Profil des émeutiers : « Aurélien Pradié est un apôtre du déni », tacle Bruno Retailleau

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le président du groupe LR, Bruno Retailleau est revenu sur ses propos qui lui ont valu des critiques y compris à l’intérieur de son camp. « Êtres Français, ça n’a rien à voir avec la couleur de peau ou la religion. C’est le dépassement des communautés d’origine dans une seule communauté nationale », précise-t-il.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est une polémique à longue traîne qui a accompagné les propos de Bruno Retailleau tenus la semaine dernière sur franceinfo. Interrogé sur le profil des émeutiers, majoritairement Français, comme l’a indiqué le ministre de l’Intérieur, le président du groupe LR avait jugé que « pour la deuxième, la troisième génération », il y avait « comme une sorte de régression vers les origines ethniques ».

Dans une interview au journal le Monde, l’ancien numéro 2 du parti, Aurélien Pradié a déclaré « ne pas accepter » ces propos. « Le goût du politiquement incorrect, l’apparente intellectualisation des maux de la société ne peuvent pas justifier de dévoyer nos valeurs fondamentales », a-t-il déploré.

Selon le Canard Enchaîné, le patron des Républicains, Éric Ciotti aurait également peu goûté les déclarations de son collègue sénateur. « C’est fou de parler comme ça. Retailleau a voulu dire que les émeutiers étaient des types qui remontent aux arbres. Même au RN, on n’a jamais osé le dire », peut-on lire dans « la Mare au Canards.

« Personne ne me fera taire, car aujourd’hui, la situation est grave »

Au micro de Public Sénat, à la sortie des questions d’actualité, Bruno Retailleau a tenu à répondre à Aurélien Pradié avec qui il est en froid, notamment depuis la réforme des retraites. « Qu’est-ce que le Gaullisme ? Qu’est-ce que le modèle républicain français ? C’est le dépassement des communautés d’origine, du communautarisme, dans une seule communauté nationale. Êtres Français, ça n’a rien à voir avec la couleur de peau, ça n’a rien à voir avec la religion. Il y a des apôtres du déni et certains sont à droite, lui notamment et pas pour la première fois […] Personne ne me fera taire, car aujourd’hui, la situation est grave ».

Sur RTL, hier, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il se « fichait » que ses propos soient proches des idées du RN. De quoi lui valoir des critiques y compris au sein de la majorité sénatoriale. « J’ai simplement dit que les idées qui m’animaient, c’était les nôtres (celles de LR). Les propositions sur l’immigration que nous avons faites, nous les avons travaillées depuis des années au Sénat […] Nos propositions sont plébiscitées par plus de 70 % des Français. Alors si vous voulez laisser à Marine Le Pen, le monopole de toutes ces idées, on va lui dérouler le tapis rouge jusqu’à la présidentielle […] Nous voulons simplement juguler les flux migratoires, sinon, nous ne parviendrons plus à intégrer ni à assimiler », estime-t-il.

« Pap Ndiaye n’est pas dans son rôle »

Bruno Retailleau est également revenu sur les déclarations du ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye qui a qualifié ce week-end, Cnews et Europe 1 « de médias d’extrême droite. »

« Il n’est pas dans son rôle […] Plus le politique se mélange avec des considérations de ce type sur les médias et plus il abîme la liberté de la presse. D’ailleurs, a-t-il été soutenu par le gouvernement ? Non. C’est le grand silence désapprobateur. J’imagine que s’il y avait eu des médias inspirés d’une ligne franchement de gauche. Il n’aurait rien dit. Ça lui aurait plu », a-t-il comparé.

 

 

 

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le