FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
Marine LE PEN. Seance de Questions au Gouvernement, Assemblee Nationale, Paris, France, le 12 Novembre 2024. Weekly session of Questions to the French Government by MP's, Assemblee Nationale, Paris, France, on November 12, 2024.//04NICOLASMESSYASZ_2024_11_12d_431a/Credit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA/2411122114

Procès du RN : pourquoi l’avenir politique de Marine Le Pen pourrait être menacé d’une peine d’inéligibilité

À l’heure des réquisitions dans cette affaire de détournement de fonds publics, Marine Le Pen risque jusqu’à dix ans de prison et un million d’euros d’amende. Elle pourrait aussi se voir priver de candidature à la prochaine présidentielle, en raison de la loi Sapin II votée sous François Hollande, et mal prise en compte par la défense, qui impose des peines obligatoires d’inéligibilité pendant cinq ans en cas de condamnation.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Marine Le Pen sera fixée ce mercredi 13 novembre sur ce qu’elle risque en cas de condamnation judiciaire dans l’affaire des assistants parlementaires de l’ex-FN. Les réquisitions devraient occuper la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris toute la journée, près d’un mois et demi après l’ouverture de ce procès.

La fille de Jean-Marie Le Pen se voit reprocher, en tant qu’ancienne eurodéputée et ancienne présidente du Front national (devenu le Rassemblement national en 2018), d’avoir participé à la mise en place d’un système destiné à assurer la rémunération de certains collaborateurs du parti par le Parlement européen. De son côté, l’institution réclame 3,7 millions d’euros au titre des dommages et intérêts.

Dans cette affaire, plus d’une vingtaine de prévenus risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, un million d’euros et une peine d’inéligibilité qui plane désormais comme une épée de Damoclès sur les ambitions présidentielles de Marine Le Pen.

La loi du 9 décembre 2016 « pour la confiance dans la vie politique », dite Sapin II

En effet, le calendrier retenu par les procureurs, qui se sont notamment appuyés sur la durée des contrats d’assistants parlementaires des personnes incriminées, fait courir la période des faits reprochés à Marine Le Pen jusqu’au 31 décembre 2016.

De ce fait, à seulement vingt jours près, la députée du Pas-de-Calais tombe sous le coup de la loi du 9 septembre 2016 « pour la confiance dans la vie politique », dite Sapin II, entrée en vigueur le 11 décembre 2016, et qui prévoit des peines d’inéligibilité obligatoires pour cinq ans en cas de condamnation.

Voies de recours

Selon le journal Le Monde, la défense de la triple candidate à la présidentielle aurait seulement pris conscience de cette menace mercredi. À la barre, Marine Le Pen a dénoncé « les conséquences extrêmement graves » qu’aurait une peine d’inéligibilité sur sa carrière politique et le Rassemblement national. « Cela aurait pour effet de me priver d’être candidate à la présidentielle, voilà », a-t-elle expliqué, faisant notamment valoir les « 11 millions de personnes qui ont voté pour le mouvement [qu’elle] représente ».

En cas de condamnation pour détournement de fonds publics, le tribunal pourrait néanmoins épargner l’inégibilité à Marine Le Pen « par une décision spécialement motivée », précise la loi. De son côté, la cheffe de file des députés RN a également la possibilité de faire appel d’une éventuelle condamnation, ce qui suspendrait automatiquement la peine. Un pourvoi en cassation serait également suspensif.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Assemblee nationale questions au gouvernement
4min

Politique

Après avoir fracturé le camp présidentiel, le projet de loi d’urgence agricole revient au Sénat : le sort de Monique Barbut en suspens

Après un vote tumultueux à l’Assemblée nationale, qui a vu les soutiens du gouvernement se fracturer autour de la question des pesticides, le projet de loi d’urgence agricole est soumis à un dernier vote du Sénat ce mardi. Son adoption définitive pourrait pousser la ministre de la Transition écologique vers la sortie.

Le

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le