« C’est un cabinet de curiosités, il y a plein de choses, 35 articles, mais il y a des choses qui ne nous plaisent pas », explique sans détour Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, à propos du projet de loi Ripost dont le Sénat a débuté l’examen ce lundi. Si l’ancien ministre assure que son groupe partage le constat posé par ce texte qui souhaite apporter une réponse aux phénomènes troublant l’ordre public comme les rave parties ou les rodéos urbains, les socialistes restent prudents.
« Les AFD ça ne marche pas, il y a seulement 24 % de taux de recouvrement »
Surtout, le socialiste s’inquiète de la capacité du texte à apporter une réponse durable aux phénomènes qu’il souhaite endiguer. Un constat qu’il dresse également pour la lutte contre le narcotrafic. « Je pense que tous les moyens de l’Etat en tout cas beaucoup plus de moyens devraient être consacrés à cette lutte », affirme Patrick Kanner.
En ce qui concerne le texte Ripost, le sénateur regrette le recours massif aux amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Le texte prévoit notamment le recours aux AFD pour des cas allant de la participation à un rassemblement motorisé, à une rave-party ou à l’usage de stupéfiants. « Les AFD ça ne marche pas, il y a seulement 24 % de taux de recouvrement il y a plus d’un milliard d’euros qui sont actuellement dehors », regrette Patrick Kanner. Une situation qui pousse les socialistes à retarder leur choix sur le vote final du texte. « Nous sommes très inquiets sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre un texte qui réponde vraiment aux préoccupations des Français », continue Patrick Kanner.
Un parcours parlementaire qui s’annonce difficile
Si le groupe socialiste doit acter sa position sur le texte mardi prochain à l’occasion de sa réunion de groupe au Sénat, les sénateurs socialistes tenteront d’influencer le texte. « Il y a des amendements que nous allons porter, on va essayer d’améliorer ce texte », assure Patrick Kanner qui constate néanmoins que près de 300 amendements ont déjà été déposés. « A l’Assemblée nationale, il va y en avoir des milliers », prédit le président de groupe.