Projet d’attaque contre Macron en 2018: deux nouvelles mises en examen
Un an après l'arrestation de quatre personnes soupçonnées d'avoir évoqué un projet d'attaque contre Emmanuel Macron, deux...

Projet d’attaque contre Macron en 2018: deux nouvelles mises en examen

Un an après l'arrestation de quatre personnes soupçonnées d'avoir évoqué un projet d'attaque contre Emmanuel Macron, deux...
Public Sénat

Par Valentin BONTEMPS, Benjamin LEGENDRE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Un an après l'arrestation de quatre personnes soupçonnées d'avoir évoqué un projet d'attaque contre Emmanuel Macron, deux nouveaux suspects ont été mis en examen vendredi et écroués par la justice antiterroriste, chargée de l'enquête sur ce groupe hétérogène proche de l'extrême droite identitaire.

Ces deux hommes, de 30 et 45 ans, avaient été interpellés mardi en Moselle à la demande des magistrats instructeurs, a indiqué à l'AFP une source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

Ils ont été mis en examen vendredi après-midi pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et placés en détention provisoire, selon cette source.

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir "pris part à des réunions au cours desquelles étaient évoquées des projets d'action violente, notamment contre le président de la République".

Leur implication est apparue dans le cadre des investigations menées depuis un an sur l'un des protagonistes de l'affaire, au domicile duquel plusieurs suspects avaient été arrêté le 6 novembre 2018.

Ce jour-là, six sympathisants de l'extrême droite radicale, qui s'étaient pour la plupart connus via une page Facebook identitaire baptisée "Les Barjols", avaient été interpellés. Au bout du compte, quatre d'entre eux avaient été mis en examen et deux sont toujours en détention provisoire.

Les enquêteurs s'étaient décidés à intervenir après avoir eu vent du déplacement de Jean-Pierre Bouyer, un retraité isérois et principal suspect, chez l'un des protagonistes en Moselle. Le chef de l'Etat était alors présent dans la région dans le cadre de son périple mémoriel sur le centenaire de la fin de la Grande Guerre.

"Il semble que le président de la République était pour eux une cible potentielle, même si le projet n'était pas abouti", avait déclaré en 2018 le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez.

- Action à fort retentissement -

Au coeur de l'enquête, M. Bouyer, 63 ans, administrait la page des "Barjols" dans l'Isère, vecteur de ses appels enflammés aux accents de sédition, notamment contre l'immigration.

Dans une conversation interceptée par les policiers, ce retraité avait assuré vouloir s'en prendre au chef de l'Etat avec un couteau en céramique, non détectable aux contrôles de sécurité. Il avait évoqué une action à fort retentissement, susceptible de le contraindre à disparaître plusieurs mois ou de le mener à la mort.

Entendu par les enquêteurs, M. Bouyer a admis avoir évoqué ce projet. Le retraité, qui s'estime davantage populiste que d'extrême droite, s'est défendu en évoquant des paroles sans aucun début d'exécution.

Imprégné de survivalisme, il a également reconnu des projets de kidnapping pour se procurer de l'argent et des armes avec l'aide des trois autres suspects.

Ces derniers, dont les versions divergent, ont contesté avoir participé à un projet d'action violente contre le président.

Contacté fin 2018 par l'AFP, le président-fondateur du groupe des "Barjols", Denis Collinet, avait raconté avoir témoigné spontanément auprès de la police pour réfuter le caractère "violent" du mouvement et son appartenance à l'ultradroite.

"On n'est pas des terroristes (...) Nous sommes un groupe surtout apolitique de personnes, la plupart d'un certain âge qui ont vécu la vie. C'est sûr qu'il y a de la haine, mais pas au point de passer à la violence", avait-il assuré.

Denis Collinet et Jean-Pierre Bouyer avaient fréquenté un temps un autre groupe, les FFU (forces françaises unifiées), fermé en 2017. Ils devaient se rejoindre le 17 novembre, jour de l'appel au blocage des routes contre la hausse des carburants, acte I du mouvement des "Gilets jaunes".

Depuis 2017, les services de lutte antiterroriste ont mené plusieurs opérations dans la mouvance de l'ultradroite, dont la résurgence est prise au sérieux par les autorités. Dans une note de 2018, la DGSI avait toutefois estimé que ses capacités d'action sont jugées "limitées".

Partager cet article

Dans la même thématique

Projet d’attaque contre Macron en 2018: deux nouvelles mises en examen
3min

Politique

Natalité : « Il y a six ans, j’ai pu bénéficier d’une stérilisation volontaire » raconte Laura qui a assume ne pas vouloir d’enfants

Bien que la France soit le pays le pays le plus fécond de l’Union européenne, l’année 2025 s’est terminée pour la première fois avec un solde naturel négatif, au point que le Président du Sénat, Gérard Larcher, parle d’un « hiver démographique ». Si les questions de pouvoir d’achat et les difficultés de logement expliquent en partie la baisse de naissance, certaines femmes assument ne pas vouloir d’enfant, comme Laura qui témoigne dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.

Le

Projet d’attaque contre Macron en 2018: deux nouvelles mises en examen
3min

Politique

Intervention en Iran en dehors du droit international : « On l’a fait pour le Kosovo » défend Mona Jafarian

Depuis la Révolution Islamique en Iran, la fin du régime théocratique n’a jamais été aussi proche, espère cette militante des droits humains. Un combat pour la liberté, que Mona Jafarian mène sans relâche depuis des années. Si certains dénoncent une intervention au mépris du droit international, elle défend la nécessité de venir en aide à une population opprimée par le régime. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur l’intervention israélo-américaine et l’avenir incertain de son pays.

Le

Capture ICIEU
4min

Politique

L'IVG doit être un « droit » reconnu par l'Union européenne pour cette eurodéputée finlandaise

L’Union européenne apparaît comme un rempart des droits des femmes, mais si on y regarde à la loupe, elle connait aussi une forme de régression. Ainsi, le droit à l’avortement est en recul dans plusieurs pays tels que l’Italie, la Hongrie, et surtout la Pologne, où il est quasiment interdit, tout comme à Malte. Malgré une initiative populaire reprise par la Commission européenne pour donner un accès à l’IVG pour toutes les européennes, la bataille idéologique bat son plein. "Ici l'Europe" ouvre le débat, avec les eurodéputés Anna Cavazzini (Allemagne, les Verts), Sirpa Pietikäinen (Finlande, PPE) et Marc Angel (Luxembourg, S&D).

Le