Prise illégale d’intérêt: le parquet requiert le renvoi en correctionnelle du sénateur Jean-Noël Guérini
Le procureur de Marseille a rendu ses premières réquisitions dans un volet de la tentaculaire "affaire Guérini", demandant...

Prise illégale d’intérêt: le parquet requiert le renvoi en correctionnelle du sénateur Jean-Noël Guérini

Le procureur de Marseille a rendu ses premières réquisitions dans un volet de la tentaculaire "affaire Guérini", demandant...
Public Sénat

Par Estelle EMONET

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le procureur de Marseille a rendu ses premières réquisitions dans un volet de la tentaculaire "affaire Guérini", demandant notamment un procès du sénateur (ex-PS) et ex-patron des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini pour prise illégale d'intérêts dans ce dossier portant sur l'exploitation de décharges par son frère.

L'affaire avait été révélée en février 2009 sur dénonciation anonyme, donnant lieu deux mois plus tard à l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet de Marseille, notamment pour corruption et trafic d'influence, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs ou encore escroquerie en bande organisée.

Dix ans plus tard, le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ex-président du département des Bouches-du-Rhône (1998-2015) Jean-Noël Guérini pour "prise illégale d'intérêt", requérant un non-lieu pour le reste des poursuites à son encontre.

Le magistrat a aussi requis le renvoi devant les juges de son frère cadet Alexandre Guérini, notamment pour recel de prise illégale d'intérêt, abus de confiance et blanchiment, ainsi que de sa société SMA Environnement, et de onze autres personnes dans cette affaires à plusieurs volets.

Les demandes de poursuites à l'encontre de Jean-Noël Guerini, 68 ans, concernent la cession en juin 2006 d'un terrain situé à La Ciotat à la communauté d'agglomération de Garlaban-Huvaune-Sainte-Baume (GHB), "alors qu'il savait que cette cession allait profiter à son frère Alexandre Guérini, associé majoritaire de la SA SMA Environnement", écrit le procureur dans son réquisitoire.

Ce terrain avait été préempté par le conseil général en octobre 2004, officiellement pour y protéger une plante - la seule raison qui pouvait justifier une préemption par cette collectivité. Les enquêteurs relèvent en revanche très vite une première "incongruité marquant un détournement de procédure", avec le vote un mois plus tard d'une subvention en vue de travaux de réhabilitation de la décharge sur ce terrain.

- "J'ai travaillé toute ma vie honnêtement" -

La décision de préempter le terrain était "d'abord le fruit d'une véritable préoccupation environnementale", se défendra l'élu auprès des enquêteurs.

"Je le dis avec gravité, j'ai travaillé toute ma vie honnêtement, si j'avais mis la main dans le pot de confiture, je dirais monsieur le juge, vous avez raison, mais association de malfaiteurs, pourquoi cela?", ajoutera aussi l'élu lors d'une audition, évoquant un chef de mise en examen dont le procureur de Marseille demande aujourd'hui l'abandon.

"Je suis serein depuis le début de l'affaire", a réagi mercredi auprès de l'AFP l'avocat de Jean-Noël Guérini, Me Dominique Mattei, disant attendre l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction.

Concernant les réquisitions de recel à l'encontre d'Alexandre Guérini, 62 ans, les enquêteurs estiment que ce dernier avait "un intérêt manifeste à voir le terrain cédé au GHB et qu'il s'est employé pour que cela se réalise dès 2004", est-il écrit le document de 624 pages.

Le parquet reproche également au chef d'entreprise d'avoir en tant que gérant de SMA Environnement "détourné" le centre de stockage de déchets ultimes dédié aux seuls déchets gérés par la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, en "accueillant et enfouissant des déchets apportés sur ce site par et pour le compte d’entreprises privées et non de ces collectivités", moyennant facturation.

Jean-Noël Guérini avait été relaxé en décembre 2014 par le tribunal correctionnel de Marseille dans une affaire de détournement de fonds publics concernant le licenciement d'un de ses anciens collaborateurs. Comme son frère, il reste en revanche mis en examen dans un autre vaste dossier concernant l'attribution de marchés publics.

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le