Primaire : Anne Hidalgo rassemble la gauche… contre sa proposition
A la surprise générale, la maire de Paris a proposé l’organisation d’une primaire afin de désigner une candidature commune à gauche. Une idée qui fait presque l’unanimité contre elle.

Primaire : Anne Hidalgo rassemble la gauche… contre sa proposition

A la surprise générale, la maire de Paris a proposé l’organisation d’une primaire afin de désigner une candidature commune à gauche. Une idée qui fait presque l’unanimité contre elle.
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Anne Hidalgo aura eu au moins le mérite de placer la gauche au centre de la pré-campagne électorale pendant au moins quelques heures. Pour le reste, c’est vers un échec retentissant que se dirige la proposition de la candidate socialiste.

Engluée dans les sondages entre (3 et 7 %), la maire de Paris a décidé de frapper un grand coup en s’invitant à la dernière minute dans le 20H de TF1, mercredi soir. « Organisons une primaire de la gauche, que viennent participer à cette primaire les candidats qui veulent gouverner ensemble ».

« Cette gauche fracturée, qui désespère beaucoup de nos concitoyens doit se retrouver, se rassembler pour gouverner », a insisté la candidate, qui souhaite « une primaire arbitrée par nos concitoyens ».

Virage à 180 degrés

Une idée d’autant plus surprenante que le matin même sur France 2, la candidate affirmait qu’une union à gauche « ne fonctionnerait pas » et « serait perçue comme artificielle » parce qu’il y a des candidats qui sont déclarés depuis très longtemps ».

Elle n’avait d’ailleurs pas souhaité participer à la primaire populaire, lancée par un mouvement citoyen fort de 210 000 participants.

A quatre mois du scrutin, Anne Hidalgo semble s’être soudain rappelée la dernière saison de la série de « Baron noir ». Celle où les dirigeants de la gauche s’unissent pour faire barrage au fascisme. Mais n’est pas Philippe Rickwaert qui veut et pour Anne Hidalgo, le suspense a été de courte durée.

Dans les minutes qui ont suivi, les cadres de LFI ont confirmé l’inévitable en opposant une fin de non-recevoir. « S’il y a une exigence d’une union la plus large possible, elle ne peut pas être artificielle, comme si on avait simplement affaire à plusieurs têtes de gondoles qui proposeraient le même contenu », a rappelé le député Éric Coquerel.

La « proposition de la dernière chance pour elle », a raillé la députée Insoumise Danièle Obono.

Jadot dit « non », « irresponsable » pour les socialistes

Sur Europe 1, Yannick Jadot, candidat déjà désigné par une primaire en septembre, a logiquement répondu « non » et relève de la part d’Anne Hidalgo « la volonté de sortir de l’impasse par une idée surprise ».

« Ce n’est pas responsable. Il veut continuer de désespérer encore un peu plus les électeurs de gauche et les écologistes », a taclé sur Public Sénat, Stéphane Troussel, le président (PS) du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

» Lire notre article : Anne Hidalgo propose une primaire à gauche : « Une droite de plus en plus extrême impose un électrochoc », plaide Stéphane Troussel

Même tonalité du côté du sénateur socialiste, Rachid Temal. « L’union c’est derrière eux ou rien ! Quand Anne Hidalgo leur fait une offre d’union face à l’extrême-droite… ils ont piscine. C’est incroyable et irresponsable » a-t-il tweeté.

« La décision courageuse d’Hidalgo est porteuse d’espoir pour tout le peuple de gauche. Alors qu’elle détient les 500 parrainages, elle prend l’initiative d’engager un rassemblement à travers un vote démocratique et ouvert au plus grand nombre » met en avant la sénatrice socialiste, Martine Filleul

Patrick Kanner : « Nous sommes tous au fond de la piscine »

Le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner a fait lui aussi le service après-vente. « Je le dis avec solennité. Aujourd’hui, la gauche est perdue. Nous sommes tous au fond de la piscine. Aucun d’entre nous n’a pu percer le plafond de verre ce qui nous amène à être en dessous de 10 %, soit la moitié des autres candidats de la droite et de l’extrême droite […] Anne Hidalgo a mis un coup de talon. Certes, ça ne plaît pas à tout le monde mais qu’elle est la solution à part de demander au peuple de gauche de nous départager ? Ce peuple de gauche, il existe », a-t-il développé sur le plateau de BFM TV.

Sur BFM TV, le candidat communiste, Fabien Roussel, s’est dit « surpris » par cette proposition. « Ce n’est pas la solution. La primaire règle le problème de la personne. Ce n’est pas la personne qu’il faut trouver, c’est ce sur quoi nous nous unissons », a-t-il souligné.

Arnaud Montebourg « prêt à offrir sa candidature à un projet et à un candidat communs »

Seul Arnaud Montebourg, le candidat de la « Remontada de la France », voit d’un bon œil cette primaire de la gauche. Deux heures avant l’intervention d’Anne Hidalgo s’est dit « prêt à offrir sa candidature à un projet et à un candidat communs » si une discussion entre tous les candidats de gauche s’ouvre.

« Le Parti socialiste a confirmé qu’Anne Hidalgo s’inscrit dans la dynamique de la Primaire Populaire » a confirmé Samuel Grzybowski, porte-parole de la Primaire Populaire avant d’ajouter : « Nous attendons maintenant que Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon entendent le sens de l’histoire »

Le vote de la Primaire populaire est prévue du 27 au 30 janvier. Plus de 240.000 personnes se sont déjà engagées à y participer.

 

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