Après un premier débat un peu terne, les sept candidats à la primaire initiée par le PS se sont affrontés avec vivacité parfois, dimanche soir...
Primaire PS: migrants, cannabis et autres moments forts du deuxième round
Après un premier débat un peu terne, les sept candidats à la primaire initiée par le PS se sont affrontés avec vivacité parfois, dimanche soir...
Par Charlotte HILL
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Publié le
Après un premier débat un peu terne, les sept candidats à la primaire initiée par le PS se sont affrontés avec vivacité parfois, dimanche soir lors du second round. Moments choisis:
MAINTENANT, BATTEZ VOUS!
"Les punchlines sont les bienvenues ce soir!": les journalistes n'ont pas ménagé leurs efforts pour muscler le débat, comme en témoigne cette injonction prononcée dès l'ouverture par Laurence Ferrari (iTELE).
Benoit Hamon lors du deuxième débat télévisé de la primaire du PS et de ses alliés, le 15 janvier 2017, à Paris.
AFP
Après des débuts policés, le mot d'ordre semble rapidement entendu, avec quelques piques, tel Vincent Peillon qui lance sur le nucléaire: "François de Rugy n'est pas bienveillant, c'est normal, il y a une petite émulation sans doute"...
Mais se font entendre aussi des agacements contre les journalistes. A Ruth Elkrief (BFM TV) poussant pour une joute qui "permet aux Français" de faire leur sélection, Benoît Hamon réplique: "Non, ça c'est l'exercice que vous voulez faire, moi je réponds".
Et Arnaud Montebourg grince auprès des interviewers qui notent sa conversion à l'écologie: "Vous commencez à lire mes programmes"...
PAS D'ARDOISE MAGIQUE SUR LES MIGRANTS
Face à un Manuel Valls défendant la ligne dure de la France sur l'accueil des réfugiés, la température monte sur le plateau (même si François de Rugy relève que la clim' est trop forte).
Vincent Peillon (G) et Manuel Valls lors du deuxième débat télévisé de la primaire du PS et de ses alliés, le 15 janvier 2017, à Paris.
AFP
A l'ex-Premier ministre qui assure que son gouvernement a "fait face à la crise migratoire", mais souligne qu'il n'est pas "sans coeur", Vincent Peillon réplique que "la vie, ce n'est pas une ardoise magique". Il dit son "sentiment que les Français étaient plus généreux que leurs dirigeants".
Et Benoît Hamon répond à Valls pour qui "c'est l'honneur de la France d'avoir mené cette politique", que l'honneur de la France est de ne pas être un des pays dont on a eu le sentiment qu'il était "parmi les moins volontaires".
"QUAND JE SERAI PRESIDENT"...
Jean-Luc Bennahmias s'efforce d'être moins trublion que lors du premier exercice, qu'il avait confessé avoir abordé "un peu stressé".
Jean-Luc Bennahmias lors du deuxième débat télévisé de la primaire du PS et de ses alliés, le 15 janvier 2017, à Paris.
AFP
"Quand je serai président", n'hésite-t-il pas à dire notamment, évoquant sa volonté de faire "une alliance avec les pays du Sud", plutôt que de tout miser sur le couple franco-allemand et plaidant pour "un protectionnisme européen".
Il s'agace à plusieurs reprises quand il est coupé dans son élan: "J'aimerais bien pouvoir terminer avant qu'on me dise merci".
FEUX CROISES SUR LE CANNABIS
Sylvia Pinel lors du deuxième débat télévisé de la primaire du PS et de ses alliés, le 15 janvier 2017, à Paris.
AFP
Benoît Hamon ouvre le sujet en jugeant que "la prohibition n'a jamais été aussi inefficace", tandis que Sylvia Pinel, légèrement moins crispée que lors du premier round, suggère de "redéployer les forces de l'ordre sur d'autres missions", comme la lutte contre le terrorisme.
Fidèle à lui-même, Manuel Valls dit son opposition à la dépénalisation car "il faut des interdits", comme Arnaud Montebourg, tandis que Vincent Peillon s'engage à ouvrir "sérieusement ce débat qui mérite une grande conférence nationale".
Dénonçant "40 ans d'hypocrisie", Jean-Luc Bennahmias prône une "légalisation contrôlée" tandis que François de Rugy propose une expérimentation.
"On ne va pas vous demander à chacun si vous avez déjà fumé", disent les journalistes. "Ca m'est arrivé", répond tout de même Bennahmias, provoquant quelques rires.
RUGY RECADREUR
Comme lors du premier débat, où il avait soulevé la question du coût du revenu universel de Benoît Hamon, au coeur des discussions, l'écologiste se pose en recadreur.
Sur le nucléaire, ce "réformiste" "sursaute" face aux positions de ses concurrents et plaide pour une sortie plus rapide qu'eux. Il se distingue en prônant 100% d'énergie renouvelable en 2050.
François de Rugy et Arnaud Montebourg lors du deuxième débat télévisé de la primaire du PS et de ses alliés, le 15 janvier 2017, à Paris.
AFP
Dans la séquence consacrée au bilan du quinquennat de François Hollande, qui a préféré passer sa soirée au théâtre devant une pièce de Michel Drucker, il s'émeut des propositions de 49-3 citoyen, de certains de ses adversaires.
"Ca m'étonne beaucoup que la gauche puisse proposer un processus" qui donne aux "lobbies" autant de puissance pour bloquer un texte car "450.000 votes, n'importe quel lobby réussira à trouver cela".
"Heureusement que cette disposition n'existait pas", lors de la loi Veil sur l'avortement ou de l'abolition de la peine de mort, dit-il.
Le Premier ministre souhaite rehausser les plafonds qui limitent le montant des franchises pour les médicaments et les consultations médicales. Une mesure impopulaire qui annonce la couleur des débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.
Mercredi, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole qui prévoit l'utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Un texte qui va faire l'objet d'une saisine du Conseil constitutionnel par différents groupes politiques. L'année dernière, les Sages avaient censuré une disposition similaire issue d'un texte d'origine sénatoriale, mais les parlementaires ont, depuis, revu leur copie.
Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un nombre important de gouvernements. Sur ces neuf ans, c’est le ministère de la Santé qui a connu le plus de ministres, talonné par les ministères en charge des Collectivités territoriales ou de l’Environnement. Les Armées, l’Economie et les Affaires étrangères sont ceux avec le plus de stabilité. Le reflet de choix politiques ou le fruit d’une instabilité politique ?