Projet de loi immigration : « C’est une victoire pour le président et le gouvernement », estime Gérald Darmanin

Le ministre de l’Intérieur a salué ce mardi 19 décembre l’accord élaboré par les parlementaires sur le projet de loi immigration, un texte qui va permettre de « protéger les Français » selon lui, même si la copie gouvernementale a été largement remaniée. Il a réfuté les accusations d’extrême droitisation, alors que le Rassemblement national annonce soutenir l’accord.
Romain David

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« C’est un compromis, ce n’est pas le texte parfait ». Réagissant à l’accord arraché de longue lutte ce mardi 19 décembre en commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi immigration, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est félicité de voir les parlementaires trouver une voie de sortie sur ce texte, même si la version élaborée à huis clos s’éloigne en de nombreux points du projet initialement imaginé par le gouvernement.

« C’est la conséquence de la majorité relative, c’est la conséquence du fait que les parlementaires de l’Assemblée nationale, Nupes et RN, se sont mis d’accord pour qu’il n’y ait pas de discussions, ce qui est un peu baroque », a voulu rappeler le locataire de la Place Beauvau, qui s’est exprimé depuis la Salle des Quatre colonnes du Palais Bourbon, au sortir de la séance de questions au gouvernement. « Le Président de la République et la majorité ont pris leurs responsabilités, même si les choses ne sont pas parfaites. C’est un accord avec le Sénat, je me réjouis d’avoir cet accord pour protéger les Français ».

Une dose de « préférence nationale » ?

Interrogé sur l’introduction d’une « préférence nationale » dans le texte, selon la formule des parlementaires de gauche qui fustigent la mise en place d’un délai de carence pour le versement de certaines allocations sociales aux étrangers, Gérald Darmanin assure que « ce n’est pas ce qui est écrit. » « La différence dans l’attribution des prestations sociales ne se fait pas selon le statut des personnes, mais selon leur activité. Ceux qui travaillent sont aidés, ceux qui ne travaillent pas sont moins aidés », résume le ministre de l’Intérieur.

« Ce texte va être adopté »

Reste à savoir si l’aile gauche de la majorité, qui a menacé plusieurs fois de lâcher le gouvernement si un texte trop marqué à droite lui était présenté, acceptera de soutenir le compromis élaboré en CMP. « La majorité a été solide, nous n’avons pas perdu une voix en commission », veut rassurer Gérald Darmanin. « L’accord trouvé entre le Sénat, le gouvernement et l’Assemblée nationale permet raisonnablement de penser que ce texte va être adopté. » Le Sénat et l’Assemblée nationale doivent encore voter d’ici la fin de journée sur les conclusions de la CMP.

Alors qu’il avait parlé d’un « échec » après l’adoption surprise d’une motion de rejet à l’Assemblée nationale la semaine dernière, Gérald Darmanin se risque désormais à évoquer une « victoire ». « La Première ministre a travaillé, avec le ministre des Relations avec le Parlement et avec moi. C’est une victoire pour le Président de la République, pour le gouvernement et pour la majorité que dirige Élisabeth Borne. »

Par ailleurs, selon une information du Figaro, plusieurs ministres de l’aile gauche menaceraient de démissionner face à un texte trop dur. « Je n’en ai pas discuté avec eux, mais je ne l’imagine pas un seul instant », balaye Gérald Darmanin.

Marine Le Pen et « la politique de la gribouille »

De son côté, le Rassemblement national a déjà fait savoir qu’il voterait le texte. Un soutien qui pousse certains élus de gauche, comme le député PS Boris Vallaud, a évoqué une « cohabitation avec la droite et l’extrême droite ». « Madame Le Pen est contorsionniste de métier », s’agace Gérald Darmanin, qui dénonce « une politique de la gribouille ».

Il rappelle ainsi que le RN n’avait pas soutenu la version du projet de loi amendée par le Sénat. « Le texte d’aujourd’hui est beaucoup moins dur […] Madame Le Pen va voter pour des mesures de régularisation des sans-papiers, elle va voter en faveur de l’hébergement d’urgence pour les personnes qui sont étrangères irrégulières dans la rue, elle va voter pour la fin des mineurs en centre de rétention… », énumère Gérald Darmanin. « Elle fait de la politique politicienne. »

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