Projet de loi contre le séparatisme : Corbière dénonce un texte « d’affaiblissement de la laïcité »
Le député La France Insoumise, Alexis Corbière, juge que le projet de loi confortant les principes républicains risque d’affaiblir l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité. Il estime aussi que ce texte n’apporte rien de nouveau pour améliorer la lutte contre les discours radicaux ou le terrorisme.

Projet de loi contre le séparatisme : Corbière dénonce un texte « d’affaiblissement de la laïcité »

Le député La France Insoumise, Alexis Corbière, juge que le projet de loi confortant les principes républicains risque d’affaiblir l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité. Il estime aussi que ce texte n’apporte rien de nouveau pour améliorer la lutte contre les discours radicaux ou le terrorisme.
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Le député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, représentera son groupe parlementaire La France Insoumise dans la commission spéciale qui sera chargée d’examiner le projet de loi visant à conforter les principes républicains, avant son examen en séance l’an prochain. C’est ce qu’il a précisé ce 11 décembre 2020 sur le plateau de Parlement hebdo, émission de Public Sénat et LCP-Assemblée nationale.

Avant même cet examen, Alexis Corbière multiplie les griefs contre le texte. Pour ce proche de Jean-Luc Mélenchon, la réforme présentée ce 9 décembre en Conseil des ministres (relire notre article) n’apporte pas grand-chose de nouveau et affaiblit, selon lui, l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. « Ce texte, il sert, me semble-t-il, à participer à une ambiance médiatique entretenue par le gouvernement pour faire croire qu’ils agissent », a-t-il reproché. Si l’exécutif a estimé que son texte pourrait renforcer la lutte contre la radicalisation, Alexis Corbière doute qu’il permette d’améliorer les moyens d’action contre l’islam radical. « Elle doit être menée. Mais disons-le clairement, c’est à la police et au renseignement de le faire. On mélange tout. Ce n’est pas la laïcité qui lutte contre le terrorisme », a-t-il objecté.

« Une vision concordataire » du rapport entre l’Etat et les religions

« Il y a des portes ouvertes qui sont enfoncées », a-t-il déploré. C’est le cas des dispositions contre la haine en ligne, déjà punie par la loi, selon lui. « C’est d’ores et déjà interdit, sauf qu’il faut des gens qui les repèrent ! » L’obligation de neutralité étendue aux services délégataires d’un service public ? Là aussi, le député a affirmé que la jurisprudence allait déjà dans ce sens. « Pipo là aussi, il n’y a rien de nouveau ».

Il a même jugé que le texte remettait en cause l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité, en permettant à des associations gérant un lieu de culte de pouvoir détenir et exploiter des immeubles de rapport acquis par legs ou don. L’idée étant de renforcer leur indépendance financière, mais elle pose problème pour le député LFI. « J’affirme que ce texte n’est pas un texte de renforcement de la laïcité, mais un texte d’affaiblissement de la laïcité », s’est-il exclamé. « Cette disposition, si elle était appliquée, permettrait aux cultes de gagner de l’argent par des activités commerciales. » Pour Alexis Corbière, en plus de créer une « suspicion » sur de « faux thèmes », le projet de loi « s’immisce » dans l’organisation des cultes et signe une « vision concordataire » du rapport entre l’Etat et les religions.

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