Propos de Caroline Cayeux sur le mariage pour tous : « L’heure n’est plus aux propos anachroniques », recadre Olivier Véran
La ministre Caroline Cayeux est attaquée par la gauche après avoir dit sur Public Sénat « maintenir » ses propos passés sur le mariage pour tous, « un dessein qui va contre la nature ». L’ancienne maire de Beauvais s’est ensuite excusée. « On a le droit à l’erreur une fois », a réagi sa collègue Olivia Grégoire.

Propos de Caroline Cayeux sur le mariage pour tous : « L’heure n’est plus aux propos anachroniques », recadre Olivier Véran

La ministre Caroline Cayeux est attaquée par la gauche après avoir dit sur Public Sénat « maintenir » ses propos passés sur le mariage pour tous, « un dessein qui va contre la nature ». L’ancienne maire de Beauvais s’est ensuite excusée. « On a le droit à l’erreur une fois », a réagi sa collègue Olivia Grégoire.
François Vignal

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La nouvelle ministre chargée des Collectivités territoriales, Caroline Cayeux, s’est retrouvée mardi sous le feu des critiques, rattrapée par ses propos passés lors des débats au Sénat sur la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe.

Une pétition publiée dans le magazine Têtu, signée notamment par une cinquantaine de députés de la Nupes, demande « le départ » de trois ministres, dont Caroline Cayeux, qu’ils accusent d’avoir un « passé Manif pour tous » et d’être des « LGBTQIAphobes notoires ». « Madame Cayeux, sénatrice en 2012, qualifiait le mariage pour tous « de caprice », « d’une ouverture de droit irrespectueuse de la nature et insensée », « le Mariage pour tous et le droit à l’adoption n’est pas simplement un dessein qui va contre nature mais c’est plus grave » », rapporte la pétition.

« Je vais vous dire, quand même, que j’ai beaucoup d’amis parmi tous ces gens-là ».

Interrogée mardi sur la matinale de Public Sénat sur cette tribune et ses propos, Caroline Cayeux soutient ne « pas avoir parlé de caprice », mais assume le reste. « Je maintiens évidemment mes propos, mais j’ai toujours dit que la loi, si elle était votée, je l’appliquerais », affirme l’ex-sénatrice LR, avant de se justifier, en ajoutant : « Et puis, je vais vous dire, quand même, que j’ai beaucoup d’amis parmi tous ces gens-là ». Selon la ministre, « franchement, c’est un mauvais procès qu’on me fait et ça m’a beaucoup contrarié […]. Je n’ai jamais fait partie de La Manif pour tous, je n’ai jamais défilé, que les choses soient claires ».

Les réactions indignées se sont vite multipliées à gauche, dans la journée, avec Caroline De Haas, qui parle de propos « graves, dangereux et interdits », la sénatrice EELV Mélanie Vogel, les députés Manuel Bompard (LFI), Sandrine Rousseau (EELV), Elsa Faucillon (PCF) ou encore Olivier Faure (numéro 1 du PS).

Mise en cause, Caroline Cayeux se fend dans la journée d’un tweet de mise au point. « Mes propos ont blessé nombre d’entre vous. Je les regrette profondément, ils étaient naturellement inappropriés. L’égalité des droits doit toujours être une priorité de notre action », réagit la ministre des Collectivités locales.

Invitée ce mercredi matin de LCI, Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, a pris la défense de sa collègue de gouvernement, tout en prenant ses distances sur ses propos polémiques.

« Elle est membre d’un gouvernement extrêmement progressif sur ces questions-là »

« Elle s’est excusée. Errare humanum est, perseverare diabolicum. On a le droit à l’erreur une fois. Ce qui est important, c’est qu’elle ait évolué, qu’elle ait surtout compris qu’elle était membre d’un gouvernement extrêmement progressif sur ces questions-là et qu’elle soit aujourd’hui en ligne avec la position du gouvernement. Je ne cautionne pas l’expression. Je cautionne l’excuse de la ministre », affirme Olivia Grégoire. Quant aux propos passés de Caroline Cayeux, la ministre des PME a « à cœur de remettre les choses dans leur contexte. Ça ne les excuse pas, c’était une position en 2013. On est en 2022, je pense qu’elle a évolué ».

Interrogé lors du compte rendu du Conseil des ministres, ce mercredi midi, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a souligné que « Caroline Cayeux fait partie d’un gouvernement qui a démontré par les faits et son action résolue depuis 5 ans qu’il luttait contre les discriminations de genre fondées sur la sexualité », dit-il, rappelant aussi l’instauration de « la PMA pour toutes les femmes » ou « l’autorisation des dons de sang pour les personnes ayant des rapports sexuels entre personnes de même sexe » (voir la première vidéo). Olivier conclut : « L’heure n’est plus aux propos anachroniques mais à la reconnaissance pleine et entière des nouveaux droits accordés. Le débat est désormais clos ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » renvoyé devant les assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
4min

Politique

Périscolaire : une liste noire de personnels ayant eu des « comportements inappropriés » est-elle faisable ?

Le projet de loi sur la protection de l’enfance présenté mercredi en Conseil des ministres vise notamment à apporter une réponse aux récentes affaires d’agressions sexuelles dans le périscolaire parisien. Le ministre de l’Éducation a annoncé la création d’une « liste noire » pour les personnels ayant des comportements problématiques sur des enfants, même s’ils n’ont pas été encore condamnés. Mais quelle forme légale peut prendre cette liste ?

Le

ILLUSTRATION CHALEUR
10min

Politique

« Disparue des radars », l’écologie fera-t-elle son retour pour la présidentielle de 2027 ?

Alors que la France subit une nouvelle canicule, les enjeux climatiques sont pourtant globalement moins prégnants dans l’opinion, les médias et chez les politiques. Entre les écologistes ou les socialistes qui entendent faire remonter le sujet en haut de la pile, ou certains LR qui veulent définir « une écologie de droite », l’environnement fera-t-il son grand retour en 2027 ? A voir.

Le

Propos de Caroline Cayeux sur le mariage pour tous : « L’heure n’est plus aux propos anachroniques », recadre Olivier Véran
6min

Politique

« Nous n’avons pas le moindre objectif en ce qui concerne les élections », assure le directeur de Périclès, l’organe d’influence de Pierre-Édouard Stérin

Entendu par la commission d'enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, Arnaud Rérolle, le directeur général de Périclès, un organe de financement abondé par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, s’est défendu de toute entreprise politique. S’il assume la volonté de défendre des projets portés par une ligne « de droite, d’inspiration libérale-conservatrice », il assure ne pas chercher à construire « une majorité politique » en vue de 2027.

Le