Prêts garantis par l’État : 48 milliards d’euros accordés aux entreprises
La commission des finances du Sénat a auditionné Nicolas Dufourcq, directeur général de BPI France, et Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). La FBF chiffre à plus de 400 000 le nombre d’entreprises ayant sollicité un prêt garanti par l’État (PGE) pour environ 48 milliards de prêts accordés.

Prêts garantis par l’État : 48 milliards d’euros accordés aux entreprises

La commission des finances du Sénat a auditionné Nicolas Dufourcq, directeur général de BPI France, et Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). La FBF chiffre à plus de 400 000 le nombre d’entreprises ayant sollicité un prêt garanti par l’État (PGE) pour environ 48 milliards de prêts accordés.
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Par Jonathan Dupriez

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Plus de 48 milliards d’euros ont d’ores et déjà été débloqués par l’État pour aider les entreprises en difficulté de trésorerie pendant le confinement. Le chiffre a été avancé en chœur par la fédération bancaire française (FBF) et la Banque publique d’investissement (BPI) au cours d’une audition en visioconférence de la commission des finances du Sénat. « On sait bien que la période est difficile et compliquée, elle l’est pour tous et aussi pour les banques françaises » a reconnu le président PS de la Commission des Finances, Vincent Éblé. « Mais leur rôle est essentiel et déterminant pour éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en désastre économique. »

Le PGE « absolument massif »

Au 27 avril, la FBF déclare que ce sont ainsi plus de 409 000 demandes de prêts garantis par l’État (PGE) qui ont été déposées dans des banques, entreprises et pool bancaires compris. À ce jour, plus de 300 000 auraient déjà pu bénéficier de cette avance de trésorerie. « C’est absolument massif » reconnaît Maya Atig, directrice générale de la FBF qui regroupe 340 établissements bancaires français et étrangers présents dans l'hexagone.

Le 16 mars dernier, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé la mise en œuvre du dispositif de prêts garantis par l'État pour faire face aux conséquences économiques du coronavirus. Un mécanisme qui, selon le chef de l’État, pourrait aller « jusqu'à 300 milliards d’euros. » Actuellement, selon la FBF et la BPI, quelque 60 000 personnes du secteur bancaire sont « mobilisées sur le terrain » sur ce dossier. « Les chargés de clientèles dans les agences, les équipes dans les sièges bancaires » essaient « d’assurer la fluidité » du mécanisme précise Maya Atig.

90% des PGE accordés à des TPE /PME

Dans l’immense majorité des cas, « 90% » selon la FBF, les banques « ont été sollicitées pour des dossiers de TPE et de PME. » En atteste le montant moyen des PGE qui, pour le moment, sont estimés entre «150 et 190 000 euros accordés. » Une étude statistique de la Banque de France sur le stock déjà pré-accordé au 15 avril montre que 90% des crédits en nombre, et plus de la moitié en montant, ont bénéficié à des TPE. « Pour les TPE seules, le montant de PGE moyen s'élève à 90 000 euros » précise Maya Atig. « C’est déjà un crédit assez important.»

Le secteur du tourisme, bénéficiaire principal du PGE

Le secteur du tourisme, particulièrement touché par la crise de coronavirus et sans réelle perspective de reprise pour le moment, est l’un des bénéficiaires principaux du dispositif du PGE. Le directeur général de BPI France a insisté sur ce point. « Nous avons une action importante dans le domaine du tourisme qui est évidemment un des secteurs les plus attaqués » souligne Nicolas Dufourcq. Selon les derniers chiffres dont il dispose datant de la fin de semaine dernière, « 30 000 restaurants et 6000 hôtels ont bénéficié du PGE pour 2,5 milliards d’euros, et cela ne cesse d’augmenter » a-t-il précisé. Pour lui, le PGE est ainsi « une bonne solution pour traiter le tourisme » mais il plaide pour des prêts longs pour ce secteur, notamment un « prêt tourisme à dix ans » dont la BPI dispose.

Assouplissement efficace du dispositif

Globalement, les sénateurs saluent l'assouplissement du dispositif ayant permis à de nombreuses entreprises, exclues du PGE au départ, de finalement pouvoir en bénéficier. « Nous avons beaucoup moins de remontées de terrain sur le PGE que nous n’en avions il y a 3 semaines » a affirmé le sénateur LR des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi. Car au lancement du dispositif, un certain nombre d’entreprises n’étaient pas éligibles du fait de critères européens discriminants, notamment sur la question des fonds propres. « Si vous aviez un capital de 100 000 euros et que vos fonds propres étaient de 49 000 euros, vous ne pouviez pas emprunter au titre du PGE avant l’assouplissement obtenu » - dans le Projet de loi de finances rectificative 2 ndlr- explique Maya Atig. « Si vous aviez 51 000 euros en revanche, vous pouviez » poursuit la présidente de la FBF. Selon elle, « ce critère ne permettait pas aux banques de s’engager à faire ce qu’elles avaient à faire, c’est-à-dire, regarder au cas par cas les dossiers. » Désormais, une entreprise qui aurait des fonds propres négatifs par exemple, pourrait accéder au PGE.

Un taux de refus compris entre « 3 et 5% »

Toutefois, malgré cet assouplissement des « critères d'éligibilité », la FBF assure ne pas pouvoir chiffrer le nombre d’entreprises exclues dans un premier temps et qui pourraient réintégrer le dispositif actuellement.

BPI France et FBF constatent actuellement un taux de refus d’accès au PGE d’environ « 3 à 5% » des demandes adressées aux banques françaises. « Les chiffres que vous nous donnez indiquent à peu près 15 000 entreprises en refus de PGE, ça reste évidemment élevé » a remarqué Vincent Éblé. Nicolas Dufourcq, directeur général de BPI France abonde : « Ça peut représenter autre chose que des anecdotes, et cela implique un nombre élevé d’entrepreneurs pour qui il faut trouver d’autres solutions. » Le Fonds de solidarité à destination des TPE, et les 500 millions d'avances remboursables pour les PME débloqués par l’État sont des pistes pour les recalés du PGE.

 

 « Le sujet du refus est important » a aussi reconnu Maya Atig. « Vu en macro, moins de 5% de refus, c’est peu, mais pour celui qui a été refusé, c’est 100% de son dossier qui a été rejeté, donc c’est un problème extrêmement important pour lui »

 

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