Profil des émeutiers : « Aurélien Pradié est un apôtre du déni », tacle Bruno Retailleau

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le président du groupe LR, Bruno Retailleau est revenu sur ses propos qui lui ont valu des critiques y compris à l’intérieur de son camp. « Êtres Français, ça n’a rien à voir avec la couleur de peau ou la religion. C’est le dépassement des communautés d’origine dans une seule communauté nationale », précise-t-il.
Simon Barbarit

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C’est une polémique à longue traîne qui a accompagné les propos de Bruno Retailleau tenus la semaine dernière sur franceinfo. Interrogé sur le profil des émeutiers, majoritairement Français, comme l’a indiqué le ministre de l’Intérieur, le président du groupe LR avait jugé que « pour la deuxième, la troisième génération », il y avait « comme une sorte de régression vers les origines ethniques ».

Dans une interview au journal le Monde, l’ancien numéro 2 du parti, Aurélien Pradié a déclaré « ne pas accepter » ces propos. « Le goût du politiquement incorrect, l’apparente intellectualisation des maux de la société ne peuvent pas justifier de dévoyer nos valeurs fondamentales », a-t-il déploré.

Selon le Canard Enchaîné, le patron des Républicains, Éric Ciotti aurait également peu goûté les déclarations de son collègue sénateur. « C’est fou de parler comme ça. Retailleau a voulu dire que les émeutiers étaient des types qui remontent aux arbres. Même au RN, on n’a jamais osé le dire », peut-on lire dans « la Mare au Canards.

« Personne ne me fera taire, car aujourd’hui, la situation est grave »

Au micro de Public Sénat, à la sortie des questions d’actualité, Bruno Retailleau a tenu à répondre à Aurélien Pradié avec qui il est en froid, notamment depuis la réforme des retraites. « Qu’est-ce que le Gaullisme ? Qu’est-ce que le modèle républicain français ? C’est le dépassement des communautés d’origine, du communautarisme, dans une seule communauté nationale. Êtres Français, ça n’a rien à voir avec la couleur de peau, ça n’a rien à voir avec la religion. Il y a des apôtres du déni et certains sont à droite, lui notamment et pas pour la première fois […] Personne ne me fera taire, car aujourd’hui, la situation est grave ».

Sur RTL, hier, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il se « fichait » que ses propos soient proches des idées du RN. De quoi lui valoir des critiques y compris au sein de la majorité sénatoriale. « J’ai simplement dit que les idées qui m’animaient, c’était les nôtres (celles de LR). Les propositions sur l’immigration que nous avons faites, nous les avons travaillées depuis des années au Sénat […] Nos propositions sont plébiscitées par plus de 70 % des Français. Alors si vous voulez laisser à Marine Le Pen, le monopole de toutes ces idées, on va lui dérouler le tapis rouge jusqu’à la présidentielle […] Nous voulons simplement juguler les flux migratoires, sinon, nous ne parviendrons plus à intégrer ni à assimiler », estime-t-il.

« Pap Ndiaye n’est pas dans son rôle »

Bruno Retailleau est également revenu sur les déclarations du ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye qui a qualifié ce week-end, Cnews et Europe 1 « de médias d’extrême droite. »

« Il n’est pas dans son rôle […] Plus le politique se mélange avec des considérations de ce type sur les médias et plus il abîme la liberté de la presse. D’ailleurs, a-t-il été soutenu par le gouvernement ? Non. C’est le grand silence désapprobateur. J’imagine que s’il y avait eu des médias inspirés d’une ligne franchement de gauche. Il n’aurait rien dit. Ça lui aurait plu », a-t-il comparé.

 

 

 

 

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