Propagande électorale : le gouvernement a recours à un cabinet de conseil
Après le « fiasco » de la distribution des plis électoraux aux dernières élections, la commission d’enquête du Sénat indique que le gouvernement a missionné le cabinet de conseil Sémaphores. Pour un montant de 289 785 euros, il « accompagnera les préfectures » pour la présidentielle et les législatives.

Propagande électorale : le gouvernement a recours à un cabinet de conseil

Après le « fiasco » de la distribution des plis électoraux aux dernières élections, la commission d’enquête du Sénat indique que le gouvernement a missionné le cabinet de conseil Sémaphores. Pour un montant de 289 785 euros, il « accompagnera les préfectures » pour la présidentielle et les législatives.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Espérons qu’il n’y aura pas d’incident cette fois-ci… ». C’est une forme de mise en garde que la commission d’enquête du Sénat émet dans son rapport. Elle concerne la distribution de la propagande électorale des élections présidentielle et législatives. Le 24 novembre 2021, le cabinet du Premier ministre, a missionné, pour un montant de 289 785 euros, le cabinet de conseil Sémaphores « pour accompagner les préfectures jusqu’au second tour des élections législatives de juin 2022 ».

» Lire notre article. Le recours aux cabinets de conseil par l’État est « un système installé », épingle la commission d’enquête du Sénat

La Poste, seul opérateur qui distribuera les professions de foi

Ce contrat fait suite « au fiasco sans précédent » dans la distribution des professions foi constaté par le Sénat lors des dernières élections départementales et régionales. En juin 2021, la Haute assemblée avait, là encore, mis en place une commission d’enquête. Il en était ressorti que 40 % des électeurs n’avaient pas reçu la profession de foi des candidats au second tour des régionales. Une proportion qui a atteint plus de 90 % dans plusieurs départements.

Sous le feu des critiques, le gouvernement s’était engagé à résoudre ces difficultés pour les prochaines échéances électorales. Auditionnés au Sénat, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et son secrétaire général, Jean-Benoît Albertini, avaient pointé du doigt la responsabilité de l’entreprise Adrexo qui avait obtenu le marché de la distribution de la propagande électorale dans 7 régions et 51 départements. Ce prestataire spécialisé dans la distribution d’imprimés publicitaires, s’était montré plus que défaillant dans sa mission.

Le ministère de l’intérieur a finalement résilié, en août dernier, l’accord-cadre qui le liait à l’entreprise jusqu’en 2024. La Poste sera le seul opérateur qui distribuera les professions de foi des candidats à l’élection présidentielle et législatives. Une préconisation qui figurait dans le rapport des élus.

Evaluer la distribution des plis et maximiser la distribution

Pour quelles raisons alors, le cabinet du Premier ministre a eu recours à un cabinet de conseils, trois mois plus tard ?

Le cabinet Sémaphores a ainsi élaboré « une cartographie des risques » dans la gestion des professions de foi par les préfectures. On relève des risques liés à l’adaptation des locaux et du matériel, ou le nombre d’agents mobilisés. (lire le rapport page 169)

Sémaphores a également été chargé d’analyser « les plans d’organisation, de contrôle et de secours pour la distribution de la propagande », établis par les préfectures.

Enfin, à l’issue des élections, Sémaphores « devra évaluer la distribution des plis, assurée par l’opérateur postal ». « Cette prestation de reporting vise à mieux identifier les plis qui n’auront pas été distribués aux électeurs. Le cabinet devra proposer des mesures « pour maximiser la distribution des plis de propagande ».

En juin dernier, à l’issue de leur mission d’enquête sur les dysfonctionnements survenus aux élections départementales et régionales, les sénateurs avaient constaté que la mise sous pli des documents de propagande électorale était de moins en moins effectuée par les agents des préfectures. Confronté à une baisse d’effectifs, l’Etat déconcentré avait recours « fréquemment » à des prestataires privés. (Lire le rapport page 64)

Selon une étude diligentée par le bureau des élections et des études politiques du ministère de l’intérieur à la suite des scrutins de 2017, pas moins de 76 % des préfectures avaient signalé des difficultés imputables à leurs prestataires (plis incomplets, retards de livraison…).

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Propagande électorale : le gouvernement a recours à un cabinet de conseil
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Propagande électorale : le gouvernement a recours à un cabinet de conseil
3min

Politique

« Ce sont des centaines de milliers de patients qui sont aujourd’hui en train de mourir », alerte ce médecin généraliste installé en Haute-Vienne

En France, neuf millions de personnes vivent dans un désert médical. L’augmentation de ce chiffre ne cesse d’inquiéter les professionnels de santé qui appellent le personnel politique à agir au plus vite, car derrière les statistiques se cache un véritable enjeu sanitaire. Raccourcir les parcours de formation des médecins ? Aller aux devants des patients avec des bus médicalisés ? Axel De Tarlé reçoit la sénatrice Corinne Imbert et le médecin généraliste Martial Jardel pour en débattre dans l’émission Et la Santé ça va ?.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le