IMG_20231106_125622

Projet de loi immigration : un collectif d’associations manifeste devant le Sénat avec le soutien de parlementaires de gauche

Quelques heures avant le début de l’examen du projet de loi immigration au Sénat, ce 6 octobre, le collectif « Uni-es contre l’immigration jetable » regroupant syndicats et associations manifestait devant le Sénat.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 « Il n’y a pas d’équilibre dans ce projet de loi », fustige Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme dès le début du rassemblement. En début d’après-midi, quelques dizaines de personnes ont protesté contre le projet de loi immigration dans sa forme actuelle et ont demandé la régularisation des travailleurs sans papiers. Le collectif UCIJ, qui regroupe plusieurs associations, s’oppose également à la suppression de l’Aide médicale d’Etat. Un point sur lequel le gouvernement n’a pas encore arrêté sa position alors que les sénateurs LR ont modifié le projet de loi en commission et introduit un amendement supprimant l’Aide médicale d’Etat pour la remplacer par une aide médicale d’urgence, plus réduite.

 « On va se battre pour la régularisation des sans-papiers qui travaillent »

« On va se battre pour la régularisation des sans-papiers qui travaillent et contre la criminalisation de ces travailleurs », affirme Yannick Jadot présent avec plusieurs sénateurs écologistes au rassemblement organisé par le collectif UCIJ. « Les groupes de gauche vont utiliser tous les moyens pour retarder et obtenir la régularisation des sans-papiers », lance Pascal Savoldelli, sénateur communiste, également présent au rassemblement. Les différents parlementaires de gauche dénoncent une « vision purement utilitariste de l’immigration » et rappellent que « l’immigration rapporte à la France ». Élus comme représentants d’associations insistent sur l’importance des travailleurs étrangers dans beaucoup de secteurs d’activité notamment le bâtiment ou les services. Le délégué de l’association « Coordination des sans-papiers Paris », pointe l’hypocrisie d’un système qui « ne valorise les travailleurs sans papiers que dans la difficulté » en faisant référence à la pandémie de covid-19.

Alors que la droite sénatoriale refuse les articles 3 et 4 du projet de loi immigration sur la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension, la gauche souhaite régulariser tous les travailleurs sans papiers. La droite sénatoriale craint que cette mesure ne déclenche un « appel d’air » migratoire. Un fantasme pour le sénateur écologiste Yannick Jadot qui affirme qu’il « n’y a pas d’invasion migratoire, la France fait moins que ce qu’elle devrait. » L’ancien candidat à l’élection présidentielle ajoute craindre le « projet d’une droite qui n’a plus beaucoup de différences avec l’extrême-droite », un constat repris par Pascal Savoldelli qui évoque « un glissement terrible vers l’extrême droite ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Projet de loi immigration : un collectif d’associations manifeste devant le Sénat avec le soutien de parlementaires de gauche
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le