Primaire de la gauche : « Je pense qu’une candidature commune, hors Jean-Luc Mélenchon, est forcément au deuxième tour », estime Marine Tondelier

La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier appelle toujours à une candidature « commune » de la gauche à la présidentielle après une primaire. Désignée par son parti pour y participer, elle estime que le candidat issu de ce processus serait, même sans le soutien de Jean-Luc Mélenchon, « forcément au second tour » du scrutin vers l’accession à l'Élysée.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La primaire de la gauche aura-t-elle vraiment lieu ? « J’y compte bien ! », répond ce mercredi 10 décembre la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, invitée de la matinale de Public Sénat. Le week-end dernier, la responsable a été officiellement désignée par les militants de son parti pour participer à ce processus, acté depuis mi-novembre. « Je suis pour que la gauche et les écologistes aient une candidature unique à la présidentielle », a-t-elle répété ce matin, après avoir annoncé son entrée dans la course à l’Élysée le 22 octobre dernier. Mais, selon elle, il est aussi « très probable » qu’un tel scénario ne puisse pas se matérialiser.

En effet, la démarche suscite pour le moment des réactions pour le moins mitigées à gauche. Plusieurs formations politiques (Les Écologistes, L’Après, Génération.s, Debout !) ont affiché leur soutien à cette primaire, également portée par l’ex-figure proposée par le Nouveau Front populaire pour accéder à Matignon, Lucie Castets. Outre Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin ont déjà indiqué leur volonté de se présenter au scrutin. Le Parti socialiste n’a pas encore fixé sa position sur sa participation, même si son premier secrétaire Olivier Faure laisse la porte ouverte à une éventuelle candidature.

« Les absents auront tort », lance Marine Tondelier

En revanche, ni Raphaël Glucksmann (Place publique), ni Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ne se disent intéressés par ce vote préliminaire. « Je ne participerai pas à une primaire » avait affirmé le premier au Monde, au mois de mai dernier. Le chef de file insoumis a lui aussi de nouveau rejeté cette possibilité lors d’un meeting à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), le 16 novembre. « Je ne vais pas mettre le doigt dans la déchiqueteuse », a-t-il redit, selon des propos rapportés par La Nouvelle République

Malgré le scepticisme de ces deux personnalités, pour le moment les mieux placées à gauche dans les sondages en vue de l’élection de 2027, Marine Tondelier croit toujours en la force d’une telle primaire. « Les absents auront tort », a-t-elle pointé. À défaut d’une candidature « unique », la cheffe de file écologiste promeut l’idée d’une proposition « commune » aux partis de gauche hors LFI. « Je pense qu’une candidature commune, hors Jean-Luc Mélenchon, est forcément au deuxième tour », estime-t-elle. « Prenons acte que [ce dernier] ait vraiment l’air de ne pas vouloir venir. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Primaire de la gauche : « Je pense qu’une candidature commune, hors Jean-Luc Mélenchon, est forcément au deuxième tour », estime Marine Tondelier
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Primaire de la gauche : « Je pense qu’une candidature commune, hors Jean-Luc Mélenchon, est forcément au deuxième tour », estime Marine Tondelier
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le

La sélection de la rédaction

Primaire de la gauche : « Je pense qu’une candidature commune, hors Jean-Luc Mélenchon, est forcément au deuxième tour », estime Marine Tondelier
4min

Politique

Budget de la Sécu : « S'abstenir, ce n’est pas trouver qu'on a un formidable texte, sinon nous aurions voté pour », explique Marine Tondelier

Les députés ont approuvé le budget de la Sécurité sociale mardi à l’Assemblée nationale, à l'issue d’un vote serré. Une majorité du groupe écologiste s’est abstenue après l’adoption d’un amendement de dernière minute visant à octroyer des moyens supplémentaires au système de santé. « Sans cette augmentation de l’Ondam, on votait contre », explique ce mercredi la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, sur Public Sénat.

Le