Projet de loi de finances : « Ce 49-3 conduit malgré tout à un budget assez désastreux », regrette Christian Estrosi

Sébastien Lecornu a déclenché mardi un premier recours à l’article 49-3 pour faire adopter sans vote la partie « recettes » du projet de loi de finances 2026. « Il aurait fallu le dégainer avant », réagit sur Public Sénat Christian Estrosi, maire (Horizons) de Nice. Si l’édile juge le texte « assez désastreux », il demande aux députés de son parti de ne pas voter la censure contre le gouvernement.
Théodore Azouze

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Une copie finale loin de le convaincre. Christian Estrosi, maire (Horizons) de Nice, qualifie de « mauvaise » la mouture du projet de loi de finances retenue par le gouvernement. Faute d’accord trouvé avec les députés, Sébastien Lecornu a déclenché mardi un premier recours à l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter sans vote la partie « recettes » du texte. « Il aurait fallu le dégainer avant », déplore Christian Estrosi, invité de la matinale de Public Sénat ce mercredi 21 janvier. 

« Ce 49-3 conduit malgré tout à un budget assez désastreux », en particulier pour « les entreprises », poursuit l’édile. Il fait notamment référence aux efforts supplémentaires demandés aux grands groupes par le Premier ministre. Tandis que la surtaxe exceptionnelle sur leurs profits devait être divisée par deux, le PLF prévoit finalement de stabiliser ce prélèvement à hauteur d’environ 8 milliards d’euros, au même niveau que l’an passé. Sébastien Lecornu a aussi acté l’abandon de la baisse prévue de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Celle-ci devait être totalement supprimée en 2027. 

Pas de censure demandée par Christian Estrosi

Malgré ces mesures, Christian Estrosi n’invite pas les députés du groupe du mouvement fondé par Edouard Philippe à faire chuter le gouvernement. « Je ne souhaite pas que les députés Horizons votent la censure » lance l’élu local, par ailleurs vice-président de la formation politique. « Nous devons maintenant passer à une autre étape. » Deux motions de censure, déposées par la gauche et le Rassemblement national, doivent être examinées ce vendredi à l’Assemblée nationale. 

« Les Français sont lassés de voir que depuis des semaines, voire des mois, on passe son temps à parler de budget, de budget rejeté, d’amendements, de menaces de motions de censure… Il est temps de passer à autre chose », poursuit Christian Estrosi. Tout nouveau délai sur l’adoption du projet de loi de finances serait d’après lui « du temps perdu ». Pour limiter le risque de censure, Sébastien Lecornu a donné des gages au Parti socialiste, auquel il avait d’abord promis de ne pas avoir recours à l’article 49-3 lors des discussions budgétaires. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a confirmé que ses rangs ne voteraient aucune des deux motions présentées au Palais-Bourbon. « De ce que je comprends, nos conditions de non-censure seront remplies », a-t-il indiqué, mardi, lors d’un entretien sur France Inter.

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