Prix du carburant : « Il faudra évidemment continuer à élargir un certain nombre d’aides en fonction de la durée de la crise »

Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel explique que la mise en place de nouvelles aides reste suspendue à la situation au Moyen-Orient. Par ailleurs, le ministre reste évasif sur les économies prévues pour financer le coût de la guerre.
Henri Clavier

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Après avoir déclaré vouloir « changer d’échelle » concernant les aides pour faire face à la crise au Moyen-Orient, le Premier ministre ajuste encore sa réponse. « Tout est suspendu à ce qu’il se passe dans le golfe Persique », confirme le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. Alors qu’il a annoncé des aides ciblées au compte-goutte, le gouvernement soutient encore le principe des « aides ciblées » et envisage de les élargir. 

« Tous les scénarios possibles » 

« On ne sait pas ce qu’il se passera demain sur le front militaire, il faut qu’on puisse préparer notre économie à tous les scénarios possibles », souligne David Amiel qui évoque « des aides agricoles débloquées par voie réglementaire ». En effet, comme les secteurs du bâtiment, de la pêche ou du transport routier, les agriculteurs subissent directement les effets du blocage du détroit d’Ormuz puisqu’un tiers des engrais au niveau mondial y transitent. « Il faudra évidemment continuer à élargir un certain nombre d’aides en fonction de la durée de la crise », continue le ministre.

L’ensemble de ces aides ainsi que l’impact sur la croissance de la guerre au Moyen-Orient et de la flambée des prix du pétrole présente un coût estimé, par le gouvernement, à 6 milliards d’euros. Sébastien Lecornu avait alors assuré que ce coût serait entièrement financé par des économies sur le budget de l’Etat et de la Sécurité sociale. Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore précisé où seraient réalisées les économies. Le 27 avril dernier, le ministre des Comptes publics avait promis de livrer sous quinze jours le détail des économies aux parlementaires. « Les arbitrages sont en cours, dans les prochains jours nous pourrons rendre public le détail de ces ajustements », temporise aujourd’hui David Amiel. 

Pas de budget rectificatif 

Alors que ce détail devrait susciter des remous au Parlement, le gouvernement écarte l’idée d’une loi de finances rectificative. « A ce stade il n’est pas nécessaire d’avoir un budget rectificatif, nous disposons dans le cadre du budget qui a été voté, de marges de manœuvre », explique David Amiel rappelant que la loi organique sur les lois de finances accorde une certaine latitude au gouvernement pour réorganiser la répartition des crédits par décret.

Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI) avait pourtant réclamé un texte rectificatif afin de pouvoir agir sur les recettes. Ce dernier y voyait un moyen d’inclure une taxe sur les grandes entreprises réalisant des profits exceptionnels. Alors que la publication des résultats records de Total, la semaine dernière, a relancé le débat sur la taxation des superprofits, le gouvernement reste prudent. « Quand il y a des profits exceptionnels liés à un contexte exceptionnel, il faut qu’il y ait une contribution exceptionnelle », juge David Amiel. Pour l’heure, Total pratique un plafonnement des prix à la pompe en France, une contribution dont le gouvernement pourrait se satisfaire.

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