Prisons : un nouveau projet d’accord soumis aux syndicats

Prisons : un nouveau projet d’accord soumis aux syndicats

Après 11 jours de blocage, un nouveau projet d’accord satisfait une partie des syndicats du personnel pénitentiaire. Toutefois, sur Public Sénat, un responsable du syndicat majoritaire l'Ufap-Unsa prévient : « On demandera l’avis des personnels. S’ils ne sont pas satisfaits, on efface tout et on recommence ».
Public Sénat

Par Simon Barbarit avec l'AFP

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Après le rejet d’un premier projet d’accord samedi dernier, la  ministre de la Justice a revu à la hausse les propositions faites aux organisations syndicales pour sortir du conflit dans les prisons.

Un deuxième projet d'accord en moins d'une semaine

« On constate des avancées: on est passé de 30 millions à 34 millions d'euros pour les indemnités, la création de 1.100 postes (pour 40 millions d'euros) et l'aménagement de 1.500 places pour les détenus radicalisés dans des quartiers spécifiques et totalement étanches »  déclare à l’AFP, Jean-François Forget, le secrétaire national de l'Ufap-Unsa, en sortant d'une réunion avec la ministre Nicole Belloubet. « Elle nous a précisé qu'au nom du Premier ministre et en son nom, le gouvernement ne pourra pas aller au-delà des propositions qui nous sont remises » ajoute le syndicaliste.

Invité de Public Sénat, Wilfried Fonck, secrétaire national de l'Ufap-Unsa reste mesuré sur l’issue conflit. « On va étudier de près ces propositions. Ensuite, la démocratie n’étant pas un vain mot au sein de l’organisation que je représente, on demandera l’avis des personnels. S’ils ne sont pas satisfaits, on ira voir la ministre en disant : on efface tout et on recommence ».

Prison: Wilfried Fonck (UNA -UFAP) reste mesuré sur l’issue conflit.
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Dans le détail, l'Ufap-Unsa précisé que « l'indemnité de charge pénitentiaire », une prime annuelle augmenterait de 400 euros (pour passer à 1.400) et indiqué qu'une nouvelle prime de « fidélisation et attractivité pour les jeunes » serait créée.

Sur le plan sécuritaire, la chancellerie propose de doter l'ensemble des surveillants de gilets pare-balles et de systématiser le port de menottes pour les déplacements à l'intérieur de la prison des détenus dangereux.

FO demande un statut aligné sur celui de la police

Mais le front syndical reste divisé après 11 jours de conflit et les élections professionnelles prévues à la fin de l’année ne font rien pour arranger les choses. FO-Pénitentiaire, à l’origine de l’action « dépôts des clés » lancée en début de semaine, demande toujours une évolution du statut de surveillant de prison. « L’indemnitaire c’est bien. Mais ce n’est pas ça qui va rendre le métier attractif (…) On nous l’a promis il y a 10 ans la catégorie B comme la police. Alors aujourd’hui, il faut nous la donner » estime Emmanuel Baudin, secrétaire général FO Pénitentiaire.

Belloubet affaiblie

Sur un plan politique, Nicole Belloubet  en sort affaiblie. Mercredi, CGT-Pénitentiaire  a estimé qu’elle n’était « plus crédible sur ce dossier ». Aujourd’hui, la présidente du FN demande sa démission. « Son incapacité totale à appréhender la réalité (...) de la pénitentiaire devrait la pousser à quitter son poste » a déclaré Marine Le Pen à l’AFP.  Présentée par ses détracteurs, comme trop technicienne et pas assez politique, Nicole Belloubet paye surtout un manque de réactivité en ne se rendant pas immédiatement à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), où un détenu jihadiste a blessé plusieurs surveillants le 11 janvier. La garde des Sceaux a également attendu une semaine de conflit avant de s'asseoir elle-même à la table des négociations, « les mains vides », selon Ufap-Unsa Justice.

À droite comme à gauche, cette séquence mal préparée par l’exécutif est une aubaine. Lors du séminaire gouvernemental du 3 janvier, le plan pour les prisons n'était pas évoqué. Sur Public Sénat, ce jeudi, Guillaume Larrivé, député LR, membre de la commission des lois, plaide pour « un plan d’urgence pénitentiaire ». La sénatrice communiste, Laurence Cohen qui s’est rendue jeudi 11 janvier dans la prison de Fresnes demande aussi « un plan d’urgence » car, selon elle, les surveillants ne sont « pas en capacité d’assurer la sécurité dans les prisons »

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