Condamnée en première instance à 4 ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, Marine Le Pen va tenter d’obtenir une atténuation de sa peine lors d’un second procès qui démarre mardi. La cour d’appel de Paris juge le Rassemblement national (ex-FN), son ancienne présidente, Marine Le Pen, et onze personnes pour avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen. Les fonds détournés s’élèvent à plus de 4,4 millions d’euros entre le 1er juillet 2004 et le 15 février 2016. Marine Le Pen est accusée d’avoir prolongé un système mis en place par son père, Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, décédé l’année dernière.
Actuellement empêchée de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, Marine Le Pen espère une relaxe, voire une réduction de la durée de sa peine d’inéligibilité ou encore que cette peine ne soit pas assortie d’une exécution provisoire.
Le procès en appel va durer un mois et la décision est attendue avant l’été. En cas de seconde condamnation, il lui resterait l’ultime recours d’un pourvoi devant la Cour de cassation. Toutefois, début novembre, Marine Le Pen a affirmé qu’elle ne se présenterait « évidemment pas » en cas de nouvelle condamnation. Même si la plus haute juridiction, qui se prononce uniquement sur le respect du droit et non le fond des dossiers, a indiqué « dans la mesure du possible pouvoir juger l’affaire assez vite », la députée n’attendra pas la décision, laissant la voie libre à une candidature du président du RN, Jordan Bardella.