Projet de loi immigration : « Une arnaque », dénonce Nicolas Dupont-Aignan

Invité de la matinale de Public Sénat, le député de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan a tancé le projet de loi immigration, qui doit être examiné par les sénateurs à partir du 6 novembre. Le président de Debout la France a jugé le texte vide, « une arnaque, absolument pas à la hauteur de l’enjeu ».
Camille Romano

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Avec ou sans le très discuté article 3, le projet de loi sur l’immigration du gouvernement est une « arnaque » selon le député francilien Nicolas Dupont-Aignan. « C’est une arnaque. Il n’y a rien dedans, ce sont des mesurettes, absolument pas à la hauteur de l’enjeu » a tancé le patron de Debout la France, avant d’énumérer les mesures qui, selon lui, seraient nécessaires à un tel texte. Au premier rang : le contrôle des frontières du pays : « Il n’y a pas d’autre issue que cela », assène le député, qui réclame également l’examen des demandes d’asile à l’extérieur du territoire national, la suppression des aides et des visas aux pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants visés par une OQTF ou encore le rétablissement de la primauté du droit français sur le droit européen.

« Un texte qui fait semblant »

Aucune de ces mesures ne figurant dans le texte du gouvernement, qui sera examiné par les sénateurs à partir du 6 novembre et par les députés au début du mois de décembre, Nicolas Dupont-Aignan ne votera pas le texte : « Je ne voterai pas un texte qui fait semblant », affirme-t-il, en concédant seulement qu’il pourrait voter « quelques dispositions, pour ne pas compliquer la vie des services de l’Etat ». Voter le texte serait selon lui « mentir aux Français », en faisant croire « que le gouvernement fait quelque chose », assène-t-il. « Il y a des mesurettes intéressantes, mais qui ne vont rien changer sur le fond », poursuit le député.

Nicolas Dupont-Aignan fait preuve de plus d’indulgence, et soutient même le texte porté par les Républicains sur le sujet de l’immigration, qui sera examiné à l’Assemblée nationale lors de la niche parlementaire LR, le 7 décembre. « Je l’ai proposé avant eux », a avancé le gaulliste en indiquant qu’il votera ce projet de révision constitutionnelle.

« Il faut se retirer de l’organisation de Schengen »

« Je voterai toutes les initiatives qui vont au cœur du problème » a-t-il salué, sans résister à une pique envers LR : « Je me réjouis que les Républicains découvrent que tout ce qu’ils ont signé au niveau européen a été une catastrophe. »

Il a également appelé à aller plus loin : « Je dis à Olivier Marleix qu’il va falloir continuer. Il faut vraiment se retirer de l’organisation de Schengen. Il faut être cohérent, et c’est là où Les Républicains ont fait un pas – et je m’en réjouis —, mais il faut faire l’autre pas : il faut rétablir les frontières nationales ».

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