La loi d’urgence agricole promise par le Premier ministre, et que beaucoup attendaient pendant le Salon de l’agriculture, sera finalement présentée après les municipales et la pause parlementaire. « Lorsque vous reprendrez vos travaux parlementaires, un texte aura été présenté sur le bureau du Conseil des ministres », a annoncé Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, devant le Sénat ce mercredi 25 février, pendant la séance de questions d’actualité au gouvernement. « Il faut bien considérer que cette loi, appelées de ses vœux par les agriculteurs, est en train de se constituer. Et le temps du Salon de l’agriculture est un temps utile, un temps précieux pour recueillir les avis des uns et des autres. Je les vois en permanence pendant une semaine », s’est défendue la locataire de la rue de Varenne, alors que les critiques se multiplient face à un calendrier jugé trop étalé.
« Il y a urgence à lever les contraintes réglementaires et arrêter les surtranspositions qui affaiblissent irrémédiablement nos agriculteurs et notre souveraineté alimentaire. Il y a urgence à lutter contre la concurrence déloyale qui fragilise nos filières et dégrade notre balance commerciale agricole, pourtant historiquement excédentaire », a épinglé le sénateur LR Marc Séné. « De l’autre côté, il y a l’urgence, selon le gouvernement, une énième loi aux contours indéfinis et qui ne serait présentée au plus tôt au Parlement qu’au début de l’été », a encore déploré l’élu.
Un texte « utile aux agriculteurs »
Le texte du gouvernement portera sur trois domaines : l’eau agricole, la prédation et les moyens de production. « Nous n’avons pas attendu », a voulu déminer Annie Genevard, rappelant que plusieurs décrets ont déjà été publiés dans la semaine. Par ailleurs, l’adoption du budget 2026 a également permis d’acter le triplement du fonds hydraulique agricole. « Le projet de loi d’urgence va être parachevé et il sera présenté très prochainement. N’en doutez pas, je sais toutes les attentes du monde agricole et nous y répondons utilement chaque fois que les choses sont mûres pour le faire », a martelé la ministre de l’agriculture.
« Ne prenez pas le parti de considérer que lorsque c’est une loi d’initiative parlementaire, elle est utile et quand elle émanerait du gouvernement, ça ne serait qu’une loi de plus. Donnez-nous crédit que cette loi sera, peut-être, elle aussi utile aux agriculteurs. », a-t-elle conclu. Une manière d’évoquer la proposition de loi polémique du sénateur LR Laurent Duplomb, visant à la réintroduction de certains pesticides néonicotinoïdes pour plusieurs filières.