Prévenir le terrorisme en ligne : le Sénat adopte une proposition de loi
Le 12 juillet, le terrorisme en ligne était à l’ordre du jour du sénat. La proposition de loi en matière de prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste sur internet a été adoptée et modifiée par le Sénat. Ce texte s’inspire du règlement européen de 2021 permettant d’imposer aux plateformes le retrait en une heure de publications aux contenus terroristes. Pour appliquer ces injonctions en France, une loi d’adaptation de la législation nationale au droit européen est requise.

Prévenir le terrorisme en ligne : le Sénat adopte une proposition de loi

Le 12 juillet, le terrorisme en ligne était à l’ordre du jour du sénat. La proposition de loi en matière de prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste sur internet a été adoptée et modifiée par le Sénat. Ce texte s’inspire du règlement européen de 2021 permettant d’imposer aux plateformes le retrait en une heure de publications aux contenus terroristes. Pour appliquer ces injonctions en France, une loi d’adaptation de la législation nationale au droit européen est requise.
François Vignal

Par Clara Barge

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Pour lutter contre le cyber-terrorisme, cette nouvelle législation prévoit un retrait des contenus à caractère terroriste en une heure. Si cette infraction est commise par une personne morale, l’amende prévue pourrait être portée à 4 % de son chiffre d’affaires. L’autorité administrative compétente pour émettre des injonctions de retrait est l’Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM). En d’autres termes, les grandes plateformes telles que Twitter, Facebook ou autres se verront dans l’obligation de retirer les contenus signalés par l’autorité administrative ARCOM.

A l’origine, il s’agit d’un règlement européen adopté en avril 2021, dont les dispositifs et les autorités habilitées à imposer des sanctions doivent être définis par chaque Etat membre. La France étudie l’adaptation du règlement européen sur ses frontières, depuis la proposition de loi déposée par Aude Bono-Vandorme, députée LREM, en janvier 2022. Adopté en première lecture à l’Assemblée, le texte est modifié par le Sénat ce mardi 12 juillet. Il passera prochainement en commission mixte paritaire.

Une définition vaste

Ces publications « à caractère terroriste » regroupent, selon la définition prévue par les textes législatifs, toute incitation à la commission d’infractions terroristes, la sollicitation d’une personne ou d’un groupe pour commettre des actes terroristes, la fourniture d’instruction pour la fabrication ou l’utilisation d’armes ou d’explosifs. Cette définition large est critiquée par de nombreuses associations et Organisation Non Gouvernementales (ONG), qui y voient une menace pour la liberté d’expression.

En effet, pendant l’adoption du règlement à Strasbourg, Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters sans frontières alertaient les eurodéputés sur l’absence de contrôle judiciaire. Tout comme l’eurodéputée Gwendoline Delbos Corfield (EELV) qui dénonçait à l’époque, « le ministère de l’intérieur d’un pays va pouvoir faire supprimer en une heure un contenu qu’il aura décrété terroriste dans le pays voisin en s’adressant directement à la plate-forme qui l’héberge et sans qu’aucune autorité judiciaire […] n’ait eu un regard dessus ». Pourtant, entre les lignes du texte, on peut y lire que le texte ne saura « empiéter sur les droits fondamentaux, tels que la liberté d’expression et d’information », et l’ARCOM affirme sur son site internet que « La défense de la liberté de communication et du pluralisme reste aussi, plus que jamais, au cœur de nos missions ». L’avenir de ce texte est maintenant aux mains d’une commission mixte paritaire, mais pour Pierre Ouzoulias, sénateur communiste présent hier en séance publique, la proposition de loi ne s’arrêtera pas là, « Je doute qu’elle ne soit pas, à un moment donné, conduite devant le Conseil Constitutionnel ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Prévenir le terrorisme en ligne : le Sénat adopte une proposition de loi
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Prévenir le terrorisme en ligne : le Sénat adopte une proposition de loi
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le