Propos de Sophie Primas sur la « fin du macronisme » : « Elle a compris qu’elle avait fait une gaffe », observe François Patriat

Le président des sénateurs macronistes estime que la porte-parole du gouvernement s’est « laissée aller » dans « l’euphorie de la victoire » de Bruno Retailleau. La ministre, issue de la droite, avait vivement choqué le camp présidentiel mardi en estimant que la séquence politique ouverte par Emmanuel Macron en 2017 se clôturerait « dans les mois qui viennent ».
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La sortie de Sophie Primas mardi 20 mai sur CNews est très mal passée dans les rangs des parlementaires Renaissance ou encore MoDem, à seulement deux ans de la prochaine présidentielle. Lors de cette interview matinale, la porte-parole, qui a construit sa carrière politique au RPR, puis à l’UMP et aux Républicains, est allée jusqu’à prédire la « fin du macronisme », « dans les mois qui viennent ». « Cela viendra avec la fin du deuxième quinquennat en 2027 », a-t-elle assuré. De quoi provoquer un trouble dans les rangs du socle commun, où le gros des troupes est constitué de parlementaires qui se sont engagés avec Emmanuel Macron.

« Ça m’inspire un sourire », a grincé le sénateur François Patriat, à la tête du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI). « Je pense dans l’euphorie d’une victoire [celle de Bruno Retailleau à la tête de LR, ndlr] qu’on pense définitive et porteuse d’avenir, on peut se laisser aller », a ajouté ce fidèle de la première heure d’Emmanuel Macron.

Sophie Primas est devenue ministre grâce à « un gouvernement qui est porté par des macronistes »

Le sénateur Renaissance a ensuite ajouté que les propos de l’ancienne sénatrice LR n’avaient été « bien perçus » et qu’ils mettaient en doute une forme de solidarité gouvernementale. « Je m’interroge quand même d’un ministre, qui est au gouvernement, qui appartient à une coalition dans laquelle y’a des macronistes, et s’il est là, il y a justement un gouvernement qui est porté par des macronistes notamment, que ce soit à la fois le Premier ministre et d’autres ministres qui l’ont intégré », a rappelé le sénateur. « Je pense qu’elle a l’a regretté elle-même, elle a compris qu’elle avait fait une gaffe. Je pense qu’elle l’aura d’elle-même compris, et que ce sera sa propre sanction », a-t-il conclu.

François Patriat a par ailleurs soutenu les annonces de Bruno Retailleau, après la remise d’un rapport « accablant » sur les Frères musulmans. « Il n’est pas impossible ou il n’est pas négligeable de pouvoir envisager peut-être une deuxième loi sur le séparatisme », a-t-il accueilli. Le sénateur s’inquiète en particulier d’un « entrisme » et d’un « projet porté par les Frères musulmans contraires aux valeurs de la République ». Le sénateur considère en outre que la proposition portée par Gabriel Attal, pour interdire le port du voile chez les mineures de moins de 15 ans, n’était « pas une atteinte aux libertés ». Il a indiqué qu’il ne s’y opposerait pas.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le

Propos de Sophie Primas sur la « fin du macronisme » : « Elle a compris qu’elle avait fait une gaffe », observe François Patriat
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le

Paris French President Emmanuel Macron closing speech at the national convention on mental health
5min

Politique

SERIE D’ETE – Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? La santé mentale, Grande cause nationale

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce quatrième épisode : la santé mentale, Grande cause nationale de 2025 et de 2026.

Le