La hausse du prix de l’essence est redoutée dans les stations-services
Crédit : SIPA

Prix des carburants : certains distributeurs français s’engagent sur une baisse des prix à la pompe à l’issue d’une réunion à Bercy

Le ministère de l’Economie a rassemblé, ce jeudi 12 mars, les acteurs du secteur des carburants pour échanger autour de la remontée des cours de pétrole sur fond de guerre au Moyen-Orient. Aucune décision collective n’est sortie de cette réunion, mais certains distributeurs comme Super U et Leclerc ont promis une baisse de 30 centimes par litre de carburant à la pompe. Le géant TotalEnergies va lui plafonner ses prix.
Guillaume Cros

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« On a évoqué différents dossiers, différentes possibilités, mais en sortie de réunion, aucune décision n’a été prise sur un encadrement quel qu’il soit du prix », a résumé l’un des représentants des distributeurs de carburants. Dans la matinée du jeudi 12 mars, les ministres de l’Economie et du Commerce, Roland Lescure et Serge Papin, ainsi que la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, ont organisé une réunion pour évoquer le risque de la flambée des prix à la pompe.

Depuis les bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz, par lequel transitent plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux. Dès lors, le prix du baril n’a cessé d’augmenter, dépassant aujourd’hui le seuil des 100 dollars.

L’inquiétude monte chez les particuliers et professionnels français, ce qui a poussé en partie Emmanuel Macron à confirmer hier le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques. Désormais, c’est le gouvernement qui prend les devants en évoquant la possibilité de procéder à un « plafonnement des marges » ou d’avoir recours à des mécanismes permettant de « lisser les hausses et les baisses » des prix des carburants.

Leclerc et Super U baissent leurs prix

« Ce que je souhaite, c’est qu’on puisse ensemble faire en sorte que l’impact de ce conflit intense soit aussi limité que possible (…) pour nos concitoyennes et nos concitoyens », a déclaré Roland Lescure en préambule de la réunion. « C’est le rôle des ministres de nous engager à modérer nos marges qui sont déjà faibles, donc c’est ce qu’on va continuer à faire », conçoit l’un des acteurs du domaine.  

En amont de la réunion, TotalEnergies avait annoncé le maintien de son plafonnement du prix de l’essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-services, mais relevé ce plafond à 2,09 euros pour le gazole. Le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, a lui assuré que « les prix des carburants (allaient) baisser nettement à la pompe dans les prochains jours ». Idem pour le directeur de Leclerc, Michel-Edouard, qui avait anticipé « à peu près 30 centimes de baisse par litre » de carburant à la pompe d’ici à vendredi.

« Nous n’avons plus d’argent ! »

Cette réunion n’a pas abouti sur une décision collective fixant un éventuel encadrement des prix. Compréhensible selon l’un des distributeurs, à la sortie de la réunion : il serait « parfaitement inéquitable » d’appliquer un même niveau de blocage pour tous les distributeurs, la marge « ne pouvant pas être la même entre les stations de la grande distribution et les stations du réseau secondaire qui font dix fois moins de volume ».

Invité dans l’émission Bonjour chez vous ce jeudi 12 mars, l’ancien Premier ministre Michel Barnier a approuvé l’hypothèse de plafonner les prix afin d’« assurer une certaine stabilité des marchés ». Interrogé sur la proposition du Rassemblement national et de La France insoumise d’agir sur la fiscalité, Michel Barnier prévient : « Nous n’avons plus d’argent ! Ce n’est pas populaire de le dire, mais on ne peut pas continuer à tirer des chèques en blanc ».

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