Primaire de gauche : quelles sont les propositions des candidats pour lutter contre la pauvreté ?
Alors que le nombre de personnes vivants sous le seuil de pauvreté en France augmente (elles sont entre 8 et 14 millions selon les indicateurs), quelles sont les propositions des 7 candidats à la primaire de gauche pour lutter contre la précarité ?

Primaire de gauche : quelles sont les propositions des candidats pour lutter contre la pauvreté ?

Alors que le nombre de personnes vivants sous le seuil de pauvreté en France augmente (elles sont entre 8 et 14 millions selon les indicateurs), quelles sont les propositions des 7 candidats à la primaire de gauche pour lutter contre la précarité ?
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

A quelques jours du premier tour, le premier débat de la primaire de gauche aura mis en l’accent sur l’une des mesures phares de Benoît Hamon mais aussi de Jean-Luc Bennahamias : le revenu universel.

Imbroglio autour du revenu universel de Benoit Hamon

Jusqu’à hier, Benoît Hamon prévoyait son développement en trois temps. Dès 2017, le RSA serait augmenté de 10% soit 600 euros par mois. Puis, versé à tous les bénéficiaires ainsi qu’aux jeunes de 18 à 25 ans quelque soit leur niveau de ressources. Enfin, ce revenu serait « étendu à l’ensemble de la population ». « A terme, il atteindra la somme de 750 euros » indiquait-il sur son site de campagne. Les critiques sur le financement de cette réforme et sa portée idéologique, (mise en place d’une société du « farniente » selon Manuel Valls, auraient-elles poussé Benoît Hamon à corriger le tir ? Comme l’a remarqué le journal Le Monde, l’ancien ministre de l’Education a modifié, hier, sur son site Internet deux points essentiels de cette proposition. Le seuil de 750 euros n’y figure plus comme son extension à « l’ensemble de la population ». En revanche, une autre étape apparait : celle d’« une grande conférence citoyenne » destinée à « fixer le périmètre du revenu universel (montant, financement, articulation avec les autres allocations sociales, calendrier de mise en œuvre) ». ). Contacté par franceinfo, son directeur de campagne, le député Mathieu Hanotin, justifie cette modification par « la main un peu lourde » d’un membre de l’équipe. Cet après-midi,  les deux points cités plus hauts sont réapparus sur le site de campagne du candidat.

revenu_universel.png

Reste un autre problème pour Benoît Hamon qui chiffre lui-même cette mesure « autour de 300 milliards par an ». Un coût qu’il compte financer par une réforme de la fiscalité ou encore la lutte contre l’évasion fiscale. Jean-Luc Bennahmias, président du Front Démocrate, propose aussi la mise en place d’un revenu universel mais reste flou sur son montant et son financement. Interrogé par les Echos, l’ancien député européen fixe son seuil entre 500 à 700 euros ». Un revenu pas uniquement destiné à lutter contre la pauvreté, car  il servirait également « d’aide à l’emploi ». « En France, 35% à 40% des agriculteurs touchent 350 euros par mois de revenu. Ils ne cherchent pas un travail, ils en ont un. [Si ] on [verse] le revenu universel en même temps, à 500, 600, 700 euros : ils ne ferment plus leurs fermes » a-t-il pris comme exemple le 11 janvier dernier.

Un minimum décent pour Manuel Valls

Du côté de Manuel Valls, il s’agit de créer un «  minimum décent » entre « 800 et 850 euros » mensuels (…) attribué à tous les adultes de plus de 18 ans (...), résidant sur le territoire national depuis au moins quatre ans et, bien sûr, sous seules conditions de ressources, parce que le lien avec le travail est indispensable » insiste-t-il. La mesure fusionnerait l’ensemble des prestations existantes et couterait 30 milliards d’euros. « Pas un revenu universel idéaliste pour tout le monde qui couperait tout lien avec le travail (...) et (...) ruinerait les finances publiques » a-t-il affirmé, ce matin, sur France Inter. Sylvia Pinel, la candidate PRG, « étudie » également « la faisabilité d’une fusion des minimas sociaux» et « la mise en place d’un guichet unique ».

Hamon et Montebourg misent sur les aides financières pour les jeunes

Dans la lignée de son souverainisme économique, Arnaud Montebourg souhaite lui généraliser « les contrats d’activité à l’attention des chômeurs de longue durée. Les emplois jugés non solvable dans le secteur associatif ou l’économie sociale et solidaire seraient ainsi financés par l’argent des minima sociaux. L’ancien ministre du redressement productif propose également de relever le seuil des minimas sociaux et de mettre en place une allocation  pour l’autonomie des jeunes, de 450 euros, « versée sous conditions de ressources aux jeunes étudiants et en formation ».

Grace au numérique et à la généralisation des demandes effectuées en ligne des prestations sociales, Vincent Peillon se fixe comme objectif d’étendre « la Garantie jeunes à 200 000 bénéficiaires à l’horizon 2020 ». Selon le gouvernement, ils sont entre 100 000 et 150 000  à en bénéficier actuellement. L’ancien député européen propose aussi « la création d’un service public de maisons de retraite », destinée à « offrir aux personnes qui en ont besoin un séjour gratuit ou à contribution extrêmement faible, sous conditions de revenus et de patrimoine ».

Parmi les 66 propositions qui composent le programme du député écologiste François de Rugy, il n’est pas fait mention d’une réforme des prestations sociales.

Alors que Jean-Luc Mélenchon fait la promesse de « créer un monde où zéro personne dorme dans la rue ». Seul Benoit Hamon fait une proposition dans ce sens avec, dès 2017 « une grande conférence contre l’exclusion ».  Les projets de Manuel Valls de Vincent Peillon et d’Arnaud Montebourg s’articulent essentiellement autour de la valeur « travail ». A noter, enfin, que les mots « pauvreté », « exclusion, ou « précarité » ne figurent  pas dans le projet de 71 pages de François de Rugy.

Partager cet article

Dans la même thématique

Primaire de gauche : quelles sont les propositions des candidats pour lutter contre la pauvreté ?
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Primaire de gauche : quelles sont les propositions des candidats pour lutter contre la pauvreté ?
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le