Primaire de gauche : 7.530 bureaux de vote pour « 1,5 à 2 millions » d’électeurs
Le PS est en ordre de marche pour sa primaire des 22 et 29 janvier prochains. Ouverte à tous les Français adhérant aux valeurs de la gauche et des écologistes, la primaire pourrait attirer « entre 1,5 million et 2 millions » d’électeurs, espère le PS.

Primaire de gauche : 7.530 bureaux de vote pour « 1,5 à 2 millions » d’électeurs

Le PS est en ordre de marche pour sa primaire des 22 et 29 janvier prochains. Ouverte à tous les Français adhérant aux valeurs de la gauche et des écologistes, la primaire pourrait attirer « entre 1,5 million et 2 millions » d’électeurs, espère le PS.
Public Sénat

Par François Vignal (images : Stéphane Hamalian)

Temps de lecture :

6 min

Publié le

Mis à jour le

Comme en vrai, ou presque. Le siège du Parti socialiste s’est transformé en bureau de vote fictif pour la primaire ce lundi. Sur une table, quatre séries de bulletins de vote. Les candidats : Jean Jaurès, Léon Blum, Louise Michel et Colette Audry. « Je vote pour Léon Blum » annonce aux caméras le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, qui se prête à la simulation. « A voté ! » « C’est parti pour le candidat de la gauche au deuxième tour de la présidentielle ! » lance le patron du PS (voir la vidéo). Si Jean-Christophe Cambadélis ne va pas encore concurrencer Isabelle Huppert pour les Golden Globes, le message envoyé aux médias et aux Français est clair : le PS est prêt pour sa primaire des 22 et 29 janvier prochain.

« On n’a pas fait un enjeu de l’implantation des bureaux de vote »

La rue de Solférino a prévu 7.530 bureaux de vote pour le scrutin sur l’ensemble du territoire, ouverts de 9 heures à 19 heures. C’est beaucoup, mais c’est moins que les 9.200 de la primaire 2011 et surtout que les 10.228 bureaux de la primaire de la droite et du centre. La direction du PS assure qu’elle a supprimé surtout des bureaux qui avaient accueilli peu de votants en 2011. Arnaud Montebourg avait mis en garde en novembre. Mais aujourd’hui, plus d’inquiétude. « On n’a pas fait un enjeu de l’implantation des bureaux de vote » soutient Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire. A droite, leur nombre avait été la cause de tensions entre Sarkozy et Juppé.

Coté participation, Jean-Christophe Cambadélis espère « entre 1,5 million et 2 millions » de personnes (voir la vidéo). Plus de 4 millions de Français avaient participé au premier tour de la primaire de la droite. Le PS s’est inspiré des Républicains pour le vote des Français de l’étranger, qui s’effectue par voie électronique. Plus de 16.000 personnes sont inscrites. Le kit que recevra chaque président de bureau de vote comporte 500 bulletins pour chacun des sept candidats. Soit un potentiel de 3,7 millions de votants possible. Mais en cas de forte participation, les fédérations disposeront de réserves. 35.000 à 40.000 volontaires seront nécessaires le jour du vote. Les présidents de bureau ont reçu une formation.

Pour savoir où voter, il suffit d’aller sur le site de la primaire citoyenne (ce soir à partir de 18 heures) et de taper son adresse, son code postal ou son bureau de vote habituel.

Aucun plafond de dépenses par candidat

Pour voter, il faut être inscrit sur les listes électorales, présenter une pièce d’identité et s’acquitter d’une participation d’1 euro par tour. C’est moins que les 2 euros demandés par Les Républicains. « Le coût de la primaire est estimé entre 3,5 et 4 millions d’euros » affirme Christophe Borgel. Le PS dispose des listes électorales de 2015. Pour les personnes qui se sont inscrites en 2016, notamment en fin d’année, le PS a prévu « une liste complémentaire ». Il faudra présenter un récépissé de la mairie pour justifier de son inscription.

Pour les campagnes des candidats, aucun plafond de dépenses n’est fixé pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé tôt. Les dépenses engagées jusqu’ici restent inférieures à celles des candidats de la primaire de droite, souligne Solférino. Le gagnant verra ses dépenses intégrées au budget de sa campagne pour la présidentielle.

Pour éviter les contestations, la remontée des résultats se fait de façon « sécurisée ». Comme pour la primaire de droite, les présidents de bureau reçoivent un code par SMS pour transmettre la participation et les résultats. Ceux-ci sont remontés bureau par bureau au niveau national et également agrégés au niveau départemental par un référent (professeur de droit, juriste, avocat, etc) choisi par la Haute autorité.

Possibilité de voter deux fois ?

Reste encore quelques détails à régler. Un point faible existe dans l’organisation. Il concerne les personnes qui ont déménagé en 2016 et se sont réinscrites dans leur nouveau bureaux. La radiation des listes dans l’ancien bureau peut parfois prendre plusieurs mois. Le risque : pouvoir voter deux fois dans deux bureaux différents… Un problème que ne nie pas Christophe Borgel mais que minimise le responsable socialiste. « Pour que ça pose problème, il faudrait que les deux bureaux soient proches, que l’électeur veuille frauder. Et il en faudrait beaucoup pour fausser le scrutin », souligne Christophe Borgel, pour qui « ça va concerner très peu d’électeurs ». Pour éviter toute contestation, « on cherche une solution » assure le socialiste.

Autre point qui sera réglé lors d’une réunion du comité national d’organisation de la primaire, mardi soir, celui de la publication des résultats. La droite avait prévu une publication des résultats par tranche de 1.500 bureaux de vote, régulièrement mis à jour dans la soirée. Les premiers chiffres avaient été publiés sur le site de la primaire avant 21 heures. Christophe Borgel ne peut pas encore dire si un système similaire sera au programme. « Ce qui a permis de diffuser des résultats très tôt à la primaire de droite, c’est parce qu’ils étaient très nets » souligne le président du comité d’organisation.

Autrement dit, si les candidats de la primaire du PS sont dans un mouchoir de poche, il sera difficile pour Solférino de donner des premiers chiffres rapidement. En cas de score serré, on a déjà vu l’ordre s’inverser au cours d’une soirée électorale, ouvrant la porte aux accusations de triches. Et ça, le PS a déjà donné. C’était lors du Congrès du PS de Reims, en 2008. Un vote interne. Au soir du premier tour, Martine Aubry était arrivée en tête… de 42 voix. Ségolène Royal avait contesté les résultats, le parti s’était déchiré. Pour se rassurer, le PS peut penser à la primaire ouverte de 2011. Elle s’était parfaitement déroulée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Primaire de gauche : 7.530 bureaux de vote pour « 1,5 à 2 millions » d’électeurs
2min

Politique

HEC Débats – Public Sénat : l'entretien avec Jean-Luc Mélenchon

Candidat pour la quatrième fois à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est l'invité d'HEC Débats ce lundi 5 octobre, en partenariat avec Public Sénat. Programme économique, jeunesse, mobilisation lycéenne, présidentielle 2027 : une rencontre animée par les étudiants, à suivre en direct sur publicsenat.fr et sur YouTube.

Le

PARIS: MEDEF, La REF Numerique 2024
8min

Politique

[Info Public Sénat] Christine Lavarde rapporteure générale du budget, vice-présidences et questeurs : les postes clefs du Sénat dévoilés

La sénatrice LR des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde, remporte le scrutin interne au groupe LR pour le poste de rapporteur du budget. Le premier vice-président LR désigné est Roger Karoutchi, qui a déjà occupé le poste. Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau, remporte l’autre vice-présidence LR. Côté PS, c’est Thierry Cozic qui sera le nouveau président de la commission des finances.

Le

FRANCE – BLOCUS DES LYCEES PARISIENS
7min

Politique

Nouvelle loi « casseurs-payeurs » : un effet d'annonce ou un nouveau régime juridique de responsabilité civile ?

En réponse aux violences et dégradations commises en marge du blocus lycéen, le gouvernement a décidé d'accélérer le calendrier d'examen au Sénat d'un texte visant à décliner le principe « tu casses, tu payes ». Un principe qui s'appliquerait même aux participants à une manifestation qui n'auraient pas commis eux-mêmes les dégradations. Un avis récent du Conseil d'État a encadré juridiquement le projet de loi afin d'éviter une censure du Conseil constitutionnel.

Le

Primaire de gauche : 7.530 bureaux de vote pour « 1,5 à 2 millions » d’électeurs
2min

Politique

Blocage des lycées : « La réponse à la mobilisation lycéenne ne peut pas être uniquement la répression », martèle Éric Coquerel

Invité de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », Éric Coquerel, député La France insoumise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, est revenu sur la mobilisation des lycéens et les blocages qui se poursuivent. Il appelle le gouvernement à privilégier le dialogue plutôt que la répression.

Le