Primaire PS: après une première joute policée, la course de vitesse continue
Une audience de 3,8 millions de téléspectateurs, de nettes divergences mais sans pugilat: les acteurs de la primaire initiée par le PS espèrent...

Primaire PS: après une première joute policée, la course de vitesse continue

Une audience de 3,8 millions de téléspectateurs, de nettes divergences mais sans pugilat: les acteurs de la primaire initiée par le PS espèrent...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Une audience de 3,8 millions de téléspectateurs, de nettes divergences mais sans pugilat: les acteurs de la primaire initiée par le PS espèrent que leur premier débat télévisé a lancé une dynamique porteuse à tout juste dix jours du scrutin.

Selon Médiamétrie, 3,8 millions de téléspectateurs (18,3% d'audience) ont regardé le premier débat jeudi soir sur TF1, mais le cinquième du genre en trois mois, après la primaire organisée par LR. Nettement moins que les 5,6 millions de la première joute des candidats de droite le 13 octobre, ou que les 4,9 millions du premier débat de la primaire PS de 2011 qui avait conduit à la désignation de François Hollande.

Mais ce résultat est jugé encourageant par les protagonistes, Manuel Valls estimant vendredi "tout à fait possible" une participation de 2 millions d'électeurs (2,9 millions en 2011) au scrutin du 22 janvier.

Manuel Valls sur le plateau de TF1 lors du débat télévisé entre les candidats à la primaire du PS, le 12 janvier 2017 à La-Plaine Saint-Denis
Manuel Valls sur le plateau de TF1 lors du débat télévisé entre les candidats à la primaire du PS, le 12 janvier 2017 à La-Plaine Saint-Denis
POOL/AFP

"C'est beaucoup, c'est beaucoup. C'est un bon présage pour la participation, moi j'ai confiance. Vous verrez", a averti vendredi M. Valls.

presse "Cette primaire, cette désignation est courte, ramassée, donc intense" mais c'est "une belle épreuve", a poursuivi l'ancien Premier ministre qui veut croire à une "nouvelle donne" lors de la présidentielle, une fois désigné le candidat de la primaire.

La presse est plus circonspecte, voire carrément critique. Un "grand concours de démagogie", dénonce le Figaro. "Un premier tour de chauffe peu convaincant", selon Le Parisien/Aujourd'hui en France. Mais "méfiez vous, les journalistes attendent du +fight+, les Français attendent des propositions", a modéré le député PS Christophe Borgel, président du comité d'organisation de la primaire.

Premier débat de la primaire élargie du PS
Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias, Francois de Rugy, Benoit Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel sur le plateau de TF1 avant leur débat télévisé le 12 janvier 2017 à la Plaine-Saint-Denis
AFP

Selon un sondage Harris interactive pour Atlantico diffusée vendredi (1.002 personnes ayant vu ou entendu parler du débat), Benoît Hamon (23%), talonné de peu par Arnaud Montebourg (22%) et Manuel Valls (21%), est apparu comme le plus convaincant à l'issue du débat. Le député des Yvelines a aussi récolté les foudres de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui lui a reproché de faire de la "désinformation" et de recourir à des "contrevérités", après avoir fait le lien jeudi soir entre la loi travail et le plan social touchant La Voix du Nord.

Les différents candidats divergeaient vendredi sur la qualité de ce premier échange télévisuel: "constructif" pour M. Montebourg mais "assez peu séduisant" pour M. Hamon, alors que le débat a souvent tourné autour de ses propositions, notamment celle d'un revenu universel.

- 'Essayez Donald Trump' -

Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias, Francois de Rugy, Benoit Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel sur le plateau de TF1 avant leur débat télévisé le 12 janvier 2017 à la Plaine-Saint-Denis
Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias, Francois de Rugy, Benoit Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel sur le plateau de TF1 avant leur débat télévisé le 12 janvier 2017 à la Plaine-Saint-Denis
POOL/AFP

"Vous trouvez ce débat trop sérieux? Essayez Donald Trump", a ironisé de son côté le patron des députés PS Olivier Faure.

"La formule limite les possibilités de débat", a regretté Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate). "Parler d'économie sans parler ni d'écologie ni de numérique, c'est un peu surprenant", a renchéri le candidat écologiste François de Rugy.

Cette première joute à sept candidats, avec également la présence du socialiste Vincent Peillon et de la radicale de gauche Sylvia Pinel, a sonné le grand départ d'une campagne au calendrier très resserré, arrêté avant la décision de François Hollande de ne pas briguer un second mandat à l’Élysée.

Deux autres débats, dimanche (18H00) et jeudi (20H55), précèderont le premier tour dimanche 22 janvier.

Entre-temps, les candidats multiplient les déplacements.

Vendredi, Manuel Valls et Vincent Peillon se sont croisés à Dijon où ils ont notamment rencontré le maire François Rebsamen, en marge d'un congrès de la Fédération des acteurs de la solidarité où des représentants d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, et Jean-Luc Mélenchon étaient aussi présents.

Arnaud Montebourg est pour sa part à Bordeaux, pour "un debrief" dans la rue du débat. Benoît Hamon tient une réunion publique dans la soirée à Marseille.

Emmanuel Macron le 10 janvier 2017 à Berlin
Emmanuel Macron le 10 janvier 2017 à Berlin
dpa/AFP/Archives

Les acteurs et organisateurs de cette primaire souhaitent une forte participation pour recréer une dynamique autour du PS, dont les candidats sont devancés tant par Jean-Luc Mélenchon que par Emmanuel Macron dans les sondages sur le premier tour de l'élection présidentielle. Tous deux se sont d'ailleurs soigneusement abstenus de commenter ce premier débat.

M. Mélenchon avait annoncé jeudi avoir recueilli les 500 parrainages nécessaires pour l'élection. M. Macron se déplace vendredi après-midi dans les Hauts-de-France, notamment dans la ville FN de Hénin-Beaumont.

Partager cet article

Dans la même thématique

Saint-Denis : Meeting LFI-PCF avec Bally Bagayoko et Jean-Luc Melenchon
9min

Politique

Sénatoriales : après sa percée aux municipales, LFI espère faire son « entrée au Sénat »

Pour les sénatoriales de septembre 2026, LFI mise principalement sur le Rhône, après plusieurs victoires aux municipales. « On sera incontournables dans un grand nombre de départements », prévient le député Paul Vannier, responsable des élections de LFI, « pas fermé » à des discussions avec Les Ecologistes. Mais les principales chances de faire élire des sénateurs LFI seront lors du scrutin de 2029. Explications.

Le

The aerial surveillance programme of bathing littoral waters in the Alpes Maritimes France
5min

Politique

Le sénateur Henri Leroy quitte Les Républicains pour rallier Éric Ciotti : « Je n’ai plus rien à attendre d’un parti qui a pactisé avec Emmanuel Macron »

Soutien d’Éric Ciotti pendant les municipales, le sénateur LR des Alpes-Maritimes, Henri Leroy, annonce qu’il rejoint l’UDR. Il espère se représenter aux sénatoriales de septembre, cette fois sur « une liste d’union des droites », avec d’autres transfuges, ce qui pourrait bousculer les équilibres dans un département acquis de longue date aux Républicains.

Le

HOTEL DE VILLE PARIS
3min

Politique

Installation des conseils municipaux : comment ça marche ?

Pour les communes qui ont élu leur maire au second tour, l’installation des nouveaux conseils municipaux se déroulera de vendredi à dimanche selon les villes. Nice, Paris, Le Havre, Bordeaux, Lyon ou encore le Havre… On fait le point sur les règles de fonctionnement.

Le