Projet de loi immigration : à l’inverse des LR, les centristes du Sénat « examineront ce texte avec un avis favorable »
Le président du groupe centriste au Sénat, Hervé Marseille, était l’invité de Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP ce vendredi 9 décembre. Il a marqué sa différence avec ses alliés LR sur le projet de loi immigration, attendu au Sénat la semaine prochaine, et fait valoir une approche « pragmatique ».

Projet de loi immigration : à l’inverse des LR, les centristes du Sénat « examineront ce texte avec un avis favorable »

Le président du groupe centriste au Sénat, Hervé Marseille, était l’invité de Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP ce vendredi 9 décembre. Il a marqué sa différence avec ses alliés LR sur le projet de loi immigration, attendu au Sénat la semaine prochaine, et fait valoir une approche « pragmatique ».
Romain David

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Le projet de loi sur l’immigration, qui arrive au Sénat la semaine prochaine, sera certainement le dernier grand texte de l’année 2022 examiné par le Parlement. Il prévoit notamment d’accélérer les procédures d’expulsion et de régulariser les travailleurs sans papiers dans les secteurs sous tension, une posture d’équilibriste revendiqué par l’exécutif, et qui ne satisfait guère les oppositions. La droite sénatoriale a clairement exprimé son refus : « C’est non ! », a lancé Bruno Retailleau, le président du groupe LR, mercredi sur le plateau des « 4 vérités » sur France 2. « Il ne s’agit pas de contrôler l’immigration, mais d’ouvrir un peu plus les vannes », a estimé le Vendéen à propos de ce texte. Une posture qui n’est pas vraiment celle de ses alliés centristes. Invité ce vendredi de l’émission « Parlement hebdo » sur Public Sénat et LCP, le sénateur UDI Hervé Marseille, chef de file des centristes, a indiqué que son groupe allait « examiner ce texte avec un avis favorable. »

« Il faut que l’on en parle, on ne peut pas rejeter un texte d’emblée », explique l’élu. « J’entends ce que dit Bruno Rtailleau qui d’emblée refuse le texte, moi j’ai une approche beaucoup plus pragmatique. C’est très compliqué les affaires d’immigration. C’est un texte français alors qu’une bonne partie des solutions se trouvent au niveau européen […] On peut toujours faire les malins, mais on connaît les limites des postures et des coups de menton, on sait qu’il est compliqué de renvoyer les gens dans des pays d’origine qui ne veulent plus les reprendre. »

« Si c’est pour dire la même chose que Madame Le Pen ou Monsieur Zemmour, ce n’est pas la peine »

La mise en place d’un titre de séjour pour les métiers qui peinent à recruter « est une demande des patrons eux-mêmes », observe Hervé Marseille. « On sait tous qu’il y a un tas de gens qui travaillent dans des conditions précaires et sans papiers dans certaines industries, et l’on fait semblant de ne pas savoir ce qui se passe », soupire l’élu des Hauts-de-Seine. « Il faut être pragmatique, si c’est pour renvoyer les gens chez eux, ne plus laisser passer personne et ne plus accepter les régularisations… On sait très bien que ça ne marche pas », ajoute-t-il, laissant entendre que la droite fait preuve d’une trop grande rigidité sur ces questions.

« Je veux bien que l’on coure à droite toute dans le domaine régalien, mais il y a quelqu’un de formidable et qui réussit à tous les coups dans ce domaine, c’est Madame Le Pen ! », raille-t-il. « S’il y en a une qui capitalisera, c’est elle », avertit le sénateur, pour qui enrayer la dynamique du Rassemblement national doit être l’une des grandes préoccupations du quinquennat qui s’ouvre. « Si c’est pour dire la même chose que Madame Le Pen ou Monsieur Zemmour, ce n’est pas la peine », ajoute-t-il.

Interrogé sur les désaccords apparus entre la droite sénatoriale et ses alliées centristes pendant la discussion budgétaire, Hervé Marseille réplique : « On peut aussi dire que ce sont eux qui s’écartent de nos idées. » « Il y a une majorité, des compromis, mais aussi des différences et on les assume », relève-t-il. Avant d’ajouter : « La campagne interne chez LR [pour la présidence du parti, à laquelle candidate Bruno Retailleau] impacte forcément la lecture des textes. »

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