Promotion du hijab : « Ces tweets n’ont rien à voir avec l’application du principe de laïcité en France », estime Jean-Yves Le Drian
Devant les sénateurs, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé mercredi la campagne en faveur des femmes musulmanes voilées lancée sur les réseaux par le Conseil de l’Europe. La sénatrice LR Valérie Boyer l’avait interpellé sur un « cheval de Troie de l’islam politique ».

Promotion du hijab : « Ces tweets n’ont rien à voir avec l’application du principe de laïcité en France », estime Jean-Yves Le Drian

Devant les sénateurs, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé mercredi la campagne en faveur des femmes musulmanes voilées lancée sur les réseaux par le Conseil de l’Europe. La sénatrice LR Valérie Boyer l’avait interpellé sur un « cheval de Troie de l’islam politique ».
Romain David

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Les réactions politiques se multiplient depuis la diffusion sur les réseaux sociaux par le Conseil de l’Europe d’une campagne en faveur de la diversité, célébrant « la liberté dans le hijab ». Au point de pousser l’exécutif à intervenir. Mercredi, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a indiqué à la sortie du Conseil des ministres que la France avait réclamé auprès du Conseil de l’Europe, une instance intergouvernementale de défense des droits de l’homme, son retrait. Quelques heures plus tard, c’est le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui est revenu sur cette campagne polémique, à l’occasion de la séance des questions au gouvernement au Sénat. « Ces tweets n’ont rien à voir avec l’application du principe de laïcité en France », a estimé le chef de la diplomatie française.

« Il y a une différence de taille entre défendre la liberté de conscience, de religion, entre le fait de mener une lutte déterminée contre les discriminations et, d’autre part, faire de la part d’une institution comme le Conseil de l’Europe la promotion active d’un signe religieux ou vestimentaire particulier », a souligné Jean-Yves Le Drian. Il répondait à une question de la sénatrice LR Valérie Boyer, celle-ci dénonçant un « cheval de Troie de l’islam politique » : « Comment accepter ce détournement de fonds publics des démocraties, utilisés, non pas pour normaliser une liberté religieuse, mais un enfermement dans le sexe, une négation de la personne ? », s’est-elle agacée.

Des tweets qui « entretiennent l’ambiguïté et ne reflète pas la position officielle du Conseil de l’Europe »

Jean-Yves Le Drian a d’abord invoqué un problème « procédural » : « Les visuels publiés sur les réseaux sociaux ont été établis par des personnes de la société civile lors d’un atelier consacré aux discours de haine à l’encontre des personnes de confession musulmane », a-t-il expliqué. « Le fait qu’ils aient été relayés par le compte twitter officiel du Conseil de l’Europe entretient l’ambiguïté et ne reflète pas la position officielle du Conseil de l’Europe », a-t-il poursuivi. Sur les visuels de cette campagne, plusieurs jeunes femmes apparaissent voilées sur une seule moitié de l’image, avec le message suivant en anglais : « Beauty is in diversity as freedom is in hijab » (« La beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab »).

« Sur le fond, cette campagne, par le contenu des messages et les réactions suscitées, a conduit à la réaction inverse à celle recherchée et a gravement méconnu les principes sur lesquels est fondée notre approche du sujet », a encore estimé Jean-Yves Le Drian, assurant que le Conseil de l’Europe avait accédé à la demande de la France en supprimant les posts incriminés dans la nuit de mardi à mercredi. « Nous avons demandé aujourd’hui à la secrétaire générale du Conseil de l’Europe de confirmer publiquement la suppression de ces tweets », a-t-il ajouté.

Peu satisfaite de sa réponse, la sénatrice Valérie Boyer lui a objecté que les visuels, largement commentés, continuaient de circuler sur les réseaux sociaux. « Vous dites agir sur le plan européen mais aucune sanction n’est envisagée, aucune enquête pour savoir d’où vient cette promotion indigne, cette déconstruction », a-t-elle déploré sous les applaudissements de sa famille politique.

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