Projet de loi immigration : « On ne peut pas dealer avec les LR », avertit Renaud Muselier

Le gouvernement pourrait renoncer au volet régularisation de son projet de loi sur l’immigration afin d’obtenir le soutien des LR, qui ont fait de cette mesure une ligne rouge. Invité de la matinale de Public Sénat, Renaud Muselier, le président de la région PACA, estime que les dissensions qui agitent son ancienne famille politique compliquent toute tentative d’accord.
Romain David

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Des parlementaires de gauche et une partie de la majorité ont voulu faire entendre une seule et même voix, à travers une tribune commune publiée par le journal Libération, dans laquelle ils appellent le gouvernement à maintenir le volet régularisation du projet de loi immigration, dont l’examen débutera au Sénat le 6 novembre. « Je ne l’aurais pas signée, mais je comprends son sens », a commenté Renaud Muselier, le président de la région PACA, qui a quitté les rangs LR pour soutenir Emmanuel Macron.

« On est sur un principe moral, défendu dans une tribune politique signée par des gens [de la majorité] avec une sensibilité de gauche, qui se marient avec des gens d’extrême gauche. Cela me pose un problème puisque, sur le plan pratique, ce sont aussi leurs pires adversaires à l’Assemblée nationale », pointe l’élu, qui était l’invité ce mercredi 13 septembre de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat.

La surenchère des LR

Cette tribune se veut un contre-feu aux menaces de la droite, très critique depuis plusieurs mois sur le projet du gouvernement, et qui menace de faire capoter la constitution d’une majorité autour du texte si l’exécutif maintient la régularisation des travailleurs sans papiers dans les secteurs en tension. Dans les colonnes du Figaro, Olivier Marleix, le chef de file des députés LR, est allé jusqu’à évoquer la possibilité d’une motion de censure, estimant qu’elle n’était « ni un totem de virilité, ni un tabou ». « Je n’ai jamais vu un parti dépenser autant d’énergie à lutter contre ses propres idées », soupire Renaud Muselier.

« Ce ne sont pas les travailleurs intégrés qui posent des problèmes de sécurité »

Pour permettre l’adoption du projet de loi, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lui-même issu des rangs de la droite, pourrait donc renoncer à une partie du texte. « Monsieur Darmanin est un homme politique qui doit faire voter ses lois, s’il a besoin de trouver des équilibres, peut-être est-ce un moyen », explique Renaud Muselier qui assure, pour sa part, ne pas avoir de difficulté avec le versant socio-économique du texte.

« La réalité c’est que des étrangers dans ce pays travaillent, dans nos bars, nos restaurants, nos hôtelleries, nos vignes… Il n’y a pas de raison que ceux qui cotisent ne soient pas acceptés », déclare-t-il. « Nous avons des immigrés en situation irrégulière qui travaillent, qui ne demandent qu’à être intégrés et à respecter les lois françaises. Ce ne sont pas les travailleurs intégrés qui posent des problèmes de sécurité, de trafic ou de malveillance », défend encore cet ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

« Le groupe LR à l’Assemblée est un canard sans tête »

Pour Renaud Muselier, tabler sur le soutien des LR pour faire passer le texte constitue une prise de risque dans la mesure où le groupe à l’Assemblée nationale est traversé d’importantes dissensions. « Le groupe LR à l’Assemblée est un canard sans tête. Ils ne savent pas dans quelle direction ils vont », tacle-t-il. « On ne peut pas dealer avec eux. Le chef n’est pas écouté ou ne tient pas ses troupes, que ce soit Monsieur Marleix ou Monsieur Ciotti. On l’a vu avec la réforme des retraites », rappelle-t-il.

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