qui lui a adressé son soutien par vidéo. Myriam El Khomri, elle, assure sur Twitter avoir celui d’Emmanuel Macron. « Les deux s’inscrivent dans une démarche proche de la démarche présidentielle », commente le sénateur. Et d’ajouter : « Que le meilleur gagne. »
Lemoyne sur l'affrontement El-Khomri/Bournazel : « Que le meilleur gagne. »