Projet de budget 2019: ce que vote l’Assemblée
Augmentation du déficit, baisses d'impôts, retouches des députés... Voici les points clés du projet de budget de l'Etat pour 2019...

Projet de budget 2019: ce que vote l’Assemblée

Augmentation du déficit, baisses d'impôts, retouches des députés... Voici les points clés du projet de budget de l'Etat pour 2019...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Augmentation du déficit, baisses d'impôts, retouches des députés... Voici les points clés du projet de budget de l'Etat pour 2019, dont la partie recettes est soumise mardi au vote de l'Assemblée nationale.

Croissance et déficit

Selon les prévisions du gouvernement, le déficit public devrait se rapprocher de la limite européenne des 3% l'an prochain, atteignant 2,8% contre 2,6% prévus cette année. Ce chiffre devrait lui permettre de rester dans les clous par rapport aux engagements européens. Une hausse due principalement à la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de cotisations sociales patronales pérennes. Sans cette mesure, le déficit public s'établirait à 1,9% l'an prochain.

La croissance devrait s'établir à 1,7% en 2019 et rester stable par rapport au 1,7% attendu également cette année. Le gouvernement qualifie cette croissance de "solide" et rappelle la moyenne des dix dernières années de 0,9%, en tenant compte de 2017, année où elle avait fait mieux que prévu en atteignant 2,2%.

Fiscalité

Les taxes, impôts et cotisations sociales diminueront au total de 24,8 milliards d'euros, dont selon le gouvernement 6 milliards pour les ménages et 18,8 milliards pour les entreprises.

Aux ménages, le dégrèvement de la taxe d'habitation pour 80% d'entre eux rapportera 3,8 milliards, la suppression des cotisations maladie et chômage pour les salariés 4,1 milliards, les exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires 600 millions et l'exonération de hausse de la CSG pour 300.000 retraités 350 millions.

A l'inverse, la hausse des taxes sur le diesel coûtera 1,9 milliard aux ménages et celle du tabac 400 millions. Les oppositions dénoncent des chiffres tronqués et un pouvoir d'achat "en berne".

Pour les entreprises, c'est avant tout la transformation du crédit d'impôt CICE en baisse de charges qui allège leur facture, pour 20,4 milliards.

La baisse de l'impôt sur les sociétés (IS), dont le taux va passer de 33,3% à 31% l'an prochain, devrait renflouer les caisses des entreprises de 2,4 milliards. L'IS doit descendre progressivement à 25% d'ici à la fin du quinquennat.

Enfin, la suppression du "forfait social" de 20% sur l'intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés leur rapportera 500 millions d'euros en 2019.

Elles devront en revanche supporter une hausse du gazole non routier pour environ un milliard d'euros, intégrer une hausse de la fiscalité énergétique, également pour un milliard et contribuer au Plan d'investissement sur les compétences pour 1,3 milliard.

Enfin, le renforcement du 5e acompte de l'impôt sur les sociétés devrait leur coûter 1,5 milliard.

Ajouts de l'Assemblée

En vue du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, à compter de janvier prochain, l'Assemblée a voté la communication aux contribuables des calculs du taux appliqués.

Alors que des députés LREM poussaient pour la création d'une "assurance contre le veuvage", un amendement du gouvernement a été adopté pour maintenir l'exonération de taxe d'habitation et le dégrèvement de la redevance audiovisuelle en faveur de 550.000 personnes concernées par la suppression de la "demi-part des veuves".

Les députés ont prévu par ailleurs un crédit d'impôt pour les personnes hébergeant gratuitement des réfugiés résidant en France depuis moins d'un an, contre l'avis du gouvernement. Cette mesure ne devrait cependant pas être conservée, d'après le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre. Des avantages fiscaux ont aussi été votés pour les personnes mettant à disposition d'associations des biens immobiliers pour les sans-abri ou mal-logés.

Concernant les entreprises, l'Assemblée a limité une révision de la "niche Copé" prévue par le gouvernement: seuls les groupes fiscalement intégrés bénéficieront d'une exonération accrue.

Les PME industrielles seront incitées à investir pour leur transformation numérique. Les agriculteurs bénéficieront de mesures supplémentaires, pour faciliter la transmission des exploitations notamment.

Le gouvernement prévoyait la suppression de 17 taxes à faible rendement, les députés en ont encore rayé une poignée: sur les friches commerciales, les ventes de logements HLM... A été supprimé également un avantage fiscal sur les meublés de tourisme en Corse.

Enfin, les primes versées par l’État aux athlètes français ayant obtenu un titre olympique ou paralympique en 2018 à Pyeongchang seront défiscalisées.

Partager cet article

Dans la même thématique

Projet de budget 2019: ce que vote l’Assemblée
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le