Projet de loi santé : au Sénat, fin du numerus clausus pour lutter contre les déserts médicaux

Projet de loi santé : au Sénat, fin du numerus clausus pour lutter contre les déserts médicaux

Le Sénat a commencé l’étude du projet de loi Santé et a voté lundi soir la suppression du numerus clausus en 2020, ainsi qu’un dispositif de lutte contre les déserts médicaux.
Public Sénat

Par Public Sénat avec AFP (sujet vidéo : Adrien Develay)

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a commencé lundi après-midi l’étude du projet de loi santé. Traduisant une partie des mesures du plan « Ma Santé 2022 » présenté en septembre par Emmanuel Macron, le texte porté par Agnès Buzyn prévoit la labellisation de 500 à 600 « hôpitaux de proximité », une régularisation de médecins étrangers, un accès élargi aux données de santé ou encore la création d'un espace numérique de santé.

Mais surtout, l’article phare de ce projet de loi est son article premier, qui supprime le numerus clausus. Actuellement, les étudiants en médecine sont sélectionnés après une première année d’études (PACES), et nombreux sont ceux qui échouent. Dans la présentation de cet article, la ministre de l’éducation Frédérique Vidal a repris les mots d’Emmanuel Macron qui qualifiait la PACES « d’acronyme funeste menant de bons lycéens à l’échec ».

La sénatrice PCF Laurence Cohen a salué cette suppression du numerus clausus, « qui va dans le bon sens », tout en craignant qu’il soit « régionalisé ». « La diversification des profils et des parcours est une mesure positive, que nous soutiendrons sans réserve », avait-elle néanmoins annoncé.

Laurence Cohen lors du débat sur le PJL Santé
02:18

Le Sénat a adopté à main levée en soirée une nouvelle organisation du premier cycle des études de médecine, maïeutique (sages-femmes), odontologie et pharmacie et à la suppression du numerus clausus, qui limite aujourd'hui le nombre d'étudiants admis en 2e année de médecine.

De nombreux amendements ont porté sur les stages, le PS échouant à réintroduire un stage obligatoire dans les déserts médicaux avant l'internat. La mesure avait été prévue en commission à l'Assemblée par des députés LREM, avant d'être retoquée en séance.

Cette suppression sera effective à la rentrée 2020, avec l'objectif d'augmenter d'environ 20 % le nombre de médecins formés. Mais les effets ne se feront sentir que dans une décennie.

Un dispositif « transpartisan » contre les déserts médicaux

Certains sénateurs se sont montrés sceptiques sur la fin des déserts médicaux, à l’image de Bernard Jomier (PS). « Le numerus clausus est passé de 3200 à 3900 et cela n’a pas réussi à enrayer le phénomène de désertification médicale. […] Sans augmentation du budget alloué aux universités, il est illusoire de tabler sur un accroissement significatif du nombre d’étudiants et de voir dans cette mesure une réponse qui soit satisfaisante », a-t-il annoncé.

PJL Santé : Bernard Jomier (PS) sceptique à propos des effets de la suppression du numérus clausus sur les effets médicaux
02:02

Par 311 voix contre 16, la chambre des territoires a également adopté, contre l'avis du gouvernement, un dispositif « transpartisan » pour lutter contre ces déserts médicaux. Il propose que la dernière année d'études en 3e cycle de médecine générale (et certaines spécialités déficitaires comme l'ophtalmologie) soit une année de pratique « en autonomie », réalisée en cabinet ou en maison de santé, en priorité dans les zones manquant de médecins.

« Il y avait besoin d'un choc », a fait valoir Yves Daudigny (PS). La mesure permettrait de « déployer plusieurs milliers de professionnels de santé sur l'ensemble du territoire très rapidement ». « Nous nous éloignons d'un processus de formation », a regretté Agnès Buzyn.

Le Sénat poursuivra mardi l’examen du projet de loi. Les sénateurs auront toute la semaine pour ausculter le projet de loi relatif à « l'organisation et à la transformation du système de santé » et ses quelque 700 amendements, avant un vote solennel à l'issue de cette première lecture mardi 11 juin. Le gouvernement vise une adoption définitive avant la fin juillet.

Dans la même thématique

Des agriculteurs bloquent le peage de l’autoroute A43 a Saint-Quentin Fallavier en direction de Lyon et Grenoble – Farmers block the toll of the A43 motorway in Saint-Quentin Fallavier towards Lyon and Grenoble
4min

Politique

Sondage : 91% des Français soutiennent le mouvement des agriculteurs

Selon un sondage Odoxa – Backbone Consulting pour le Figaro, les personnes interrogées soutiennent très largement la mobilisation des agriculteurs. Pire encore, le soutien au mouvement n’a jamais été aussi haut avec 91% des Français (en hausse de 2 points) déclarant approuver le mouvement lancé il y a près de 3 mois.

Le

Projet de loi santé : au Sénat, fin du numerus clausus pour lutter contre les déserts médicaux
3min

Politique

Passe d’armes entre le Premier Ministre et le RN sur l’agriculture : « Le Rassemblement National dit tout et son contraire » tacle Gabriel Attal

Au cours de sa conférence de presse et quelques heures après avoir proposé un débat à Marine le Pen sur l’agriculture dans le journal Le Figaro, le Premier Ministre est revenu sur la passe d'armes qui l'oppose à la présidente du groupe RN à l’Assemblée. Critiquant les « changements de pied incessants » du RN, le Premier Ministre a taclé l'ex-finaliste à l’élection présidentielle, l'accusant de ne pas être « très à l'aise sur ces questions » et d'avoir « peur que cela se voit ».

Le

Projet de loi santé : au Sénat, fin du numerus clausus pour lutter contre les déserts médicaux
4min

Politique

Européennes : « Arrêtons cette campagne unique contre le RN », enjoint Arnaud Robinet (Horizons)

Invité de Public Sénat, le maire de Reims Arnaud Robinet, s’agace de l’absence de liste et de programme du côté de la majorité, à moins de quatre mois des élections européennes. Il reproche à l’exécutif de se focaliser sur la lutte contre le Rassemblement national, au détriment du débat d’idées, ce qui « n'est plus audible pour nos concitoyens ».

Le

Paris: Eric Ciotti Salon de l Agriculture 2023
12min

Politique

Européennes : pourquoi les LR ne soutiennent par Ursula Von der Leyen, pourtant issue du même groupe politique ?

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les européennes, a annoncé que les LR « ne soutiendront pas » Ursula von der Leyen, candidate à sa réélection à la présidence de la Commission européenne. Si elle vient comme eux de la droite européenne, les LR lui reprochent son bilan sur les questions agricoles et écologiques. Reste que les eurodéputés LR ont aussi soutenu certaines de ses propositions. Le RN pointe la situation.

Le