Statement by French Outgoing Prime Minister Sebastien Lecornu – Paris

Prime d’activité, allocation unique, fiscalité… Sébastien Lecornu présente les contours d’une nouvelle copie budgétaire

Le Premier ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les principales forces politiques sur le budget. Il a présenté ce vendredi 16 janvier les mesures clefs d’une nouvelle version du projet de loi de finances, issues de ses échanges avec les forces du bloc central et une partie des oppositions.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, en quête d’un compromis politique pour doter la France d’un budget tout en évitant la censure, s’est engagé vendredi à proposer une nouvelle version du projet de loi de finances, « meilleure » que le texte initialement présenté à l’automne, et susceptible de « rassembler » une majorité dans un contexte de forte fracturation politique. Alors que l’exécutif a suspendu l’examen du budget à l’Assemblée nationale, actant l’impasse des discussions parlementaires, Sébastien Lecornu indique que les mesures portées par cette nouvelle mouture sont pour partie issues « des échanges sérieux » des derniers jours avec des groupes parlementaires du bloc central, mais aussi de l’opposition, en l’occurrence les socialistes.

Il a en revanche fustigé « la stratégie cynique et délibérée » de La France insoumise et du Rassemblement national au cours des dernières semaines : « Le RN et LFI ont bloqué, chacun à leur manière, le travail parlementaire et rendu méthodiquement le texte incohérent et donc invotable », a-t-il épinglé.

Le Premier ministre n’a rien dit du véhicule que le gouvernement compte utiliser pour faire adopter ce texte, n’ayant plus que deux options sur la table : le recours au 49-3 ou l’utilisation des ordonnances budgétaires, un mécanisme inédit sous la Ve République.

Renforcer le pouvoir d’achat

Parmi les mesures phares présentées ce vendredi : une hausse de la prime d’activité de 50 euros en moyenne pour plus de trois millions de ménages à revenus modestes. « Le budget initial envisageait de réduire la portée de la prime d’activité, il faut le reconnaître c’était une erreur. Nous allons revenir sur cette économie et aller plus loin », a concédé Sébastien Lecornu, faisant suite à une demande des socialistes.

Pas d’augmentation d’impôts

Il n’y aura « aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte », promet également le locataire de Matignon, évoquant une révision des barèmes de l’impôt sur le revenu « pour éviter que l’inflation ne se transforme en augmentation masquée de l’impôt ». La hausse de la fiscalité faisait notamment partie des lignes rouges des Républicains.

Le Premier ministre a par ailleurs acté l’abandon de la réforme de l’abattement de l’impôt sur le revenu pour les retraités. Il renonce également aux mesures d’économie sur les allocations pour les personnes en situation de handicap ou pour les allocations sur le logement. Le gouvernement proposera par ailleurs une réforme des allocations de solidarité, par la création d’une allocation sociale unifiée, une demande récurrente au sein de la classe politique.

La nouvelle copie budgétaire portera également plusieurs mesures à destination de la jeunesse : notamment le maintien à niveau des bourses étudiantes et la généralisation du repas universitaire à 1 euro d’ici le mois de mai.

Ajusté l’effort demandé aux collectivités

En ce qui concerne les collectivités territoriales, Sébastien Lecornu a estimé qu’elles « devront également participer à l’effort collectif mais dans des propositions acceptables ». « Le gouvernement n’acceptera pas la baisse de la dotation de fonctionnement des communes à hauteur de 20 %, votée par le Rassemblement national cette semaine », a-t-il martelé. Le Fonds vert, destiné à soutenir la transition écologique dans les territoires, sera abondé de 200 millions d’euros.

Enfin, le Premier ministre a annoncé le maintien du dispositif MaPrimeRénov’, là encore à la demande du PS. « C’est un dispositif utile, efficace. Mais nous lutterons davantage contre les abus et les détournements encore trop nombreux », a-t-il averti.

Ce projet de budget permettrait de réduire le déficit à 5 % du PIB, et « peut-être moins » si la croissance reste « soutenue », a assuré le chef du gouvernement, qui n’a pourtant présenté aucune mesure d’économies significative.

Partager cet article

Dans la même thématique

Prime d’activité, allocation unique, fiscalité… Sébastien Lecornu présente les contours d’une nouvelle copie budgétaire
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le