Programmation énergétique : le Sénat acte la relance du nucléaire

Le Sénat a adopté en deuxième lecture l’article de proposition de loi de programmation énergétique entérinant la relance du nucléaire. L’objectif de construction de six puis huit EPR2 est ainsi inscrit dans la version adoptée par le Sénat, tout comme la composition « majoritairement » nucléaire du mix électrique français à horizon 2050.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Fait assez rare pour être souligné, c’est la deuxième fois que la proposition de loi de programmation pluriannuelle de l’énergie est examinée par le Sénat, alors que la procédure accélérée est habituellement privilégiée par le gouvernement. Ce qui devient moins rare, en revanche, c’est que le socle commun – rongé sur ses deux flancs par la gauche et par le RN – rejette son propre texte à l’Assemblée nationale pour s’en remettre à la chambre haute. Dans le cas de la proposition de loi sur l’A69 ou bien la loi « Duplomb », c’est la composition de la commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) qui a permis au socle commun de trouver une majorité grâce à l’apport de la majorité sénatoriale en esquivant des débats qui s’annonçaient difficiles à l’Assemblée nationale.

En l’occurrence, face à un texte profondément remanié par les députés RN et LR, qui ont notamment introduit un moratoire sur les énergies renouvelables, le socle commun a rejeté son propre texte pour que la copie revienne au Sénat en deuxième lecture (voir notre article). En séance, le souci des rapporteurs du Sénat – Alain Cadec (LR) et Patrick Chauvet (UC) – a été de maintenir la version du texte « telle que négociée avec l’Assemblée nationale », notamment sur la relance du nucléaire (article 3) et le renforcement des énergies renouvelables (article 5).

« L’enjeu aujourd’hui réside davantage dans notre capacité à obtenir la relance du nucléaire »

Malgré cela, des sénateurs de la majorité sénatoriale comme de la gauche, ont à plusieurs reprises tenté de réintroduire des amendements adoptés en première lecture, faisant du retraitement des déchets le « principal mode de gestion » des déchets nucléaires ou bien favorisant l’investissement public dans la recherche et le développement dans la filière nucléaire. Si sur le fond certaines mesures ne faisaient pas débat, la présidente de la commission des Affaires économiques, la sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone, a été obligée de rappeler ses collègues à l’ordre : « Je ne conteste pas que les amendements ont un réel intérêt. Mais depuis le vote du Sénat en octobre dernier, il y a eu les débats à l’Assemblée nationale et nous avons décidé en commission de nous donner le maximum de chances d’aboutir à un vote conforme sur les deux articles majeurs du texte. »

Elle a été rejointe par l’auteur de la proposition de loi, le sénateur LR Daniel Gremillet, qui a tenté de montrer l’exemple : « L’enjeu aujourd’hui réside davantage dans notre capacité à obtenir la relance du nucléaire que sur tel ou tel amendement. […] Je me fais violence pour ne pas trop intervenir. » Après des débats relativement courts, le Sénat a effectivement voté l’article 3 du texte qui acte la relance du nucléaire dans la programmation énergétique de la France, en fixant un minimum de 27 GW de nouvelles capacités nucléaires installées d’ici 2050, soit les fameux six puis huit EPR2. Contre l’avis de la gauche – même pro nucléaire – la rédaction adoptée par la majorité sénatoriale fixe aussi un quota minimum de 60 % de nucléaire dans le mix électrique à horizon 2030 et un mix majoritairement nucléaire à horizon 2050.

Partager cet article

Dans la même thématique

Programmation énergétique : le Sénat acte la relance du nucléaire
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le