Procès en illégitimité : « Certains ont perdu la boussole de la responsabilité, Gérard Larcher le premier », dénonce Julien Denormandie
Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie s’est agacé des propos tenus par Gérard Larcher contre Emmanuel Macron. Auprès du Figaro, le président du Sénat a estimé que l’absence de débat démocratique pourrait remettre en cause la légitimité du président en cas de réélection.

Procès en illégitimité : « Certains ont perdu la boussole de la responsabilité, Gérard Larcher le premier », dénonce Julien Denormandie

Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie s’est agacé des propos tenus par Gérard Larcher contre Emmanuel Macron. Auprès du Figaro, le président du Sénat a estimé que l’absence de débat démocratique pourrait remettre en cause la légitimité du président en cas de réélection.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La majorité doit faire face depuis plusieurs jours au procès en illégitimité que lui intentent les oppositions, alors qu’Emmanuel Macron, candidat à sa propre succession, refuse de débattre avec ses concurrents avant le premier tour. Déclaré très tardivement, le président candidat, accaparé par la guerre en Ukraine, n’a accordé que peu de moments à sa campagne de réélection pour l’instant, hormis un déplacement à Poissy le 7 mars, une émission politique sur TF1 lundi dernier, et une conférence de presse fleuve jeudi, lors de laquelle il a présenté son programme. Une situation qui agace particulièrement le reste de la classe politique. « La question de la légitimité du gagnant se posera », a cru bon d’avertir Gérard Larcher, le président du Sénat, dans un entretien au Figaro. Une phrase qui ne passe pas dans le camp macroniste.

« Certains ont perdu la boussole de la responsabilité, Gérard Larcher le premier ! », a ainsi dénoncé vendredi matin le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, qui était invité de « Bonjour chez Vous » sur Public Sénat. « Quand vous voyez les propos qu’il a tenus sur cette soi-disant petite musique d’illégitimité du candidat élu dans le cadre de cette élection, c’est totalement irresponsable ! Il n’y avait pas de campagne hier ? il y a eu plus de 4 heures de discussions avec des journalistes. C’est ne pas avoir de campagne cela ? C’est ridicule, c’est absolument irresponsable », a répété le ministre.

« Il faut aussi avoir en tête que le candidat est président de la République »

« On ne peut pas avoir le deuxième personnage de l’Etat (d’un point de vue protocolaire, le Premier ministre est le deuxième personnage de l’Etat, le président du Sénat, le troisième, ndlr), garant de notre démocratie, qui sous-entendrait que ces élections ne seraient pas légitimes », s’agace Julien Denormandie. « Qu’en est-il alors des élections sénatoriales ? Les sénateurs sont élus sur la base d’un collège, les maires, pour lesquels le taux d’abstention a été absolument record. Y a-t-il un procès en légitimité ? À l’évidence non », pointe notre invité. « Quand vous êtes un démocrate, un républicain, vous vous battez pour qu’il n’y ait pas d’abstention, pour faire campagne, mais vous ne vous battez pas pour insinuer une quelconque illégitimité. »

« Les projets politiques doivent être mis à la confrontation des Français, mais il faut aussi avoir en tête que le candidat est président de la République », poursuit Julien Denormandie. « Il est candidat quand il le peut, mais avec cette mission incroyablement importante de nous protéger en ce moment face aux conséquences de la guerre en Ukraine. » Interrogé lors de sa conférence de presse sur les propos de Gérard Larcher, Emmanuel Macron a d’abord semblé vouloir botter en touche : « Je n’ai pas pour habitude de commenter ce qui est dit par ailleurs ». Avant de lâcher : « Un président du Sénat ne devrait pas dire ça. »

Partager cet article

Dans la même thématique

ELYSEE PRESSE 1© La Famiglia
3min

Politique

« Cap sur l’Élysée » : Public Sénat lance sa série documentaire sur la présidentielle, à voir en avant-première

Public Sénat propose, en ligne dès ce 24 octobre, le premier épisode de « Cap sur l’Élysée », série documentaire inédite qui suivra la campagne présidentielle jusqu’au scrutin. Le premier épisode est disponible en intégralité sur publicsenat.fr, une semaine avant sa diffusion télévisée, le samedi 31 octobre à 21h sur le canal 8 de la TNT.

Le

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le