Des hurlements de joie pour les uns, des moments de flottement, voire l'immense déception pour les autres: dans les QG parisiens, les soutiens...
Primaire PS: de la liesse à la douche froide, dans les QG des candidats
Des hurlements de joie pour les uns, des moments de flottement, voire l'immense déception pour les autres: dans les QG parisiens, les soutiens...
Par Marie DHUMIERES, Sami ACEF, Robin GREMMEL, Lina TRABELSI
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Des hurlements de joie pour les uns, des moments de flottement, voire l'immense déception pour les autres: dans les QG parisiens, les soutiens des principaux candidats à la primaire organisée par le PS ont connu une soirée agitée avec les résultats du premier tour.
Les journalistes de l'AFP ont fait le tour des soirées de Benoît Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon.
- Explosion de joie chez Hamon -
Les militants hurlent, s'embrassent et sautent de joie en apprenant que leur champion est en tête, couvrant peu après 20H30 l'annonce de la suite des résultats par la Haute autorité. Dès le début de la soirée, tous montent sur la péniche réservée par l'ancien ministre, qui tangue un brin sur la Seine.
"C'est fantastique, personne ne s'y attendait!", s'exclame Lou, 16 ans, sous les néons violets. Roxane, 21 ans, salue en Benoît Hamon "une gauche assumée". "Ça fait du bien d'avoir un candidat dont on est fiers et qui défend des valeurs humanistes et progressistes", lance-t-elle.
Benoît Hamon arrive à son QG de campagne, le 22 janvier 2017
AFP
Sous les "Benoît président", leur champion arrive une heure après et peine à se frayer un chemin entre les caméras. Se félicitant d'un "message clair d'espoir et de renouveau" envoyé par les électeurs, il appelle à "amplifier la mobilisation" dimanche prochain.
Dans une ambiance surchauffée et chahutée, la musique reprend, la fête ne fait que commencer. "A la victoire les mecs!", trinque un groupe de jeunes militants, non loin de Benoît Hamon qui prend un verre.
- Combativité chez Manuel Valls -
L'annonce en début de soirée de la deuxième position pour l'ancien Premier ministre ne perturbe aucunement l'ambiance feutrée de la Maison de l'Amérique latine, lieu de célébration des victoires socialistes.
Manuel Valls, le 22 janvier 2017 à Paris
AFP
Parmi les quelques militants présents, sous les lustres et les lourds rideaux rouges, Antoine, 22 ans, juge possible "un sursaut en faveur de Manuel Valls au second tour". Une autre craint "la convergence des deux autres", Hamon et Montebourg, pour le faire battre.
Accueilli avec des "Manuel président", leur champion prend enfin la parole. "Pour le second tour, rien n'est écrit", assure l'ex-chef du gouvernement sur un ton martial. S'offre "le choix entre la défaite assurée et la victoire possible, le choix entre les promesses irréalisables et la gauche responsable", tacle-t-il aussitôt, promettant de porter "une gauche forte, crédible".
Ses soutiens tapent des pieds et des mains: "On va gagner on va gagner!".
- Après la déception chez Montebourg, ça repart -
Les visages sont défaits, dans l'exigu QG d'Arnaud Montebourg. Le juron d'un militant brise le silence lors de l'annonce de son élimination: "p...!"
Troisième homme comme en 2011, l'ancien ministre de l’Économie paraît peu après, sourire forcé aux lèvres. La gorge nouée, il appelle à voter Benoît Hamon au 2e tour et souhaite "bonne chance" à son ancien allié.
Arnaud Montebourg, le 22 janvier 2017 à Paris
AFP
La consigne sera respectée sans faute. "Demain je serai sur les marchés pour Benoît Hamon, pour battre Manuel Valls", promet Emilien, 26 ans. Et "si Valls gagne la primaire, je ne voterai pas pour lui, ce sera Jean-Luc Mélenchon", prévient pour sa part Antoine, 25 ans.
- Indécision chez Vincent Peillon -
Un lourd silence accueille le score, moins de 7%, de Vincent Peillon, dans l'"établissement culturel solidaire" dont l'ancien ministre de l’Éducation a fait son QG pour la soirée. Parmi les quelques sympathisants, l'une lance à la cantonade: "C'est pour Montebourg la vraie claque! En tout cas Hamon-Valls, c'était rêvé pour Macron".
Vincent Peillon "portait un équilibre mais manifestement il est noyé et peu entendu", déplore Jean.
L'ex-candidat prend tard la parole pour souhaiter "le rassemblement le plus fort possible"... mais se refuse ostensiblement à donner une consigne de vote, malgré les questions des journalistes.
Pour Nicolas, 23 ans, ce sera "plutôt vote blanc" dimanche prochain.
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